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Peut-on appeler ça des retrouvailles | PV Ophelia






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Ven 9 Sep - 20:56



Ce matin, Nerio prit le premier bateau qui partait de Velm en direction de Casalta. Il fit un dernier au revoir à sa famille et un dernier adieu à son père. Peu de gens étaient présents sur le port : quelques amis, quelques connaissances, tout au plus. Il ne voulait pas que cela s'ébruite. Le départ de Nerio tout vêtu de noir aurait attiré les regards les plus curieux, c'est pourquoi il se décida à partir si tôt. Même le dernier enfant de sa sœur dormait dans les bras de celle-ci. Peu démonstratif, il ne sécha pas une seule larme en repartant, tournant même le dos à sa famille lorsque l'encre fut remontée. Le voyage dura toute la journée, une longue et chaude journée durant laquelle Nerio put penser et réfléchir à son retour dans la Capitale. Là-bas, il savait qu'un bon nombre de Noble l'attendaient, ainsi qu'Ophélia Thorpe. Le bruit de cette jeune fille du Nord arrivant en ville pour soit-disant se fiancer à Nerio Basaïa avait fait quelque peu le tour d'Aelius. En tout cas la nouvelle était bien arrivée à Velm étant donné qu'il avait à peine eut le temps de l'annoncer de lui-même que c'était déjà fait. Pour quand ? avait demandé sa mère, ravie. Pour bientôt avait-il répondu. Et voyant bien que son père était malade, si il ne se mariait pas assez vite à cette fille, l'honneur des Basaïa allait être compromit. On parlerait d'eux comme d'une triste famille dont Le Père est mort sans un héritier digne de ce nom. Un homme.

Nerio débarqua au port de Casalta durant la soirée, lorsque chacun et chacune partent se coucher. La tranquillité, c'est exactement ce qu'il voulait. Il fut escorter jusqu'à ses appartements, au quartier d’Ébène, endroit surprotégé de la ville et un peu trop à son goût pour pouvoir y vivre suffisamment à son aise. En réalité il n'a jamais aimé son manoir, n'y allant que lors de ses voyages à la Capitale pour pouvoir y être tranquille. Mais finalement il ne se sent tranquille nulle part. Une fois là-bas, il demanda à l'un des gardes principaux de prévenir dès l'Aube mademoiselle Ophélia Thorpe de son arrivée, et de son invitation à l'accueillir chez lui pour se retrouver. Rien de plus, rien de moins. Ici tout doit se faire face à face et en prenant bien soin de ne pas être écoutés. C'est pour quoi il avait été si bref, et c'est pourquoi il préférait que cela se passe chez lui.
Mais finalement, à peine le lendemain et la matinée étaient annoncées que la plupart savait le retour du Sergent Basaïa à la Cours. Il resta donc enfermé chez lui tout durant. Attendant finalement l'arrivée de sa fiancée. En revenant dans sa mémoire il n'arrivait pas à trouver un seul véritable instant où ils avaient discutés tout les deux. Des phrases très vagues, du beau temps, de la décoration, de l'avis sur la soirée passée. Des bonjours et des au revoir. Mais rien de vraiment concret. Finalement Nerio ne savait rien de cette gamine. Et en y pensant ça l'ennuyait. Et si finalement elle ne lui plaisait pas ? La Cours la connaissait bien, on s'était presque habitués à sa présence ici. Elle s'était déjà fait quelques amis, bons comme ... Mauvais.
Finalement Nerio resta assit dans son fauteuil tout durant, jusqu'à ce que la porte toqua. La Garde frappant. C'était l'annonce qu'elle venait d'arriver. Machinalement Nerio épousseta ses vêtements, terriblement sombres, se recoiffa de sa main et toussa un bon coup pour pouvoir lancer de sa meilleure voix :

Faite là entrer.

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Sam 10 Sep - 6:16

Peut-on appeler ça des retrouvailles?

Nerio & Ophelia

Le grand jour arriva finalement.
Non pas celui du mariage, ou même celui de son départ de la capitale, bien que cela concordait. Elle avait rangé ses effets personnels la veille avec l’intention de quitter Casalta sous le soleil du midi, des gardes de sa propre maison devant arriver vers cette heure-là avec la carriole pour l’accompagner sur la route du retour. Elle avait fait ses au revoir à l’Impératrice la veille, sachant pertinemment que celle-ci avait d’importantes rencontres le lendemain et ne pourrait donc pas être présente lors de son départ. Une chose dommage, mais la jeune femme n’y voyait là qu’une occasion de se permettre une mélancolie de plus lorsqu’elle quitterait la ville et ses quartiers pétillants de vie, le séjour en ayant été un chargé d’émotions et de rencontres surprenantes. Elle pensait cependant avoir terminé avec les épreuves émotives, ne regrettant qu’à peine de ne pas avoir croisé son fiancé à sa demeure. Peut-être aurait-elle dû ne pas avoir cette pensée-là, finalement, réalisa-t-elle alors qu’en se rendant à sa chambre pour y passer une dernière nuit, un domestique l’intercepta avec un message important à lui transmettre.

L’invitation de Nerio la laissa figée un instant, ne sachant trop si elle devait se réjouir, paniquer ou prendre cela avec calme. La dernière option était probablement la meilleure, mais elle ne parvenait pas tout à fait à faire taire cette angoisse, ce morceau de glace qui reposait au fond de son ventre depuis quelques temps déjà, mélange entre l’anxiété de changer de vie et l’appréhension qu’apportait un mauvais pressentiment. Celui-ci était probablement dû à la peur de l’inconnu, aussi essayait-elle de l’ignorer, une entreprise plus ou moins fructueuse.
Après avoir confirmé sa présence le lendemain, elle avait passé une nuit plus ou moins agitée, regrettant l’absence de son keltir malgré l’aspect enfantin d’une telle pensée. Heureusement, ce fut sans cerne sous les yeux qu’elle prit le chemin vers Alta accompagné d’un garde, contrôlant sa respiration, ses pas, et même ses espoirs pour s’assurer d’être parfaitement posée lorsqu’elle arriverait à la demeure. Sa robe de mousseline mêlait un blanc cassé à des rubans dorés, adaptée à la température clémente et à la chaude brise marine, et elle perdit le compte du nombre de fois qu’elle replaça un pli dans sa jupe, un ruban dans ses cheveux ou son collier en or. En arrivant devant la demeure, elle croisa ses mains devant sa robe, s’assurant ainsi de ne pas trahir sa nervosité en jouant avec ses cheveux ou ses doigts. Après une bonne inspiration, elle s’avança jusqu’aux gardes devant l’entrée, soulagée de voir qu’il ne s’agissait pas des mêmes que lors de sa dernière visite. Sans même un mot, reconnaissant probablement l’escorte qui l’avait accompagné à travers les quartiers, ils lui ouvrirent les grilles, et elle s’engagea dans l’allée menant à la grande porte qu’elle franchit d’une même lancée, refusant de s’arrêter alors qu’elle était rendue aussi loin. On la guida à travers un couloir étonnamment sobre, jusqu’à une pièce fermée qu’elle ne pouvait que deviner être l’un des salons, peut-être même un bureau. Un petit coup sur la porte servit à les annoncer, et ce fut tout le temps qu’elle eut pour se préparer à faire face à l’homme qu’elle serait appelée à adresser comme son mari. Elle fit donc son entrée, calmement, la tête juste assez haute pour garder la dignité qu’on demandait d’une dame sans pour autant se créer des airs, ses yeux vert-de-gris restant vers l’avant malgré son désir de scruter la pièce et, surtout, l’homme qui y reposait en son centre.

Malgré les vêtements si sombres qu’ils semblaient absorber la lumière ambiante et l’air quelque peu sévère, Ophelia devait admettre que Nerio Basaïa était un homme au physique avantageux, chose qu’elle avait remarquée dès leur première rencontre. La chevelure dorée, la carrure musclée d’un soldat, le visage fin et pourtant ciselé à tous les bons endroits, bien des femmes de la noblesse vantaient son apparence. Cependant, quelque chose dans son regard, teinté de rubis, la déstabilisa, un sentiment inconfortable s’installant malgré l’air neutre, presque avenant que tentait de projeter le sergent. Mais ce n’était pas le temps de flancher, ou de douter : pour le meilleur et pour le pire, elle était ici, fiancée à cet homme, et elle devait croire en lui, qu’il était une bonne personne, qu’ils pourraient vivre ensemble. Elle sourit donc légèrement, calme et grâce et tendresse, et fit une révérence polie, exemplaire.

Sir Nerio. C’est un plaisir de vous voir enfin.



Sur un terrain neutre, ou dans sa demeure, il lui aurait été permis de débuter la conversation elle-même, mais dans le manoir du sergent, elle ne s’en tenait qu’à ces salutations polies, quoique non moins sincères : il y avait un certain soulagement à enfin le rencontrer directement, après tout ce temps à attendre sans nouvelle. Se redressant, elle ne bougea guère davantage, attendant une réponse de son fiancé, n’osant regarder ailleurs tout en ne voulant non plus le dévisager.

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Sam 10 Sep - 17:50



Le manoir du fils Basaïa n'est pas très grand. D'ailleurs, il peut facilement passer inaperçu à côté des autres demeures du quartier d’Ébène. Une petite bâtisse en pierre blanche avec un ancien portail et des portes d'un vieux bois sombre. L'intérieur est tout aussi banal, avec tout ce qui peut se trouver dans une maison de campagne. La seule chose qui peut impressionner c'est le plafond, d'une impressionnante hauteur. Difficile de ne pas le regarder sans se tordre le cou un tout petit peu. Et son manoir cache à cet étage la seule et unique chambre de la maison. Et par une mauvaise habitude chez Nerio de vivre dans le noir, le reste est enveloppé par les ombres de la maison, très peu éclairée par les bougies.
La porte du Salon principal s'ouvrit lentement. La tête du garde apparu tout d'abord, annonçant l'arrivée de la Thorpe, suivit de près par la dite demoiselle qui s’avança ainsi tout doucement, épaules droites et minuscules, dans une robe blanche et or qui se démarquait parfaitement du décor et des vêtements du propriétaire. Il remarqua de suite ce petit regard curieux qu'elle affichait, en ne le quittant pas des yeux. Bien sûr, elle n'osait pas plonger très longtemps son regard dans le sien, mais l'effort était quand même là. Nerio trouvait cela amusant mais il laissa tout de même la jeune fille s'approcher d'un peu plus près jusqu'à s'arrêter et se baisser pour faire une révérence.

Sir Nerio. C’est un plaisir de vous voir enfin.

Un rictus apparu et disparu des lèvres de Nerio. Sir était bien un drôle de mot pour le désigner. Non, bien sûr, Nerio n'était pas un Sir comme le disait si bien sa fiancée. Et cela lui faisait étrange d'entendre ce Nom. Mais peut être qu'après tout, une fois mariés, Nerio pourra en effet se montrer comme un Sir auprès de la Noblesse toute entière. Et ce même dans le Nord où il n'y a été qu'à de rares occasions et où l'accueil était loin d'être honorifique. Les gens de Fiore sont comme leur Empire, froids et durs. Pourtant, Elle, elle avait l'air douce, gentille et ... extrêmement fragile.

Le plaisir est partagé, lui répondit-il tout en cambrant son dos pour pouvoir déposer un baiser sur la main de sa fiancée, Dame Ophelia.

Au moment où il se redressa pour se retrouver le dos bien droit et la posture bien soutenue, on pouvait se rendre compte à quel point il était grand à côté d'elle. Comme lorsque l'on essaye de regarder le plafond et que l'on se casse le cou, ici on se le démoli en regardant ses pieds. Nerio est en effet bien obligé de reconnaitre que la petite Ophelia est ... petite. Un léger rire plus tard, à peine voilé, scrupuleusement dérangeant, et l'héritier des Basaïa se mit en chemin pour servir quelque chose à boire et à manger à sa fiancée qui devait sans doute avoir une petite faim. Nerio lui mourrait presque de faim d'avoir attendu son arrivée. Pour ne pas dire qu'elle avait prit tout son temps la mignonne. Présentant à celle-ci l'immense canapé du Salon installé en son centre, le nouveau Sir la fit attendre un léger instant pour ramener milles et unes sucreries et une tasse d'un liquide totalement inconnu pour la demoiselle qui avait toujours vécu dans le Nord sans jamais découvrir la Capitale de son Empire. Nerio a toujours était très bon pour recevoir, bien qu'il n'aime pas trop ça il n'a jamais chercher à faire fausse note.

Je vous laisse déguster, c'est une tisane qui vient de la région sud de Sinople.. C'est là-bas que l'on retrouve une variété de fruit de noisetier comme nulle part ailleurs. Le soleil y joue son petit effet, on y retrouve toute la chaleur du sud, vous verrez c'est un décile. Et voici les petits gâteaux ...

Posant le tout sur la table basse du salon, faite d'un bois plus clair que celui des portes, il se décida à ouvrir les rideaux rouge bordeaux des immenses fenêtres du Salon, laissant alors toute la lumière du matin pénétrer dans la pièce, la réchauffant petit à petit. Et tout en restant debout, il s’avança vers sa fiancée avant de s'installer juste à côté d'elle, leurs bras se touchant.

En parlant de région, comment trouvez-vous Casalta ? La capitale vous plaît-elle ? J'ai ouïe dire que vous aviez rencontré l'Impératrice Medea ? Comment était-elle ?

A la dernière question, la voix de Nerio avait été différente. Un peu plus aiguë, comme si pour lui c'était à prendre avec légèreté, juste pour rire. Sa main vint alors se porter vers le premier gâteau venu.
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Dim 11 Sep - 23:26
Le rictus fut visible à peine l’ombre d’un instant, juste alors qu’elle relevait le regard, mais il fut capable de causer un profond malaise chez Ophelia. Avait-elle gaffée, déjà? Ces quelques paroles avaient-elles eu pour lui une connotation insultante, malgré leur politesse générique? Elle évita de paraître inconfortable, même si ses mains se serrèrent imperceptiblement sur sa jupe d’où elles ne bougeaient pas. Elle ne pouvait faire autrement que s’en tenir au code de conduite établie pour la noblesse, même si elle avait réalisé depuis sa première rencontre que Nerio était un homme appartenant autant à l’armée qu’à la haute société, sinon même plus. La jeune noble avait l’impression de marcher sur des coquilles d’œuf, mais tout allait bien aller, se rassura-t-elle. Elle était en présence de son fiancé, après tout, et pour le meilleur et pour le pire, ils étaient liés dans un destin commun. Des fiançailles ne pouvaient être annulées sans répercussions, après tout, pas quand le royaume entier était au courant et que l’une des plus puissantes familles du royaume en était l’instigatrice. Le militaire ne chercherait donc pas à rendre pénible quelque chose qui devait arriver coûte que coûte…n’est-ce pas?

Restant immobile, sans toutefois paraître figée, alors que Nerio s’emparait de sa main pour y déposer un baiser, Ophelia ne put s’empêcher de rougir légèrement à la scène. Il était indéniable que l’héritier Basaïa était un bon parti, son apparence ne trahissant en rien sa trentaine débutante. Les femmes de la cour étaient nombreuses à vanter son physique et ses traits charmeurs, et quelques rumeurs d’aventures circulaient, bien qu’il semblait être très prudent sur ce sujet. Se rappelant la discussion – ou plutôt l’engueulade – des gardes la dernière fois qu’elle était passé devant le manoir, elle devinait qu’elle n’était pas la première dame à entrer dans la demeure, mais honnêtement, ce n’était pas de ses affaires.

Lorsque Nerio se redressa finalement, ce fut pour que tous deux réalisent la grande différence de taille qui les séparaient. La jeune femme avait toujours sut qu’elle était petite, très petite même, ayant fini de grandir à un jeune âge et dépassant à peine le mètre et demi depuis. Le militaire, au contraire, la dépassant d’un bon 30 centimètres, la forçant à se dévisser le cou pour le regarder, chose qu’elle arrivait étonnement à faire sans avoir l’air complètement ridicule.  Ce qui ne sembla pas changer grand-chose, puisque le petit rire de l’héritier Basaïa eut l’effet voulu de la rendre mal à l’aise à nouveau, un frisson d’inconfort se glissant sous sa peau. Si elle n’accusait pas l’angoisse de la rendre trop consciente de son environnement, elle aurait cru que son fiancé s’amusait à jouer avec ses émotions.

Sans annoncer ses intentions, Nerio se retourna, l’invita à s’installer sur l’imposant canapé alors qu’il se dirigeait ailleurs. Ophelia se dirigea donc vers le meuble à l’allure confortable, s’y installant doucement, replaçant ses jupes et se permettant un regard circulaire de la pièce. Le plafond était étonnement haut, comme si le propriétaire avait peur que s’il était plus bas, il aurait menacé de l’écraser. La pièce était dénuée de décoration, les quelques meubles se voulant l’attraction principale de l’endroit, tous finement sculpté ou à l’apparence opulente. Lorsque le militaire revint, ce fut avec un plat débordant de sucreries dont la jeune femme en reconnu plusieurs du marché voisin, ainsi que d’une tasse qui laissait deviner un thé ou une tisane sans que la Thorpe ne puisse en deviner le contenu exact.

Je vous laisse déguster, c'est une tisane qui vient de la région sud de Sinople. C'est là-bas que l'on retrouve une variété de fruits de noisetier comme nulle part ailleurs. Le soleil y joue son petit effet, on y retrouve toute la chaleur du sud, vous verrez c'est un délice. Et voici les petits gâteaux ...



Un doux et sincère sourire étira les lèvres d’Ophelia, qui appréciait les attentions de Nerio, pour autant qu’il fut plutôt contradictoire par moment. Elle dirigea son regard vers son fiancé, visiblement reconnaissante, devant s’avouer que les pâtisseries et autres sucreries, pour autant que ce soit cliché, étaient quelque chose qu’elle aimait beaucoup.

Merci beaucoup. Vous savez certainement comment accueillir. Je n’ai goûté qu’à très peu de produits du sud, et ça me semble en effet délicieux.



L’arôme qui s’en échappait rappelait en effet les effluves de l’automne et le confort d’un feu de foyer, avec une petite odeur sucrée très caractéristique. Elle approcha la tasse pour souffler sur le liquide encore chaud, mais ne tendit pas la main vers les sucreries ni ne prit une gorgée de la tisane, attendant patiemment que Nerio reviennent et se servent lui-même. Lorsqu’il ouvrit les rideaux, Ophelia savoura la chaleur qui se glissa dans la pièce, colorant peu à peu les endroits trop mornes et donnant de la vie à l’endroit. Peut-être pourrait-elle être à l’aise, songea-t-elle finalement, ses doigts réchauffés par le liquide de la tasse. Lorsque l’héritier Basaïa s’installa directement à côté d’elle, si près que leurs bras se touchèrent, la jeune femme ne put s’empêcher de rougir légèrement, baissant le regard vers sa tasse. Peut-être le militaire était-il habitué à la compagnie des dames, mais pour la Thorpe, elle n’avait jamais été proche d’autres hommes que ses cousins.

En parlant de région, comment trouvez-vous Casalta ? La capitale vous plaît-elle ? J'ai ouïe dire que vous aviez rencontré l'Impératrice Medea ? Comment était-elle ?



Gardant tant que possible son calme, elle répondit sur un ton léger, tournant son visage vers lui, juste assez pour pouvoir le regarder malgré leur proximité déconcertante.

J’ai toujours beaucoup aimé Casalta, avec sa température clémente et ses merveilleux paysages. La vue de la mer est particulièrement superbe. Cependant, je n’y serais pas allé aussi souvent ces dernières années sans les invitations de l’Impératrice.



Elle se permit de se retourner un peu pour prendre une légère gorgée, juste assez chaude pour qu’elle lui apporte un sentiment de réconfort, l’aidant à se sentir confortable malgré l’inconnu de la situation.

L’Impératrice est une dame forte et impressionnante, à la hauteur de sa réputation. Mais elle est également dévouée à son rôle et très attachée à son peuple. À chaque visite au palais, je ne pourrais être mieux traitée.



Il était clair dans ses paroles qu’elle voyait Medea comme une bonne personne à qui elle faisait confiance. La vérité était qu’elles étaient encore plus proches que ce qu’elle laissait sous-entendre, les deux femmes se considérant l’une l’autre comme des amies et ce depuis des années, mais cette relation n’étant pas nécessairement bien vu parmi la haute société, Ophelia ne préférait pas parler de la souveraine avec trop de familiarité.

Et vous-même, la capitale vous sied bien? Vous venez de revenir à Casalta tout récemment, si je ne m’abuse?



Elle-même avait posé la question à la légère, la curiosité à peine audible dans cette question miroitant celle que Nerio lui avait posé. La jeune femme n’était pas de celles qui jouaient à ces jeux de paroles, aussi la question était-elle plutôt univoque.

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Mar 13 Sep - 11:48



Il est vrai que Nerio sait comment accueillir.
C'est simple : discuter autour de quelque chose que l'on aime ouvre toujours la voie de la discussion positive et négative, et notamment celle des goûts et des préférences. Et l'erreur à ne jamais commettre face à Nerio Basaïa, c'est de parler de ses faiblesses. De plus, discuter, il adore ça. Il est vrai que l'on dirait tout le contraire en le voyant, sa posture est assez imposante, ses habitudes militaires bien cadrées, et son regard parfois glacial. Mais discuter c'est aussi découvrir l'autre ...
Sa fiancée est aussi douce que l'on dit, et aussi belle. Il avait prit le temps, après avoir ouvert les rideaux, de l'admirer. Mais tout en se joignant à elle et en lui parlant, il sentait bien qu'elle était tendue. Soit elle faisait au moins l'effort de ne pas le paraitre et de se montrer parfaite sous tout rapport. Nerio veut une femme assez sensible pour en tirer toute les ficelles. Mais il ne veut absolument pas d'une femme qui ne sait pas se tenir en public. Bien qu'il se montre à l'heure actuel bon et chaleureux, cette gentillesse finira par se transformer en une exigence calibrée. Casalta, température clémente et ses merveilleux paysages. Il est vrai que contrairement à Fiore, se situant au nord et dans une région très froide où la neige tombe assez souvent, l'atmosphère peut très vite changer : Casalta ainsi que l'Empire Aelius est riche de beauté. La cité est colorée de couleur chaudes rappelant le soleil et la mer.
L’impératrice l'avait en effet invitée. C'est une dame forte et impressionnante. Quand elle dit impressionnante elle parle de sa poitrine sans doute, songea t-il dans un rire à peine caché. Dévouée à son rôle et attachée à son peuple. Ophélia ferait un beau sujet de propagande ...  

Et vous-même, la capitale vous sied bien ?
Vous venez de revenir à Casalta tout récemment, si je ne m’abuse ?


Sujet épineux. Un nouveau rictus, peu contrôlé. Nerio ne pensait pas parler de ce sujet maintenant. Répondre à cette question c'est soulever plusieurs choses à la suite des autres jusqu'à arriver au point très sensible de son invitation, du pourquoi elle est ici dans son manoir à côté de lui. Mais si il ne répond pas, il n'avancera jamais. Tout en serrant sa main contre sa tasse chaude et brûlante il se mit à regarder en face de lui sans pouvoir croiser le regard dans celui de la jeune Thorpe.

Je suis rentré hier soir, en effet, répondit-il tout en avalant un peu de sa tisane pour éviter d'avoir la gorge trop sèche, je suis encore désolé de ne pas avoir pu vous voir juste avant votre départ, pour que l'on puisse passer plus de temps ensemble.

Tout en jouant un peu de sa scène théâtral, il baissa la tête et se leva lentement du canapé tout en marchant quelques pas dans la pièce, laissant avec la plus grande attention quelques secondes d'écart entre ce qu'il venait de dire et ce qui suivrait ensuite :

Mon père est mourant.
Je ne sais pas combien de temps encore il lui reste à vivre. Je suis allé lui rendre visite à Velm et mes doutes se sont révélés fondés.
Tournant ses talons pour se mettre face à Ophelia Thorpe, sa fiancée, il plaça par la suite ses bras derrière le dos, prenant une pause un peu moins dramatique, plus solennel. Dame Ophelia, les derniers mots de mon père étaient ceux-ci : Nerio Basaïa, fils héritier de Lance Basaïa, sergent des armées d'Aelius et enfant de Raijin, mon dernier souhait sur cette terre serait que tu te maries à ta fiancée durant ... il hésita un court instant, durant la Cenza célébrée la fin du mois prochain.

Bien que Nerio soit quelqu'un de mauvais. Bien que rien de ce qu'il dit n'est forcément vrai ou dit sincèrement. Sa voix s'était mise à trembler. Cachant parfaitement ses yeux qui s'humidifièrent, il s'avança jusque sa fiancée, jusqu'à se mettre à demi-genoux près d'elle, posant sa main contre sa tasse qu'elle semblait ne pas vouloir quitter, et prit alors ses deux mains ridicules dans les siennes, pour la regarder bien en face, l'air divinement sérieux.

Je sais, cela vous surprend tout autant que moi. Les choses vont beaucoup trop vite. Mais j'aimerais accepter la faveur de mon père. J'aimerais qu'il parte le cœur léger.
Qu'en pensez-vous Ophelia ?


Les yeux de Nerio devinrent d'un coup plus sombres.
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Jeu 15 Sep - 5:00
Visiblement, Ophelia avait un talent pour provoquer chez son fiancé des rires impromptus et des rictus à la nature confuse, à moins qu’il n’y soit naturellement porté, elle n’aurait su dire. L’hilarité qui le prit, alors qu’elle parlait indirectement de l’amitié et de l’admiration qu’elle éprouvait pour l’Impératrice, aggrava le malaise que la jeune femme ressentait, comme une remarque mesquine habilement planifiée. Selon ses souvenirs, pourtant, de telles réactions, incontrôlées et plutôt inconsidérées, n’étaient pas coutumes au militaire qui était bien populaire lors des soirées organisées par la noblesse. Un sourire charmant, un compliment bien placé, quelques commentaires courtois, mais jamais un rire inquiétant ou un regard prédateur. Ces derniers étaient à peine voilés par moment, d’ailleurs, et la Thorpe ne parvenait pas à se réjouir du comportement visiblement plus naturel de son futur mari, ne sentant au contraire que grandir l’inconfort et l’inquiétude. Les espoirs qu’elle entretenait depuis l’annonce de leurs fiançailles s’estompaient peu à peu, la panique s’insinuant un peu plus en elle à chaque instant.
 
Ainsi, peut-être était-il préférable que cela se déroule si rapidement, au final. Pas qu’elle se soit douté une seule seconde qu’une phrase si banale, une politesse d’usage ayant cherché à établir un climat de communication, entraîne directement le sujet du mariage. Si ça avait été le cas, elle aurait probablement mieux choisi ses mots.
 

Je suis rentré hier soir, en effet, je suis encore désolé de ne pas avoir pu vous voir juste avant votre départ, pour que l'on puisse passer plus de temps ensemble.


 
Au moins, Ophelia songea avec un certain soulagement, elle n’était pas la seule qui voyait dans des rencontres prémaritales un important facteur de leur bonne entente. Si cela signifiait qu’une relation harmonieuse faisait partie de ce qu’il voulait privilégier entre eux deux, alors elle ne pouvait vraiment demander plus. Et elle espérait vraiment, vraiment beaucoup que ce soit le cas. Lorsque Nerio se leva, cependant, la jeune femme comprit que quelque chose n’allait pas, que ce qu’il s’apprêtait à dire sortait du cadre de son avis sur la capitale. Quelque chose dans son expression solennelle, ses gestes lents et le silence qu’il laissa planer un instant alourdit grandement l’ambiance dans la pièce, et inconsciemment, la Thorpe serra ses mains autour de sa tasse, risquant trop d’en renverser le contenu pour tenter de la déposer.
 

Mon père est mourant.


 
La pièce devint si silencieuse, Ophelia crut un instant que son propre cœur avait cessé de battre.
 

Je ne sais pas combien de temps encore il lui reste à vivre. Je suis allé lui rendre visite à Velm et mes doutes se sont révélés fondés. Dame Ophelia, les derniers mots de mon père étaient ceux-ci : Nerio Basaïa, fils héritier de Lance Basaïa, sergent des armées d'Aelius et enfant de Raijin, mon dernier souhait sur cette terre serait que tu te maries à ta fiancée durant... durant la Cenza célébrée la fin du mois prochain.


 
Alors qu’il prononçait ces mots comme si ils lui coûtaient, visiblement ébranlé par la situation et à juste titre, il lui avait fait face, ses mains croisées dans son dos qui n’était pas sans rappeler son passé militaire, l’air grave. C’était tout juste si Ophelia, fixant sans pouvoir s’en empêcher les yeux rubis, n’avait pas la bouche ouverte, dépassée par la rapidité à laquelle les choses se déroulaient. Elle était ébranlée et ne pouvait le cacher, n’ayant jamais cru que le mariage, aussi précipité soit-il, se passerait à la Cenza. Le mois prochain. Elle ne se sentait pas prête, ne le serait probablement pas, mais c’était si vite, trop vite.
 
En même temps, pouvait-elle s’y opposer, ou même lui en vouloir d’accélérer les choses? Son père était mourant, un père dont elle ne connaissait rien, certes, mais comme toute famille, il souhaitait être rassuré quant au futur de son nom avant de devoir céder sa place à sa progéniture. Que son enfant veuille respecter son souhait, surtout lorsqu’il pouvait s’agir de son dernier, était tout à fait normal, et la jeune femme ne pouvait qu’admettre qu’elle serait la première à respecter les demandes de ses parents s’ils en venaient à faiblir. Elle ressentait une tristesse pour cet homme qu’elle ne connaissait pas, et surtout pour l’homme dont la voix tremblait devant elle, si imposant et pourtant aussi humain que son prochain, finalement. Un mariage était loin d’être une tragédie à côté de la détresse que pouvait ressentir Nerio dans cette situation, et la Thorpe se reprocha de s’arrêter à ses craintes alors qu’il y avait tellement plus en jeu. Elle ne pouvait pas s’empêcher d’être incertaine quant aux futurs événements, mais elle ne pouvait qu’aller de l’avant.
 
Elle sortit de ses pensées lorsqu’elle sentit des mains se poser sur les siennes, uniquement immobiles en raison de la tasse qu’elle tenait de ses jointures blanchies, et elle releva le regard pour croiser celui de son fiancé qui s’était placé à sa hauteur, réduisant l’espace entre eux deux pour inspirer l’intimité, la confidence. Ils ne se connaissaient pas assez pour qu’Ophelia ne se sentent pas indisposée par la proximité, mais la gravité de la situation laissait bien peu de place à la pudeur.
 

Je sais, cela vous surprend tout autant que moi. Les choses vont beaucoup trop vite. Mais j'aimerais accepter la faveur de mon père. J'aimerais qu'il parte le cœur léger.
Qu'en pensez-vous Ophelia ?


 
Pouvait-on réellement refuser une telle demande?
Peut-être aurait-elle davantage hésité si elle ne s’était décidée devant les propos émotifs de Nerio, quelques instants auparavant. Même maintenant, le doute ne voulait quitter son esprit, la laissant seule avec le sentiment que, peu importe son choix, elle n’aurait jamais la certitude d’avoir fait le bon. Alors elle inspira, se força à déposer calmement la tasse avec assez de douceur pour ne pas que son fiancé ait à lâcher ses mains, puis regarda dans les yeux de ce dernier dont elle tâcha d’ignorer la noirceur. Les siens étaient déterminés, quoique quelqu’un la connaissant bien y aurait reconnu l’inquiétude et une pointe de peur.
 

…Je comprends. S’il s’agit du désir le plus cher de votre père, je crois qu’il est de notre devoir de l’exaucer. Et puis, ce mariage est prévu depuis un moment déjà, s’il peut coïncider avec la date de la Cenza, alors peut-être est-ce mieux ainsi.


 
Elle prit un petit instant, juste de quoi sonder sans trop d’inquisition le regard de son fiancé, cherchant du même coup le courage de continuer avec le même calme et la même maîtrise de sa voix.
 

Même si ce mois est court, j’espère qu’il nous donnera l’occasion de discuter davantage et de nous permettre de connaître la personne avec laquelle nous devrons vivre.


 
Elle avait peur. Elle était terrorisée, en fait. Mais elle n’était plus une enfant. Le départ de Valerio le lui avait bien prouvé.

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Jeu 15 Sep - 12:14



... Je comprends.

Ouf. Pendant un instant Nerio était bien content qu'elle n'y passe pas par quatre chemins. Vous savez le genre de femme qui ne sait pas quoi répondre, qui sourit bêtement, qui ne sait plus vraiment où se placer. Si c'était le cas pour Ophelia, en tout les cas, elle savait le cacher à son fiancé. Et tant mieux. Il embrassait avec plaisir ce côté-ci de la jeune fille. Mais pour combien de temps ? ...

Et puis, ce mariage est prévu depuis un moment déjà, s’il peut coïncider avec la date de la Cenza, alors peut-être est-ce mieux ainsi. Nerio eu soudainement un sourire mi-forcé mi-sincère. Même si ce mois est court, j’espère qu’il nous donnera l’occasion de discuter davantage et de nous permettre de connaître la personne avec laquelle nous devrons vivre.

Tandis que la future mariée s’enfonçait de plus en plus dans le canapé, le futur marié lui se remit de nouveau debout sur ses deux jambes. L'air faussement enjoué et ravie. Sans doute prenait-il mieux la situation qu'Ophelia. Qui ne serait pas dans le cas de celle-ci après tout ? Nerio est grand, imposant, habitué aux jeux de charmes et on va dire serein face à la situation. Pour lui ce mariage n'est qu'une étape, pour lui ce mariage va simplement lui offrir un tremplin social encore plus intéressant. La seule chose qui pourrait faire qu'il s'intéresse à sa futur épouse ce serait qu'elle se comporte dignement face aux hommes et femmes de la Cour. D'une certaine façon, elle est épargnée des obligations de faire un héritier. C'est quelque chose à laquelle ne pense pas du tout le sergent.

Vous avez amplement raison.
Et puis tout se fait à deux, n'est-ce pas ? Nous prendrons ainsi le temps de mieux nous connaitre lors de l'organisation du mariage. Ainsi je vous ferais en même temps visiter les régions alentours, qu'en dîtes-vous ?


"Qu'en pensez-vous", "n'est-ce pas ?", "qu'en dîtes-vous ?" Nerio prend vite l'habitude de ce genre de questions. Celle où on fait interagir l'autre, mais finalement on écoute à peine la réponse. C'est simplement pour obliger l'autre à être d'accord avec ce que l'on dit. "N'est-il pas vrai ?", "vous êtes d'accord ?" Quelle personne telle qu'Ophelia serait capable de contredire Nerio Basaïa dans sa propre maison et selon ses propres directives ? Il aimait cela. Tellement. Et on pouvait sentir en cette instant sa plénitude, son calme inquiétant, sa façon de récupérer sa tasse de tisane tout en restant debout sans presque jamais s'asseoir. Toutes personnes connaissant les jeux et la manipulation, savent qu'inviter quelqu'un à s'asseoir est déjà un début de possession.

Je suppose qu'il vous reste encore un peu de temps pour discuter ?
Dîtes moi, Ophelia ...
Il ne disait plus dame à présent, vous qui repartez aujourd'hui à Fiore. Comment est donc cette région ? Je n'y suis allé que par devoir militaire mais je ne suis jamais allé plus loin que les alentours de la Cité. Alors qu'il s'était mit de dos un instant pour boire de sa tisane, il se tourna d'un coup, un peu trop rapidement, pour faire face à sa fiancée. Oh ! Et en passant n'oubliez-pas de faire la bise à vos parents de ma part, d'accord ? J'ai grande hâte de faire leur connaissance.

Et il lui fit un large sourire, le visage baissé pour mieux la regarder droit dans les yeux.
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Ven 16 Sep - 7:36
Rapidement, Nerio était passé d’un air solennel et sombre à une expression de joie contrastant avec la gravité de la situation telle qu’Ophelia la concevait, comme un félin cessant de charmer lorsqu’il avait obtenu ce qu’il voulait. Toutes ces impressions, ce malaise omniprésent, les rictus qu’il avait laissé échapper sans gêne ni retenu, devenaient de plus en plus durs à ignorer, à prétendre innocents, négligeables. Il était un peu tard, cependant, pour regretter sa décision, bien que refuser de telles fiançailles auraient eu des conséquences considérables sur sa réputation et celles de ses parents, même si leur statut était bien plus élevé que celui de la famille Basaïa. Il lui était plus facile de se dire qu’elle n’avait jamais eu véritablement le choix, et qu’elle ne pouvait que vivre avec ce que celui-ci impliquait.  

Vous avez amplement raison.
Et puis tout se fait à deux, n'est-ce pas ? Nous prendrons ainsi le temps de mieux nous connaitre lors de l'organisation du mariage. Ainsi je vous ferais en même temps visiter les régions alentours, qu'en dîtes-vous ?



Cet espoir, ce sourire, ces paroles considérées, elle voulait s’y accrocher comme une bouée, même si elle savait pertinemment que, pour toute sa naïveté, son intuition ne la laisserait pas avaler ces mots sans qu’elle leur trouve un goût amer. C’était facile. Trop facile. Peut-être réagissait-elle trop fortement à la situation, mais lui ne s’y risquait pas assez. Pour un militaire de l’armée, pour un héritier d’une famille noble, ses réactions étaient trop faibles, comme si au final la tournure des événements lui plaisait bien. Qu’il appréciât les caprices du destin n’était pas là le problème, mais qu’il prenne la peine d’en faire paraître autrement aux yeux de sa fiancée était autre chose. Ophelia n’était peut-être pas une très bonne joueuse, mais elle connaissait le jeu. Nerio était doué, mais il avait fait trop de faux pas pour qu’elle n’y voit rien d’étrange, trop pour que la Thorpe y voit seulement un laisser-aller dû à leur statut de couple bientôt marié. Il semblait l’avoir un peu trop sous-estimé, que ce soit dû à son inaptitude évidente pour les jeux de la cour ou à une idée préconçue fondée sur sa réputation.

Et puis, à quoi bon? Elle ne pouvait se cacher dans un monde de fantaisies. Avant, peut-être, mais plus maintenant. Que pouvait-elle faire si son futur mari ne lui disait pas tout? Il n’était pas contraint de le faire. Elle avait abandonné il y a bien longtemps ses rêves de gamine où elle rencontrait son fiancé, un homme charmant et attentionné avec qui le coup de foudre aurait été immédiat. Ses parents étaient des exceptions dans un monde qui n’en connaissaient pas. Cela ne l’empêchait pas d’être déçue, tout de même. Elle se sortit de ses pensées juste assez pour hocher la tête en approbation, ne prenant pas la peine de l’exprimer en paroles, Nerio étant de toute façon déjà partie sur une nouvelle pensée. Prise par bien des nobles comme une éternelle gamine, elle avait trop souvent entendu ces propos génériques qui servaient davantage de ponctuation que de demandes d’avis de l’interlocuteur.

Je suppose qu'il vous reste encore un peu de temps pour discuter ?



Elle songea un instant à savoir si elle voulait réellement s’exposer à cela, mais une autre partie d’elle-même la ramena à l’ordre, une partie plus raisonnée et sensible. Prise dans cette position, elle ne pouvait que continuer de chercher davantage à connaître le sergent, ne serait-ce que pour éviter les mauvaises surprises. Aussi rencontra-t-elle son regard, tentant aussi bien que mal de ne pas se sentir si minuscule, si prise au piège assise sur ce divan, surplomber par la carrure impressionnante de son fiancé.

Dîtes moi, Ophelia ... vous qui repartez aujourd'hui à Fiore. Comment est donc cette région ? Je n'y suis allé que par devoir militaire mais je ne suis jamais allé plus loin que les alentours de la Cité. Oh ! Et en passant n'oubliez-pas de faire la bise à vos parents de ma part, d'accord ? J'ai grande hâte de faire leur connaissance.



Dans la manière dont il prononça son prénom, dans son changement de position brusque et dans la manière un peu trop mielleuse dont il parla de ses parents, tout contribua à lui faire sentir qu’elle était prise au piège dans un jeu auquel elle ne voulait jouer. Un frisson désagréable lui parcourut la colonne, assez subtil pour qu’elle puisse le dissimuler en buvant à nouveau de sa tisane pourtant si délicieuse, comme si elle cherchait dans la boisson maintenant tiède de quoi se réchauffer. Paraître calme. Sourire. Nerio ne le faisait pas exprès, était trop pris dans les manipulations habituelles des nobles pour réaliser l’ampleur de l’effet de ses mots sur une Thorpe trop sensible. Cela irait en s’améliorant. Il le fallait. Il le fallait.

Fiore est le joyau du Nord. Les montagnes enneigées sont un milieu peu propice à la vie, certes, mais la Cité est à la région ce que les oasis sont pour le désert. Ses tours de pierres pâles reflètent le soleil, créant une myriade de couleurs dans ce paysage immaculé. La ville est toujours pleine de vie, ses habitants y sont coriaces et enjoués. Ils savent à quel point la vie peut être dur et en apprécient donc davantage les plaisirs.



Parler de sa ville natale lui avait redonné du courage, et les yeux brillants de souvenirs qu’elle seule voyait, elle s’était abandonnée à un peu de rêverie. Le voyage, les paysages du monde, les scènes féériques que le quotidien pouvait dépeindre. Dans une autre vie, Ophelia aurait été troubadour, parcourant le monde pour mieux y rêver.

Un jour, lorsque la situation s’y prêtera, nous devrions prendre le temps d’en faire le tour. Le climat y est certes moins clément, mais on s’y habitue rapidement. Je suis certaine que mes parents en seraient ravis, également, et ils leur tardent de vous rencontrer. Je leur passerai vos chaleureuses salutations.



Pour l’instant, elle préférait ne pas penser à l’éventualité que Fiore ne serait plus sa maison, qu’elle ne pourrait plus en admirer les remparts blancs gorgés du doré du soleil couchant. Peut-être était-ce une ville glaciale et barbare pour certains, mais pour elle, c’était sa vie.

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Ven 16 Sep - 22:30



N'importe qui aurait pu sentir qu'Ophelia Thorpe était tout sauf à son aise.
Elle n'avait d'ailleurs encore rien mangé, la tasse commençant à se refroidir. Cela dit elle prenait quand même le temps de répondre du mieux qu'elle pouvait, tranquillement. Et étrangement Nerio l'écoutait, intéressé. Fiore est une très belle région, il doit bien le reconnaitre. Et là dessus on sait que c'est un amoureux du voyage. Fiore le Joyau du Nord, cela sonnait divinement bien. Il se mit à imaginer la Cité de Fiore, imaginer le soleil qui brille sur la neige, sur les maisons, ainsi que ses habitants. Tout ouïe, il restait silencieux à l'écouter sans jamais lui couper la parole. Faire la connaissance de ses parents ? Ils n'avaient discutés que par lettres et ne s'étaient vus qu' à de très rares occasions, notamment dans certaines soirées mondaines. Maintenant ils allaient devenir sa deuxième famille, pour le meilleur ... Mais surtout pour le pire.

En voilà une très bonne idée !
J'accepte de venir à Fiore. Et si vous le désirez durant notre lune de miel ?
Ainsi je vous montrerai Velm sur le chemin, il y a temps de choses cachées dans cette région. Je suis certain que vous aimerez la Citée.


Assez pour devoir y vivre dans le futur.
Nerio lui fit son plus beau sourire, faussement sincère, et baissa un instant les yeux vers le plateau à gâteaux disposés ça et là, tout près de la jeune fille.

Vous n'avez pas faim ?
Ne vous sentez pas obligée avec moi. Je comprendrais.


Faux, tout était faux. Mais il s'en fichait bien qu'elle mange oui ou non. Pour ce qui est de la tisane un peu moins, celle-ci a été fabriquée par sa mère, il n'apprécierait pas trop qu'elle ne la finisse pas. Quoiqu'il en soit il en avait terminé avec la sienne et posa le tout sur la table d'à côté, s'adossant à celle-ci pour observer un instant sa fiancée. Il eu un petit rire.

Bien évidemment je n'en ai pas encore parlé à l'Impératrice de toute ceci étant donné que mon retour date d'hier soir. Je tâcherai de commencer à organiser le tout, à prévoir une date pour se revoir et ainsi préparer la liste des invités ensembles, des horaires et d'un peu ... Tout le reste.

Nerio fit un geste de la main signifiant tout simplement bref. La Cenza était une cérémonie très pieuse, très importante et dont les mariages consommés à cette époque portent bonheur mais surtout chance. Et de la chance il va surement en avoir besoin.
Pensif, il repensa à une invitation qu'il avait lu à peine quelques minutes avant l'arrivée d'Ophelia. S'avançant vers son bureau pour y chercher la lettre, il finit par la retrouver et la présenta à sa fiancée, lui permettant de regarder à l'intérieur de l'enveloppe qui était déjà ouverte précédemment.

Il s'agit du Duc Gonzaline de Ronan qui va se marier d'ici quelques jours.
J'ai reçu cette invitation et je suis certain que vous aussi.
Qu'en dîtes vous ? J’espère vous y revoir là-bas.


Reprenant sa pause très solennel, il la salua de la tête avec un léger sourire, presque sincère. Cette soirée de fiançailles s’annonçait parfait pour montrer le futur couple Basaïa/Thorpe au grand jour. Bien que l’événement accueil la Haute société de Aelius, mais aussi quelques prolétaires et quelques ... Hauts Nobles de Musheka. Sachant que l'île Ronan, bien que emprunte à marchander avec Casalta, reste une terre neutre.
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Sam 17 Sep - 8:17
Étonnement, il y avait sur le visage de Nerio une véritable expression d’intérêt envers sa description plutôt poétique de la ville de Fiore, et si Ophelia ne l’avait pas cru impossible, elle y aurait vu un brin de rêverie. Cela ne faisait que ressortir l’aspect fade des émotions qu’il avait essayé de traduire plutôt, son sourire n’atteignant jamais tout à fait ses yeux.

En voilà une très bonne idée !
J'accepte de venir à Fiore. Et si vous le désirez durant notre lune de miel ?
Ainsi je vous montrerai Velm sur le chemin, il y a tant de choses cachées dans cette région. Je suis certain que vous aimerez la Citée.  



D’une manière ou d’une autre, la jeune femme parvint à ne pas échapper sa tasse qui était soudainement devenu très, très glissante entre ses mains. Sous son regard inquisiteur, elle peinait à ne pas plier, à paraître impassible et ne pas avaler de travers alors que le mot restait pris dans sa gorge. Lune de miel. Ophelia pouvait peut-être appréhender le mariage, mais ce n’était rien à côté de la terreur que lui inspirait l’idée de la nuit de noces. Respirer doucement, par le nez, se concentrer sur autre chose, n’importe quoi, même les dernières gorgées de liquide qui tremblait imperceptiblement entre ses mains. Il voulait visiter Fiore, il n’en paressait pas dégoûté au contraire; oui, ça, ça c’était une bonne chose. Un léger sourire étira ses lèvres, le maximum qu’elle puisse offrir sans que, tout comme son fiancé, ses yeux trahissent un sentiment feint. L’idée de visiter Velm ne la dérangeait pas du tout non plus, au contraire même, malgré les choses que le concept impliquait. Découvrir les merveilles d’une nouvelle ville, au climat différent, était une perspective qui l’enchantait.

Visiter Velm est une idée charmante. J’ai hâte d’en découvrir la beauté.



Une autre gorgée lui permit de faire passer le nœud qui la prenait à gorge, l’aidant ainsi à respirer un peu mieux, même si elle arrivait à la limite de ce qu’elle pouvait supporter. Si cette rencontre ne finissait pas dans la prochaine heure, elle craignait de faire une crise de panique, et juste à l’idée d’en faire une en sa présence, elle la frôlait déjà.

Vous n'avez pas faim ?
Ne vous sentez pas obligée avec moi. Je comprendrais.



Elle releva son regard vers les pâtisseries, pensive un instant, ayant complètement oublié leur existence, comme à peu près tout ce qui sortait de son espace vital, en fait, à l’exception de son fiancé, bien entendu – et malheureusement, peut-être. Avait-elle faim? Non, pas du tout. Son estomac était bien trop secoué pour accueillir l’idée de nourriture favorablement. Pouvait-elle manger? Peut-être, un morceau ou deux, pour les apparences. Juste de quoi sembler polie. Heureusement, la tisane était au contraire une aide précieuse qui lui permettait de mieux supporter l’ambiance qui, malgré les rayons du soleil, était devenue glaciale en bien trop peu de temps. Elle se contenta de lui sourire, le remerciant d’un hochement de tête, accompagnant son approbation d’une dernière gorgée de sa tasse, en finissant définitivement le précieux contenu. Peut-être aurait-il mieux valu qu’elle prenne davantage son temps pour la boire, finalement, puisqu’elle se retrouvait sans réconfort. Elle déposa la porcelaine sur la table, imitant le sergent, croisant ses mains sur sa jupe pour éviter qu’elles s’attaquent d’elles-mêmes à une mèche de cheveux ou à un pan de sa robe.

Bien évidemment je n'en ai pas encore parlé à l'Impératrice de toute ceci étant donné que mon retour date d'hier soir. Je tâcherai de commencer à organiser le tout, à prévoir une date pour se revoir et ainsi préparer la liste des invités ensembles, des horaires et d'un peu ... Tout le reste.



Le geste presque dédaigneux de la main de son fiancé pour symboliser l’ensemble des étapes à franchir avant un mariage dépeignit bien son propre sentiment face à l’entreprise que cela représentait, pour une fois. Elle avait au moins la chance qu’il prenne la peine de l’inclure dans les préparations, et surtout, la liste des invités. La majorité de ceux qui se présenteraient à la cérémonie seraient des nobles de bonne réputation d’Aelius, des amis de la famille pour la plupart – et Raijin seul savait comme ceux des Thorpe étaient nombreux – et d’autres personnes qui lui importaient au final que très peu. Cependant, elle tenait à y voir figurer certains noms, des personnes qui lui tenaient à cœur et desquels elle voulait puiser la force de faire face à cette épreuve. Alisa et Medea étaient des invitées incontournables et elle souhaitait plus que tout au monde les voir lors de cette journée, mais avec un peu de chance, Valerio, et même Valente pourraient au moins être au courant que leur cousine se mariait finalement. La première d’entre eux, ironiquement.

Un autre hochement de tête, puisque la phrase étant sans équivoque, elle n’y avait rien qu’elle puisse approuver ou ajouter qui ne sonne pas excessivement superficiel. Surtout que Nerio se dirigeait déjà vers son bureau, y trouvant une lettre dont elle devina le contenu avant même qu’il la lui tende pour qu’elle la lise, Medea ayant déjà profité de son séjour pour lui annoncer les nouvelles qu’apportait la missive qu’elle recevrait assurément à son retour.

Il s'agit du Duc Gonzaline de Ronan qui va se marier d'ici quelques jours.
J'ai reçu cette invitation et je suis certain que vous aussi.
Qu'en dîtes-vous ? J’espère vous y revoir là-bas.



Rapidement, elle en lit les quelques lignes, histoire d’en savoir l’ensemble du contenu, qui restait au final bien générique. Un mariage sur l’île neutre de Ronan, où étaient invités tous les grands noms ainsi que ceux qui désiraient tout simplement se joindre aux festivités. Un concept farfelu dont elle ne pouvait que craindre le résultat, mais cela restait l’événement de l’heure, et son rang ne lui permettait guère de refuser une telle invitation. Ses parents risquaient de l’accompagner, c’était toujours une idée réconfortante, et c’était l’occasion de passer une première soirée mondaine au bras de son fiancé avant le mariage. Pour le meilleur et pour le pire.

Je serai très certainement présente pour les festivités. Il s’agira d’une bonne occasion pour passer du temps ensemble dans une ambiance plus formelle.



Et pour officialiser leur mariage aux yeux de la noblesse, mais ça elle n’avait pas besoin de le dire, elle savait pertinemment que Nerio était au courant.
Un rapide coup d’œil au soleil lui appris qu’il approchait son zénith, et donc l’heure du départ. Elle retint de justesse un soupir de soulagement, sans toutefois se détendre tout de suite. Il était encore trop tôt.

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Sam 17 Sep - 22:24



Leurs retrouvailles, peut-on appeler ça des retrouvailles, étaient plus une histoire de se voir avant le départ de la fiancée pour Fiore, sa ville natale. D'une certaine façon, Nerio la comprenait. Elle était tout autant attachée à sa Citée du Nord que lui l'était pour Velm. On peut donc dire qu'il était sincère, pour une fois. Je ferais en sorte que tu apprécies l'endroit, pensa t-il.
Ophelia lit alors la lettre, un peu comme si elle la connaissait déjà. Nerio devinait que l'Impératrice avait dû lui parler de l'évènement. C'est un peu parce que les fiancés invitent des personnes de tout horizon, Mushekins et Aeliusiens confondus, que ce mariage est unique. On ne parle plus que de ça à ce qui paraît. Sa fiancée leva les yeux dans sa direction. Selon elle il s’agira d’une bonne occasion pour passer du temps ensemble dans une ambiance plus formelle.

Tout à fait.

Nerio s'arrêta, levant un sourcil, intrigué. Ophelia venait de tourner les yeux en direction de la fenêtre, discrètement, sauf qu'il l'avait remarqué. Son regard se porta alors aussitôt sur les carreaux transparents : le soleil est éclatant, le son de la mer que l'on entendrait presque d'ici, mais surtout le silence de la pièce. On y serait presque surprit d'entendre les pieds de Nerio faire craquer l'ancien parquet. Un instant il se demandait bien qui avait bien pu habiter ici avant qu'il y emménage. Un très bref instant avant de se concentrer de nouveau sur sa future épouse. Elle n'était pas bien bavarde ce matin-là, que quelques mots, et juste des réponses à ses questions. Soit ce n'était pas plus mal, il n'allait pas s'en plaindre. Finalement jusqu'ici cette petite Thorpe n'avait pas l'air de quelqu'un qui pose énormément de soucis, qui s'impose et qui pourrait au fil du temps commencer à l'ennuyer. Il ne put dissimuler un petit sourire en coin à ces pensées. Il sentait l'empressement d'Ophelia pour partir. Surement un horaire fixé, et une difficulté à dire à son époux qu'elle doit fuir dans peu de temps.

Soit ! Si vous devez partir, je ne vais pas vous retenir plus longtemps ?

Nerio s'approcha alors de sa fiancée, de deux trois pas de géants, restant cependant toujours debout, tendant sa main doucement pour l'inviter à se relever du canapé sans trop de difficulté. C'est vrai qu'il est assez près du sol ce meuble.

Alors ? ... Comment trouvez-vous votre époux ? La question se voulait chaleureuse, dîtes d'une voix douce et mielleuse. Nerio loupa son coup et le demanda un peu plus froidement que prévu.
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Dim 18 Sep - 4:29
Pendant la fraction de seconde où son fiancé quitta son champ de vision pour qu’elle prenne connaissance de la position du soleil et ainsi du moment de la journée, elle avait senti le regard de Nerio sur elle avec l’intensité d’un prédateur surveillant chaque mouvement de sa proie. Une impression exagérée probablement due à l’ambiance lourde, l’anormal silence et à son malaise général, mais elle ne put s’empêcher de prendre note qu’il valait mieux ne jamais lui montrer son dos. Et ce pour plusieurs raisons, songea-t-elle avec un amusement amère qui ne parut en rien sur son visage, une expression neutre habilement composée au fil des années passées à vivre avec un don qu’il fallait taire, ne serait-ce même qu’en pensée.
 
Face à son fiancé à nouveau, ayant récupérer un certain contrôle sur ses émotions en raison de la perspective de son départ prochain – de quoi lui rappeler que tout finissait un jour –, elle parvint à affronter le sourire en coin du sergent, ouvertement inquiétant, avec une expression de calme et de douceur qui lui était plus naturelle que l’inquiétude et le malaise auxquels elle avait été en proie.
 

Soit ! Si vous devez partir, je ne vais pas vous retenir plus longtemps ?


 
Visiblement, il avait interprété avec justesse son désir de connaître l’heure qu’il était, bien qu’il ne faille pas être un génie pour le deviner. Ophelia ignorait comment son fiancé savait qu’elle devait partir aujourd’hui, mais les paroles circulaient vite parmi les nobles de la capitale, et Nerio devait avoir ses propres sources, à ne pas en douter. Cependant, ce dernier semblait avoir fait la conclusion directe qu’elle désirait fuir plus que tout et n’attendait que cela. Une chose qui, certes partiellement vraie, ne pouvait être prise comme seule certitude, ce qu’elle se permit de lui rappeler, doux sourire et voix apaisante qu’il lui faisait plaisir de retrouver.
 

Mon séjour à la capitale était prévue pour terminer aujourd’hui, aussi un cortège de Fiore m’attend-t-il à l’entrée de Casalta pour midi. Je préférerais ne pas les faire attendre, si cela ne vous indispose pas.


 
Elle accentua son sourire pour lui signifier qu’il s’agissait d’une décision prise bien avant leur rencontre et que son départ était prévu indépendamment de sa situation avec son fiancé. C’était une chose osée, elle le savait, que de lui refuser le plaisir d’avouer qu’elle attendait avec impatience son départ seulement pour ne pas avoir à lui faire face plus longtemps, et son cœur battait un peu plus vite de ce qu’elle parvenait à dire sans broncher.
 
Cela ne sembla pas faire sourciller l’héritier Basaïa, cependant, parce qu’il s’approcha avec aisance de sa fiancée installée sur le divan, la dominant de toute sa taille l’espace d’un instant avant de lui tendre la main pour l’aider à se relever avec une douceur déstabilisante. Peut-être son cœur ne pouvait-il pas en supporter assez pour se permettre de le provoquer, après tout.
 

Alors ? ... Comment trouvez-vous votre époux ?


 
L’attention avec laquelle il lui avait proposé son aide l’avait presque fait remettre en question sa vision du comportement de son promis, mais la froideur de sa question lui rappela la personne qu’il s’était révélé être tout au long de leur rencontre. Étonnement, elle parvint à ne pas s’arrêter dans son geste pour prendre sa main et ainsi se relever, se permettant de retourner sur ses deux pieds avant d’affronter la question, bien qu’elle ne se sente pas vraiment plus grande devant lui, même debout.
 

Cette rencontre fut tout ce que j’espérais qu’elle serait, et même plus.


 
C’était un euphémisme, à ce point. Elle avait espéré rencontrer son fiancé et être fixée quant au genre de personne qu’il était, et elle avait été servie. Cette question était un bon résumé de tout ce qui l’avait mis mal à l’aise, une autre manière de la tester, de lui rappeler qu’elle était soumise à ce devoir de bien paraître pour lui, de faire comme si ils étaient soudés, proches l’un de l’autre. Une envie de pleurer l’envahie.
 

Il y a une évidente force qui émane de vous. Cependant, en à peine quelques heures, je peux difficilement prétendre vous connaître. Ce serait présomptueux de ma part.


 
Toute la vérité, dit avec un petit sourire et une gestuelle polie, avec l’assurance qu’avaient les mots justes. Elle avait omis l’essentiel, bien sûr, probablement ce qui intéressait le plus Nerio, mais il ne pouvait lui reprocher d’être volontairement imprécise, puisque tout ce qu’elle disait était logique.
 
Et voilà. Des retrouvailles, si l’on pouvait les appeler ainsi, qu’Ophelia aurait préféré ne jamais connaître. Mais le destin était en marche. Le gouffre qu’elle avait tant craint, ce sentiment que le sol s’ouvrait sous ses pas alors qu’elle avait pris connaissance des changements à venir avec appréhension, il n’avait pas disparu, au contraire. La chute avait commencé, elle ne pouvait plus tenter de l’arrêter. Restait à voir si ce qui l’attendait en bas causerait sa perte.
D’une nouvelle révérence, elle salua poliment son futur mari, demandant cette fois-ci congé selon le code de conduite établi. Elle ne pouvait simplement quitter la demeure en lui disant ses au revoir, mais il ne pouvait non plus lui demander de rester sans bonne raison.
 

Nous aurons l’occasion de nous voir à nouveau lors du mariage à Ronan, dans quelques jours seulement. Il me tarde d’y être.


 
Une demi-vérité. Les festivités sur une île d’un autre pays étaient une perspective qui n’étaient pas sans l’enthousiasmer, ne serait-ce que pour les gens qui y seraient et les paysages exotiques qu’elle risquait d’y voir.

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Mar 20 Sep - 22:53



Attention tout va se passer très vite. Il y a une évidente force qui émane de vous. Actuellement Nerio est en train de s'empêcher de sourire, son égocentrisme et son narcissisme s'en prenant plein la figure d'un seul coup,Cependant, et là adieu sourire. En à peine quelques heures, je peux difficilement prétendre vous connaître ... Autant dire que l'ascenseur émotionnel était au beau fixe. Heureusement la peur fut très brève. Il ne faudrait pas que sa fierté en prenne un coup. Ophelia avait les mots, la rendu accro. Mais il est vrai qu'ils se connaissent à peine. De simples rencontres durant les soirées mondaines, un bonjour, une bise voir quelques commentaires sur la soirée où sur comment la personne. Même en cet instant la conversation avait été, certes plus longue, mais bien trop rapide au goût de Nerio. Peut-être aussi au goût d'Ophelia ? Poliment, la jeune fiancée se courbe pour le saluer. Faisant de même, une main derrière le dos et l'autre contre son ventre, baissant lentement la tête, il la remercie d'avoir accepté son invitation de ce matin. Au moins tout deux sont deux Nobles, habitués à jouer le jeu. Ophelia pourrait bien s'enfoncer dans le sol de peur mais n'en montrerait rien, tandis que lui voudrait bien sourire de plaisir, mais se cache derrière un visage neutre et militaire.

Nous aurons l’occasion de nous voir à nouveau lors du mariage à Ronan, dans quelques jours seulement. Il me tarde d’y être.

Finalement il ne put contenir son petit sourire, ressemblant plus à un mauvais rictus.

En effet.
J’espère pouvoir ouvrir le bal des invités en votre compagnie. Si vous le voulez bien.


Une promesse qu'elle devra tenir. Au moins le temps de démarrer, juste après les nouveaux mariés. On dit que cela porte chance. Non pas qu'il y croit. Mais Nerio compte bien se faire remarquer auprès de la cousine Thorpe à cette cérémonie, et celle-ci tombe très bien. De quoi prendre note, s'inspirer, demander conseils et puis surement croiser assez de monde pour faire connaissance et les inviter plus tard. Il devait continuer à former un réseau, et avoir Ophelia à ses côtés favorisera forcément la chose. Encore un dernier sourire qui se veut rassurant et sincère mais qui en est tout autrement, et il invite chaleureusement sa fiancée à rejoindre l'entrée du manoir. Arrivés au niveau de la porte, il porta sa main contre la poignée et attendit un instant avant de l'ouvrir, les gardes étant juste derrière en train de faire des allers retours dans le quartier. Le visage de Nerio se retrouva à ce moment précis tout près de celui d'Ophelia et on aurait presque pu croire qu'il allait lui déposer un baiser d'adieu, mais il n'en était rien. Juste un jeu. Juste pour la déconcentrer un petit peu.

Comme on dit : ce fut court, mais intense.
Revenez à Casalta et à mon manoir quand vous le désirez, les portes vous seront toujours grandes ouvertes, ma Dame.

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Dim 2 Oct - 6:27
Le malaise qui hantait jusqu’à ses os, son âme même, ne s’accentua pas cette fois alors qu’un rictus, presqu’un second visage à ce point, étirait à nouveau les traits de Nerio. Un petit sourire déformé, en coin, comme une ombre, un mauvais présage qu’apportait des pensées dont elle ignorait si elle voulait en connaître la nature. Son fiancé pouvait paraître si fier, si beau, mais ces expressions créaient des sillons grotesques.

En effet. J’espère pouvoir ouvrir le bal des invités en votre compagnie. Si vous le voulez bien.



À ce stade, c’était davantage une question de devoir que de vouloir, mais elle hocha tout de même la tête, un petit sourire flottant sur ses lèvres. Il lui était injuste de juger ses expressions, songea-t-elle, alors que ses propres traits s’étiraient certes avec douceur, mais avec une volonté qui lui était étrangère, mués davantage par les intentions que par les émotions. Cette réalisation l’ébranla.
Ce fut avec un soulagement indéniable qu’elle fut saluée à son tour, l’héritier Basaïa la guidant galamment à travers les sobres couloirs qu’elle avait déjà traversés, ne prenant pas la peine de les détailler davantage. Seule la porte en bois massif et la lumière qu’elle laissait entrevoir attirait son regard, lui promettait la liberté de pouvoir respirer à nouveau sans craindre d’étouffer. Elle s’efforça de calmer son cœur douloureux, de ne pas paraître trop empressée alors que chaque geste calculé l’approchait de l’extérieur. Une bonne décision, puisque Nerio n’ouvrit pas tout de suite la porte, sa main s’attardant sur la poignée avant de finalement lui dévoiler le quartier, l’air marin lui caressant le visage. Elle savoura la chaleur des rayons du soleil un court instant, puis retourna son visage vers son promis, prête à lui dire ses adieux une dernière fois.

Cependant, ce fut son visage, proche, beaucoup trop proche, qui envahit son champ de vision, et son souffle se coinça dans la gorge. Outre le malaise qu’elle ressentait à voir son espace vital envahi d’une telle manière par une personne à laquelle elle ne parvenait pas à faire confiance, l’idée même qu’il puisse entrevoir de l’embrasser lui donna la nausée. Le geste lui-même ne lui semblait d’aucun intérêt, et même grotesque, et qu’elle partage une chose aussi intime avec Nerio…que Raijin lui pardonne. Elle ne désirait qu’être éloignée de cet homme. De l’homme qu’elle allait marier.

Comme on dit : ce fut court, mais intense.
Revenez à Casalta et à mon manoir quand vous le désirez, les portes vous seront toujours grandes ouvertes, ma Dame.



Pendant un instant, elle crut que ses jambes allaient céder sous son point, mais par un miracle quelconque, elle parvint à rester debout, et elle remercia le ciel que ses jupes cachent la faiblesse en laquelle elle était proie. L’ancien soldat ne s’était pas davantage approché, n’avait visiblement cherché qu’à la déstabiliser, et il avait brillamment réussi, comme à toutes ses tentatives précédentes de lui faire perdre son équilibre. Il semblait s’amuser comme avec un nouveau jouet, et elle ne demandait plus qu’à être laissée tranquille, soudainement vidée des quelques forces qui lui restaient après son éprouvant séjour à la capitale.

Ce fut un plaisir de vous rencontrer ainsi, sir Nerio. Que le destin vous soit gré jusqu’à notre réunion à Ronan.  



Une phrase dite avec une contenance exemplaire, une expression chaleureuse, les résultats des dernières énergies d’Ophelia qui avait par sa seule volonté réussi à clore cette rencontre dans la civilité et une apparence de bonne entente. Une énième révérence, puis elle s’engageait dans le petit chemin de pierres traversant la minuscule cour avant pour rejoindre le quartier, n’accordant pas un regard aux soldats alors qu’elle se concentrant sur la lenteur de ses pas, histoire de garder une vitesse convenable. Le dos, le menton droit, le pas assuré, les yeux fixés en avant; tout pour ne pas se laisser aller à l’envie de pleurer qui la prenait soudainement à la gorge.

Ce ne fut qu’une fois la fin du quartier d’ébène en vue qu’elle se permit d’accélérer le pas, se retenant de courir jusqu’à la sortie de la ville, là où le cortège l’attendait très sûrement. Elle se retint de songer à la rencontre, de chercher à interpréter ce qu’elle y avait vu ou entendu. Elle ne voulait penser à rien de tout ça. Elle ne voulait que retrouver les visages familiers de ses domestiques, la beauté de Fiore, la chaleur du foyer. Tout ce qui la raccrochait à une enfance bientôt révolue.
Ce ne fut qu’une fois sur la route qu’elle se permit des larmes, puis un sommeil agité. Dans son rêve, une silhouette, à la fois indiscernable et à la distincte tignasse dorée la suivait comme une ombre, de mauvais augures, se glissait partout, toujours présente au coin de son regard, sans qu’elle ne puisse jamais y échapper. Un sentiment qui lui entrava la poitrine, envahi son esprit, et ce même bien après son réveil. L’avenir ne lui semblait que plus incertain encore, à présent.

Fin

DEV NERD GIRL

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Peut-on appeler ça des retrouvailles | PV Ophelia
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