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Rencontre avec l'ennemi ♦ w/ Kazuyasu [TERMINÉ]

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Medea D. R. Saltarelli
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Dim 7 Aoû - 23:13
Rencontre avec l'ennemi
Medea ft. Kazuyasu



Voila des années que je n'avais plus vu ce visage insupportable, ce sourire désagréable et ces yeux jaunes tel un serpent prêt à vous infliger son venin. J’appréhendais cette rencontre tout comme je l'évitais depuis toujours. Or, dans de telles situations, comment refuser une confrontation directe ?

Kazuyasu est une personne qui m'a toujours intriguée et que j'ai toujours voulu respecter pour son parcours plutôt épineux. Membre des Mains d'Or, il paraît absolument impossible qu'une femme autoritaire et aux pleins pouvoirs comme moi ait pu désirer revoir une veille connaissance de son espèce, mais ma foi, hormis sa marque, il peut s'agit d'une simple exception qui confirme la règle. Tant que je reste camouflée dans les pénombres de cette auberge perdue, personne ne pourrait se douter que Medea Saltarelli a mis les pieds ici. Du moins, j'ai usé de toutes mes ruses et tous mes stratagèmes pour que tout soit contrôlé et que personne n'ait l'idée saugrenue de venir poser des rumeurs chaotiques sur une certaine présence de l'Impératrice ici avec l'ennemi. Un ennemi non officiel, certes, mais nous ne sommes jamais à l'abri en temps de conflits.

Ornée d'une longue cape aux couleurs de l'environnement, je m'abrite dans la taverne de l'auberge dans une table isolée, loin des quelques personnes présentes sur les lieux. Mes cheveux sont attachés afin qu'aucune mèche violette ne virevolte hors de ma capuche, détail qui pourrait paraître douteux pour n'importe quel paysan du coin. La chevelure royale est réputée pour sa couleur originale et fait sauter les yeux de nombreux aéliens...  Pour de bonnes raisons, bien sûr.

J'attends patiemment le mage en question autour d'une choppe - je ne m'étais pas autorisée ce type de folies depuis longtemps. Peut-être est-ce l'effet de la cavale, de ce rendez-vous secret inconnu des autres. De raisons purement irrationnelles. Au bout de ma troisième gorgée, j'entends certains pas se rapprocher de ma chaise. Certaines personnes disent que l'on peut reconnaître quelqu'un rien que par ce son ; c'est le cas à cet instant. Je ne prends pas le soin de me retourner et garde le visage baissé vers mon verre en attendant que l'individu s'assied face à moi, le même cache-oeil qui décore le sien depuis la dernière fois que je l'ai vu.

- « J'ai bien eu peur que tu me poses un lapin. »

Je relève enfin mon visage, impassible, bien qu'être face à une personne d'un tel rang à Mukesha me fasse une drôle de sensation.

- « Cela faisait longtemps. Je me doute que les mukeshin prennent soin de toi. »

Lui aussi paraissait s'être vêtu pour l'occasion. Rien ne pouvait montrer qu'il s'agissait d'un membre des Mains d'Or ; si ce n'est la couleur de ses yeux. Une quatrième gorgée déshydrate ma gorge pendant que j'écoute à nouveau la voix de Kazuyasu Roscius.

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Kazuyasu Roscius
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Lun 8 Aoû - 0:16

Je n’avais pas mis les pieds ici depuis bien longtemps. Pour être franc, ça ne m’avait pas manqué.

Il fait froid à Val Trevis. Le ciel qui surplombe les rues de mon enfance vire progressivement au gris, les nuages s'amoncellent, le vent s’est levé. À chaque tournant, dans chaque impasse, j’ai semé des images, des souvenirs, rarement heureux. Ici, j’ai volé, ici arnaqué, ici enlevé, menacé, poursuivi, fuit. Les fantômes de mon passé surgissent à chaque pas, me collent aux basques, leur souffle glacé sur ma nuque. Je m’en serai bien passé. Dire que je m’étais juré de ne jamais revenir dans cette ville maudite… Mais à circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. J’ai été invité, et certaines invitations ne se refusent tout simplement pas.

Le vent forcit, faisant claquer ma cape derrière moi. J’aurai pu le disperser d’un geste de la main, mais il est hors de question de me faire repérer, qui plus est en utilisant la magie. Je me suis déjà donné un mal fou pour venir incognito, usant de toutes mes ruses de Main d’Or pour m’assurer de n’être ni repérable, ni suivi. Officiellement, je suis en mission de reconnaissance quelque part dans le désert, à taquiner de la wyverne. Officieusement, je franchis la porte de l’Auberge des Dieux.

Je la repère immédiatement. Non pas qu’elle soit reconnaissable ; elle aussi a fait un effort considérable pour se rendre anonyme et son déguisement fonctionne sûrement très bien aux yeux des quelques occupants du lieu. Mais moi, on ne me la fait pas. Sa respiration, sa manière bien à elle de troubler l’air, de produire du vent, est aussi criante que la chevelure violette qu’elle masque sous sa capuche.

J'ai bien eu peur que tu me poses un lapin. Cela faisait longtemps. Je me doute que les mukeshin prennent soin de toi.

Medea Saltarelli darde sur moi son regard inquisiteur en avalant une gorgée de bière. J’ai un léger sursaut, impossible à camoufler. La revoir ainsi, après tant d’années, maintenant qu’elle est Impératrice, a quelque chose d’irréel.

Je n’allais pas rater une telle occasion, très chère… Je dois dire que cette invitation était plus qu’inattendue. Quant à la vie à Mukesha… Et bien, on ne peut pas faire pire que ce que j’ai connu ici, dans cette bonne vieille ville de Val Trevis.

Je suis maintenant assis en face d’elle, si proche que mon genou pourrait presque la toucher, si proche que son souffle me devient physiquement perceptible. Je fais un geste à l’aubergiste qui s’empresse de m’apporter une choppe comme on n’en fait qu’à Issara – pardon, Nova Aelius. C’est jour de fête, après tout. Avec un sourire quelque peu forcé, je trinque avec Medea et avale une lampée.

À nos retrouvailles… Même si je suppose que tu ne m’as pas fait faire tout ce chemin juste pour parler du bon vieux temps. Que me veux-tu ? C’est à cause… D’elle ?
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Medea D. R. Saltarelli
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Ven 12 Aoû - 20:39
Rencontre avec l'ennemi
Medea ft. Kazuyasu



Il était évident qu'il ne s'attende pas à mon invitation surprise. Je ne suis pas du genre à être reçue mais plutôt à recevoir ; surtout depuis que je suis Impératrice. Il semble légèrement troublé de me revoir mais je garde mon questionnement pour moi. Nous ne sommes pas là pour renouer des liens amicaux ni pour se regarder dans le blanc des yeux. Ça, Kazuyasu l'a aisément compris à mon attitude froide et sérieuse... Paradoxalement, je n'avais aucune envie de me montrer sous mon vrai jour, sous ce que je suis désormais face à lui, mais ma raison demeurait plus forte que tout.

En entendant sa réponse sur sa vie à Mukesha, je me suis sentie légèrement rassurée, quoiqu'un peu inquiète face à notre rencontre clandestine ; les deux camps ennemis qui trinquent ensemble signerait le début d'une sale réputation et une faille qui ferait jubiler tous les fausses familles étant contre le pouvoir des Saltarelli. Je n'élargis pas ce sujet et préfère continuer sur la suite de notre conversation.

- « C'est exact. J'aimerais savoir si tu as continué de la chercher, ou si tu as eu des nouvelles au sujet de cette personne. Tu sais que je ne tolère en aucun cas ce que tu fais, mais... »

J'hésite un instant, chose que je fais uniquement lorsque la discussion me semble trop sérieuse que je préférerais éviter le sujet ; et Kazuyasu le sait. Cependant, je ne peux plus reculer. Si je l'ai invité ici, ce n'est pas pour me défiler.

- « J'ai un marché à te proposer. Tu dois par contre me promettre que cela restera entre nous. »

Une nouvelle promesse est sur le point de se créer entre le membre des Mains d'Or et moi. Une promesse scellée qui peut prouver une nouvelle fois que notre lien n'a peut-être pas tant changé que cela. Je reste tout de même perplexe, les bras croisés après avoir bu une nouvelle gorgée de ma choppe.

S'il me le promet, alors je peux rester sereine.

P.S : PARDON C'EST UN PEU COURT ;w;

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Kazuyasu Roscius
Membre BG des Mains d'Or
Mar 23 Aoû - 0:08

Un marché. Ma vieille amie Medea Saltarelli, impératrice d'Aelius, veut me proposer un marché, à moi, Kazuyasu Roscius, membre des Mains d'Or et homme de confiance du clan Yujin de Mukesha.

Je prends une grande inspiration en réalisant dans quoi elle veut nous engager. Certes, je ne connais pas la nature dudit marché, mais je ne suis pas naïf ; de par nos rôles respectifs dans le monde d'Hyperion, la situation actuelle et surtout le passé qui nous unit, ce ne sera pas anodin. Ma réponse à sa proposition va avoir un impact sur le paysage géopolitique, un impact d'une ampleur que je préfère ne pas imaginer. Medea a hésité en parlant, ce qui veut tout dire. Elle est consciente comme moi des forces qui entrent en jeu. Je ne dois pas oublier cela. Surtout, ne pas me laisser prendre par de quelconques sentiments. Même si pour ma quête, je suis prêt à tout.

Car Medea a des informations sur ma fille... Et sur la mère de celle-ci.

Oui, je la cherche toujours. Oui, je sais que tu réprouves mes actes. Et non, je n'ai aucune nouvelle pour l'instant. Rhéa a fait du bon travail quand elle a... Exilé notre fille.

Je suis forcé de m'arrêter. Prononcer ce nom m'a anéanti d'une douleur que je pensais morte. Je serre les poings à m'en fait blanchir les jointures et me force à respirer profondément. Je n'ose pas regarder Medea. Impossible de savoir si le nom tabou a eu sur elle le même effet dévastateur qui vient de me couper la respiration. Toute notre relation, tout notre vécu commun, avec son lot de joie et son plus grand lot de peines, est concentré en ces deux syllabes interdites qui flottent maintenant entre nous comme un mal lancinant au creux de la poitrine.

Je vide ma choppe d’un trait, brusquement, pour briser l’enchantement.

Je la retrouverais. Rien ne compte plus à mes yeux que cet enfant dont j’ai été privé. Je suis conscient du mal que j’ai causé et je refuse qu’elle souffre à son tour pour mes erreurs passées. Je refuse qu'elle grandisse orpheline, sans savoir que son père vit encore et l'aime. Maintenant que cela est clair, j’attends ton marché. Tu comprends que je ne peux pas l’accepter sans en connaître les enjeux, même si une part de moi serait prête à le faire… Juste pour te prouver que tu peux toujours me faire confiance, comme avant… Quand nous étions amis, ici-même, il y a maintenant quinze ans. Toi, moi et elle.

Medea, moi et la mère de ma fille.
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Medea D. R. Saltarelli
Impératrice Boobzilla
Mer 24 Aoû - 16:40
Rencontre avec l'ennemi
Medea ft. Kazuyasu



En entendant ce nom interdit, ce nom qui me ferait entrer dans un excès de rage si quelqu'un d'autre le prononçait, je manque de faire tomber ma choppe et de m'en aller sans aucun autre échange.

En effet, mon marché est lié avec la fille de Kazuyasu et... Rhéa. Cette Rhéa. Ce mot qui me ferait vomir en un instant.

Je déteste cette femme plus que tous les mages d'Hypérion réunis. Si cela ne tenait qu'à moi, je la chercherais et la tuerais sur-le-champ pour avoir osé gâcher ma vie et celle de cet homme qui a fait partie de la mienne à une période. Je n'ai jamais autant ressenti de haine envers une femme ; rien que ces deux syllabes me suffiraient pour exécuter quelqu'un. Cependant, l'homme en face de moi n'est pas n'importe qui, et même s'il lui est impossible tout comme moi de le regarder droit dans les yeux en parlant d'elle, je réussis à me contenir et à faire durer la discussion dans un ton calme, quoique légèrement colérique.

- « En effet. Elle s'est démenée pour ça. »

Cette garce.

- « Mais je ne supporte plus toute cette situation. C'est pour cela que je te propose ce marché, non pas par pitié mais pour que tu retrouves ta tendre fille ou même cette stupide femme qui t'a détruit la vie. Tu es l'une des seules personnes en qui je peux faire confiance, et j'espère ne pas me tromper sur mes mots, car j'ai de quoi te décapiter immédiatement si tu me trahis, Kaz. »

Le surnommer une nouvelle fois ainsi me fait frissonner. La dernière fois que je l'avais nommé ainsi, c'était lors de conséquences plus intimes. Heureusement, je ne me permettrai pas de raviver ces souvenirs maintenant. Surtout en discutant de Rhéa et l’atroce créature qu'ils ont mis au monde.

- « Je te propose de t'aider clandestinement pour retrouver ta fille. Cependant, si tu la retrouves, je t'interdis de parler de sa mère, du lien paternel que tu as avec elle, ou même de l'amener ailleurs que là où elle vit. De plus, si j'ai le malheur de retrouver sa mère, je ne te promets rien pour sa survie. »

Le marché est dur, je sais qu'il a toutes les raisons du monde pour refuser. Or, il n'y a rien d'autre que je puisse faire. Si je retrouve cet enfant, je serais capable de l'étrangler de mes mains. Pour la mère, évitons les détails que je pourrais commettre. Je ne suis pas d'humeur à discuter torture.

- « Tu l'aimes peut-être, cette petite, mais pense un peu à moi, aussi. Tu crois que ça me fait plaisir, cette putain de situation ? C'est juste du poison, tout ça. Alors autant en finir plus vite. Je veux juste qu'elle ne soit au courant de rien, ni même de l'existence de ses origines. Rhéa lui pourrirait la vie, de toute façon. »

C'est à mon tour de terminer ma choppe d'une traite avant de retrouver le regard doré du soldat mukeshin. Lui, si fidèle à son nouveau pays, à sa nouvelle vie... serait-il encore prêt à tout pour nous ?


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Kazuyasu Roscius
Membre BG des Mains d'Or
Ven 2 Sep - 10:04

Retrouver ma fille.

Il me faut toute la volonté du monde en cet instant pour garder le fil de la conversation et ne pas me faire engloutir par les émotions qui se succèdent depuis le moment où j'ai posé le pied dans cette ville maudite. La peur et l'anxiété de revoir Médéa, la nostalgie de quand nous étions amis et l'horreur simultanée liée à ce passé qui me hante, l'atroce douleur à l'évocation du nom de Rhéa, tout cela est balayé par une joie à m'en faire pleurer. Je chavire, imperceptiblement. L'espoir me rend ivre.

Mais non. Je me suis promis de ne pas céder à mes sentiments, de garder la tête froide, de prendre du recul sur mon ressenti et mon vécu pour évaluer les conséquences réelles que ce pacte aura sur la politique d'Hypérion. Agis comme une Main d'Or, Kazuyasu, pour l'amour du ciel. Du contrôle.

Tout d'abord, je tiens à te remercier pour la confiance que tu continues à me porter. Tu vas encore une fois me trouver trop sentimental, mais ce témoignage compte beaucoup pour moi. Tu sais combien je tiens à toi, malgré tout ce qui est arrivé, malgré les circonstances actuelles. Notre... Trio inséparable a volé en éclats et s'est transformé en un quatuor de douleur, de tristesse et de rancune. Tu as toutes les raisons de me haïr et pourtant, tout ce qui est en train de se passer - ton invitation, ce lieu, ce pacte - prouve le contraire. Tu peux avoir confiance en moi. Je ne suis pas ton ennemi.

Je pause pour jeter un regard furtif aux alentours. Médéa et moi déployons d'immenses efforts pour rester neutre et donner à notre discussion une allure de bavardage, mais nos grandes capes, tout en nous rendant anonymes, peuvent finir par attirer l'attention. Ni le personnel ni les ivrognes avachis au bar ne semblent se soucier de nous, pas plus que les autres consommateurs... Mais un membre des Mains d'Or n'est jamais trop prudent. Je reviens à Médéa ; si un danger survient, ma lecture de l'air m'en avertira plus efficacement que mon œil unique.

Mais je ne peux pas accepter ton offre, pas pour l'instant. Tu dis que cette situation t'empoisonne. Je te comprend, je comprend ta douleur... Mais je comprend pas ton offre. Pourquoi me proposer ton aide pour retrouver mon enfant si son existence est à ce point une aberration à tes yeux ? Qu'est-ce que tu as à y gagner ? Tu prendrais des risques inutiles pour toi et ton royaume juste pour me laisser rencontrer ma fille, avec rien d'autre en échange que mon silence sur ma paternité ? Et pourquoi, d'ailleurs ? Qu'est-ce qui te gêne autant à l'idée qu'elle sache ? Ce n'est pas ça qui mettra en péril Aelius.

De nouveau une pause, car je m'étourdis moi-même avec mes questions. Au fil de mes paroles, les incongruités de ce pacte se sont peu à peu révélées à moi et je dois mettre un peu d'ordre dans mes pensées au risque de perdre le fil et d'impatienter une Médéa que je sais ne pas être patiente, surtout maintenant.

Ton marché est très généreux. Trop, peut-être. Mais si ressasser le passé ainsi te fais autant souffrir, pourquoi tu t'évertues à mettre ton nez dans mes affaires ? Pas une seule fois je ne t'ai demandé mon aide depuis mon arrivée à Mukesha ; c'est toi qui ramène sans cesse le sujet sur le tapis. Après l'exil de ma fille, la disparition de Rhéa et ma fuite, je ne pensais plus entendre parler de toi... Et ça aurait sans doute été mieux pour nous deux. Oublie tout cela, oublie-moi, occupe-toi plutôt de ton royaume et laisse-moi gérer mes problèmes seul. J'ai déjà toute l'aide que je veux grâce à mes contacts dans Hypérion, une aide qui ne me demande pas en échange de priver encore une fois ma fille de la vérité. Je la trouverai, je l'adopterai, je rattraperai le temps perdu. Quant à Rhéa, laissons-la où elle est. Rien de ce que je vais faire ne portera préjudice aux aéliens, je t'en fais le serment. Rien de tout cela n'est politique. Je veux juste... Être heureux avec ce qui aurait dû être ma famille.
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Medea D. R. Saltarelli
Impératrice Boobzilla
Mar 6 Sep - 1:29
Rencontre avec l'ennemi
Medea ft. Kazuyasu



Les premiers mots de Kazuyasu ont un effet de douceur sur mes émotions. Je m'apaise légèrement en écoutant sa voix me rappeler qu'il n'est pas mon ennemi, qu'il ne le sera probablement jamais - en dehors de ces histoires de territoires, et que ma proposition lui apporte une joie que j'aimerais pouvoir ressentir réciproquement. Si je le pouvais, j'effacerais toute trace du passé qui me lie à cet homme que je n'aurais jamais dû voir, un être auquel je ne devrais plus penser. Mes mains deviennent moites et une impression que tous les clients de cette taverne me fixent me fait frissonner. Cependant, cela ne reste qu'une hallucination, une sensation toute fausse que je devrais chasser.

Je m'apprêtais à répondre dans un ton plus familier et chaleureux, mais les prochaines phrases de la Main d'Or me figent immédiatement. Une lueur d'incompréhension s'affiche dans mon regard, et ma main se resserre contre ma choppe sans que je ne puisse contrôler mes réactions qui me trahissent sans aucun doute. Je voulais demeurer impartiale, impénétrable tel un bouclier fait du métal le plus précieux de Fiore, or agir ainsi face à l'une de ses seules faiblesses est un crime impardonnable.

- « Nous avons fait tout ce chemin et tout ce que tu en conclus c'est que je dois... oublier ? »

Comment oublier la douleur et la haine que Rhéa et cet enfant m'ont fait subir ? Comment effacer de ma mémoire ces traumatismes insupportables qui m'ont amenés à suivre la voie de mon père, un homme que tout le monde méprise même si chacun exprime le contraire sous la lumière du jour ? Est-ce peut-être ma punition d'aimer ce qui doit être haï et de détester ce qui doit être adoré ?

- « Si je te propose cette aide, ce n'est pas pour me mettre en danger. Je suis bien plus intelligente que ça et si je voudrais faire toutes les délinquances possibles sans me faire repérer, j'en aurais le pouvoir sur-le-champ. Si je t'ai fait venir ici pour discuter de ce marché, c'est évidemment pour stopper tout ce cirque incessant et pouvoir dormir les deux yeux fermés. Si tu avais tant d'aide que tu le prédis, tu ne serais jamais venu à ma rencontre. Pourquoi, toi, as-tu accepté ce rendez-vous en premier lieu ? N'est-ce pas une raison suffisante pour te rappeler que tu n'es pas en mesure de m'ordonner d'oublier alors que toi-même tu n'en es pas capable ?! »

Mon ton hausse dangereusement, ce qui me force à me calmer dans la seconde qui suit. Mon impulsivité n'est pas autorisée à gâcher notre intimité ici ; rester anonymes est l'objectif numéro un avant de se laisser emporter par les mots que je ne voulais pas entendre.
Entonnement, je suis à court d'arguments. Kazuyasu a aisément réussi à me faire perdre toute répartie et je m'en trouve désarmée. Sa famille, le trio, Rhéa, l'enfant... tous ces sujets réunis se comparent à l'effet d'une bombe à retardements. Elle n'a pas encore explosée, mais j'entends son compte à rebours, lentement, contre mes tympans. Elle ne cesse de retentir, et ça me rend folle.

- « Tu veux juste être heureux, hein... tu n'es pas le seul. »

Je réajuste ma capuche en un geste sec et finis par plonger mon regard violacé contre le sien. Toujours aussi doré, il pourrait presque me faire retomber dans l'adolescence innocente, puérile et insupportable.

- « Si tu ne veux plus rien échanger avec moi, alors pars. Je n'ai plus rien à te proposer si tes mots sont égaux à ce que tu penses, Kaz. Je n'ai plus de temps à perdre avec des amours d'écoliers. »

Des amours d'écoliers. Cela n'a jamais été comme tel, mais en tant qu'Impératrice je ne peux me montrer sentimentale. Je hais ça, j'exècre les relations charnelles que deux personnes peuvent échanger dans une vie. Alors si ma haine est plus forte que mes propres envies, elle régnera pour l'éternité.


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Kazuyasu Roscius
Membre BG des Mains d'Or
Mar 6 Sep - 16:24

Des amours d'écoliers ?...

La situation dérape, trop vite. L'atmosphère de paix relative que nous avions réussi à tisser se dégrade à chaque mot que nous échangeons et pourtant je ne veux rien faire pour que ça s'arrête. J'en suis incapable. Mon cœur déborde, la tête me tourne, mes mains tremblent. Le vernis civilisé et diplomatique qui engluait notre conversation vient de craquer et nos véritables sentiments - nos failles, nos faiblesses, nos cicatrices, nos rancunes - apparaissent au grand jour, pour le meilleur et surtout pour le pire. Je mesure enfin le fossé qui s'est creusé entre nous, l'impact véritable que cette histoire tragique a eu sur Medea, les séquelles qu'elle aussi conserve, plus de quinze ans après.

Alors à tes yeux, ce qu'il y a eu entre Rhéa et moi, ce sont des amours d'écoliers ? Cette passion qui nous a fait commettre l'interdit, des amours d'écoliers ? Rhéa était la femme de ma vie, Medea. Tu ne comprends pas ? Je l'aime, je l'aime toujours, même après ce qu'elle m'a fait, ce qu'elle nous a fait, même après toutes ces années, je l'aime. Et c'est pour ça que je veux retrouver ma fille, l'incarnation de cet amour qui a été tout pour moi, qui est tout pour moi, ma seule raison de vivre. Et si je pouvais la retrouver elle, Rhéa...

Ma voix se casse, mon œil me brûle, comme si j'allais pleurer. Ce n'est d'ailleurs pas impossible que quelques larmes perlent sur ma joue. Je les essuie d'un revers brusque de la main, serre les dents. Je n'ai rien à faire là, toute cette situation est absurde. Je suis fatigué. Tellement fatigué. Mais je ne peux pas laisser le découragement me gagner de la sorte. Combien de fois j'ai failli baisser les bras par le passé ? Mais j'ai promis de ne plus fuir, de ne plus abandonner quiconque. Et maintenant, il y a Linh Yujin qui compte sur moi, et Aeon et Denrak, il y a Mukesha à servir et à protéger. Et Medea.

Si je suis venu c'est avant tout pour te revoir, tu sais. Je parle beaucoup de ma fille, je... Rhéa aussi mais... Toi aussi tu me manques. Malgré tout, nous avons passé de bons moments ensemble. Je m'inquiète pour toi. Pour nous. Je ne veux pas que nous nous retrouvions ennemis. Si la guerre se déclare...

Les mots me manquent pour exprimer le dilemme qui me tiraille. Si la guerre se déclare, je ne sais pas ce que je ferai. Le mieux serait qu'elle n'éclate jamais. Bien sûr je soutiens la couronne de Mukesha mais... Affronter Medea ? La considérer comme l'ennemi n°1 ? Mon ventre se tord à cette idée.

Tu désires réellement cette guerre, Medea ? Tu songes sérieusement à annexer Mukesha ?...




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Medea D. R. Saltarelli
Impératrice Boobzilla
Jeu 8 Sep - 2:04
Rencontre avec l'ennemi
Medea ft. Kazuyasu



Je veux qu'il se taise. Je souhaite plus que tout qu'il se taise.

Ses mots me font l'effet d'une lame plantée en plein coeur, telle une torture lente dans tous mes membres qui me donnent envie d'hurler sans que je ne puisse le faire au risque que la souffrance s'intensifie davantage. Je me sens répugnante, faible et loin de mon attitude fière et adulée d'Impératrice de l'Empire. J'ai l'impression d'être salie, usée et sans aucun intérêt face aux mots que Kazuyasu m'offrent dans une voix incertaine. Elle est tremblante, attristée, incompréhensive. Je commence à revenir à la surface de cet abysse sans fond, je ressens tous ces problèmes et leur poids m'ayant engloutie loin d'une réalité que je ne réalise pas ; que je ne veux pas réaliser. Sentant cette pression jouer avec mon corps et mon esprit, je secoue négativement la tête durant le dialogue comme pour chasser mes démons.

- « Je sais que tu l'aimes ELLE, mais je ne le comprends pas. Je n'y arrive pas et je n'y arriverai jamais. Si tu veux une belle réunion de famille, à toi l'honneur de faire en sorte que cela arrive ; mais je sais à quoi tu penses. Je sais ce que tu ressens maintenant, et je ne pourrai jamais l'accepter. »

l souffre, lui aussi.  Je le fais souffrir. Les belles histoires d'amour, les belles fins à l'eau de rose, ça n'existe pas et ça n'existera jamais. Pourquoi est-il aussi faible, aussi sentimental, même après toutes ces années ? N'a-t-il donc pas compris qu'il n'y a plus rien à gagner même en trouvant sa fille, si ce n'est du remord et des souvenirs douloureux rien qu'en croisant son regard ? Et puis, est-elle encore en vie ? Tant de questions trottent dans mon crâne que j'en créerais une migraine. Il ne sait rien sur elle, rien sur tout. Comment avoir encore espoir ? Comment aimer cette petite ? Et Rhéa... ses sentiments sont illusoires, elle est exécrable, horrible, insupportable, c'est impossible qu'on puisse l'aimer sincèrement. Cet homme est un paradoxe, Kazuyasu est un être tout aussi étrange et fou que moi.

- « Ne prononce plus son nom devant moi... cela me fait sortir de mes gonds. »

Je soupire doucement pour reprendre mon calme, ayant à nouveau baissé les yeux par lâcheté. Je n'arrive pas à retrouver les siens. C'est trop douloureux, bien trop enfantin et hypocrite comme échange. J'ai bien d'autres choses à faire, à penser. Pourtant, me voilà ici aujourd'hui, dans une taverne perdue, en rendez-vous secret.

- « Je ne veux aucunement que tu deviennes mon ennemi. Tu es un mage, mais pourtant l'une des seules personnes qui me ferait maudire Raijin s'il t'arrachait de mes mains. »

« Si Raijin t'arrache de mes mains, je le maudis ». Voilà une phrase que je lui ai déjà dite lorsque nous étions plus jeunes. Si quelqu'un connaissait le nom des uniques personnes encrées dans mon être, je serais encore plus impitoyable que je le suis à ce jour. Malheureusement, mon honneur, mon trône et mon peuple passe avant le reste. Même Alfio. Même Kazuyasu.

- « Je veux agrandir mon territoire, mes terres, l'amour et la joie de mon peuple. Si nous pouvons atteindre nos objectifs sans lever les armes, je ne dis pas non. Cependant, nous savons très bien que c'est impossible, alors je ne tremblerai devant rien si je dois entrer sur le champ de bataille pour Aelius. Je sais que tu n'es plus de ce côté de l'archipel, maintenant, et c'est tant mieux. Je ne sais pas ce que tu serais devenu si tu étais encore là-bas. Tu es maintenant un bel homme, courageux, svelte et toujours aussi honnête ; tu as raison de ne pas trahir tes confrères et de rester sur la voie de la raison. Je n'y suis plus depuis longtemps et n'y retournerai jamais ; je suis Medea Saltarelli, réputée pour être une femme sanguinaire, sans coeur et déloyale. Je ne nie pas ces traits de ma personnalité, je suis ignoble et j'en aime presque ça. Pour toi, cependant, une part de la jeune princesse que j'étais jadis se manifeste encore un peu quand je te vois. C'est plus fort que moi, je crois. »

Mes phrases s'alignent automatiquement, de façon naturelle, spontanée et étonnement douce. Je n'aime pas vraiment agir dans la subtilité, mais si j'avais quelque chose à lui dire, c'était maintenant ou jamais. Notre prochaine rencontre ne sera sûrement pas dans des conditions agréables, et il se peut même qu'elle se fasse les armes à la main.

- « Je préfère te parler ainsi maintenant avant qu'il ne soit trop tard. Je ne t'en voudrai pas si tu tentes de me tuer, ce serait même un honneur que de mourir par ton arme... »

Je ricane légèrement, mais l'atmosphère ne se détend guère. Je sens Kazuyasu m'échapper, ma mémoire se distordre. Je déteste perdre, je ne supporte pas lorsque je n'ai plus de supériorité et de pouvoir sur les personnes qui me sont chères. Je suis un ange qui a perdu ses ailes depuis longtemps, et qui tombe infiniment dans mes abysses.


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Kazuyasu Roscius
Membre BG des Mains d'Or
Jeu 8 Sep - 3:30

Elle change. Sous mes yeux, elle change. Je cligne de l'œil comme pour reprendre mes esprits, chasser la poussière qui serait venue fausser ma vision, mais rien n'y fait : elle change. Au fur et à mesure que ses mots - doux, durs, terribles, cruels - se déroulent et coulent, Medea se transforme sous mes yeux. La princesse que j'ai connu fond, son image s'estompe, ses couleurs se délavent, et l'Impératrice surgit. Dure, implacable. Folle.

Trop de temps s'est écoulé depuis notre séparation précipitée. Dans ma fuite, j'ai emporté avec moi une image qui ne correspond plus à la réalité. La Medea que j'ai connu, la jeune fille enjouée, intrépide, narquoise et adorable, est morte. Son cadavre reposera à jamais dans le tombeau scellé à double tour de mon cœur où s'entassent déjà trop de souvenirs brisés. J'ai un long frisson d'horreur. Je ne sais plus qui est cette femme, magnifique dans sa douleur, qui me parle. Cette femme sublimée par la fêlure de son âme. Elle me fascine et me révulse à la fois. Ô, vertige de l'illusion qui prend fin !

Mais non. Elle le dit elle-même ; Medea la princesse existe toujours quelque part en elle. Et il y a cette phrase, ce serment, cette insulte à Raijin, surgie du fond du temps comme pour relier les deux femmes qui se superposent devant moi, celle qu'elle est et celle que je voudrais qu'elle soit encore. Un lien ténu, en forme de promesse, qui rend possible la coexistence des deux Medea, l'une avec l'autre, l'une dans l'autre.

Je ne prononcerai plus jamais son nom devant toi, promis. De toutes façons, j'ai peur de ne pas en avoir l'occasion. Malgré nos positions influentes dans ce monde, nous ne sommes jamais que deux pions sur l'échiquier... Quand bien même nous voudrions faire la paix entre nous deux, des forces encore plus grandes se mettent sur notre chemin. Des forces nommées Aelius et Mukesha. Nous ne pouvons qu'être des ennemis, Medea. Tâchons d'en être de bons.

J'ai mal d'avoir compris. Mal d'avoir compris que rien ne sera plus comme avant, mal d'avoir compris que je m'étais bercé d'illusions, que je vivais avec une fausse image de la cruelle réalité. J'ai mal d'avoir compris qu'à l'instant où nos chemins se sépareront de nouveau, ils ne se recroiseront que sur un sol gorgé de sang. Elle l'a déjà compris depuis longtemps, si longtemps. Medea la princesse et Kaz le mage masqué appartiennent au passé. Place à l'Impératrice Saltarelli et la Main d'Or Roscius. Deux personnes qui ne pourront plus jamais être amies.

Je me lève pour partir. Sur le comptoir, je laisse tomber une poignée de pièces, suffisamment d'argent pour régler nos deux consommations et sans doute une vingtaine d'autres, à voir la tête du tavernier. C'est ma tournée, les gars. Bientôt, vous n'aurez que vos larmes à boire.

Si je dois te tuer, alors que ce soit sur le champ de bataille. Pas dans cette auberge sordide perdue au fin fond de cette île de malheur. Que ce soit un acte noble, dans les règles de l'art de la guerre, et pas un assassinat sordide. Ce serait te faire une insulte impardonnable.

Dehors, c'est l'orage qui m'accueille.
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Medea D. R. Saltarelli
Impératrice Boobzilla
Jeu 8 Sep - 4:02
Rencontre avec l'ennemi
Medea ft. Kazuyasu



Il a écrit notre testament, il a prédit notre futur. Nous ne sommes voués qu'à mourir l'un ou l'autre, dans des conditions déplaisantes et que je n'aurais jamais souhaité. Il me découvre, comprend mes peines, mes changements, la vie que je mène et la personnalité que je m'attribue aujourd'hui. Plus rien n'est pardonnable, je ne peux plus changer le passé et Kazuyasu Roscius s'en ira, continuera son chemin loin de ma vie, proche d'une autre, aveuglé par son souhait de retrouver sa famille qui ne pourra jamais se compléter.

Mes sentiments me trompent, mon coeur me pèse. Devoir effacer tous les mots que je pouvais lui attribuer sous nos beaux jours pour graver son statut d'ennemi dans une encre de sang et une écriture tremblante est la pire chose que l'on puisse demander à une Impératrice aussi éhontée et démoniaque que moi. Je n'inspire qu'un mépris profond et ma place pour l'enfer auprès de Chi est déjà commandée. Que je meure à n'importe quel instant n'a jamais eu tant d'importance ; mais mourir de ses mains l'est.

- « En effet, les nations ont la supériorité sur nos propres relations personnelles. Je ne peux te qualifier qu'en tant qu'ennemi, à mon plus grand regret, mais s'il y a bien quelqu'un que je combattrai à la loyale jusqu'au bout, ce sera toi et personne d'autre. »

Mon cerveau ruisselle d'images traumatisantes de toutes les conclusions possibles à notre histoire. Notre lien est damné, sa famille est maudite. Je ne peux plus rien faire contre cela, et je le vois s'éloigner infiniment de moi. Je ne suis plus une princesse et il n'est plus un voleur, la belle et la bête ont inversé leurs rôles. Mes rugissements ne le feront jamais revenir, je suis vouée à laisser le destin parler à notre place. Notre prochaine rencontre sera redoutable, déplaisante ou fatidique, qui sait. Je la redoute amèrement et l'appréhende à la fois. Quand pourrais-je le revoir... ?

Le son des pièces retentissant sur la table annoncent la fin de notre rendez-vous. Le temps aurait pu s'écouler lentement ou plus du tout je n'en aurais tout de même pas eu assez pour expliquer tout ce que mon âme voudrait exprimer. Malheureusement, la fin arrive, sans qu'aucune conclusion joyeuse ne se fasse, sans que je ne puisse remonter complètement des profondeurs abyssales où je me suis enfouie par delà mes traumatismes, mes craintes et ma colère. Par ma faute, j'ai perdu cet homme qui se dévoue pour d'autres causes que moi. Tout ce que je voulais s'est dissipé.

- « Alors lorsque la mort nous guettera, toi ou moi, face l'un de l'autre, j'agirai également dans une loyauté blanche. C'est difficile à croire de ma part, mais tu as ma parole. »

Au plus profond de moi, je souhaite qu'il soit celui achevant mes souffrances, entendant mon dernier souffle. Il est le seul méritant de mon meurtre, l'unique pouvant faire cesser mon coeur de battre une seconde fois, et pour de bon.

Une fois notre conversation éteinte, je décide moi aussi de quitter les lieux, le suivant sous l'orage menaçant dans les nuages jusqu'à son moyen de locomotion. Raijin nous guette et nous bannit déjà de cet endroit, source de nos retrouvailles. Je ne peux ignorer l'entente et la vue de la foudre, tout coïncide avec le chaos qui s'installe. Autant se dire adieu.

- « Nos chemins se séparent ici. Puisse ton retour se dérouler sans encombres, et adieu. »

Mes yeux obscurs se relèvent une dernière fois pour profiter de son or merveilleux - sa lumière que je ne pourrai plus m'approprier. Ma mèche violette retombe doucement contre mon nez, et un sourire sincère, un sourire qui ne sera décerné qu'à lui orne mon visage. Loin des regards, perdus sous le début de pluie, je m'avance d'un pas pour supprimer temporairement la distance qui envahira notre lien pour toujours et scelle mes lèvres contre les siennes.

Je n'entends plus le tonnerre. Mon ouïe ne revient qu'après ce geste, et je décide de m'enfuir sans me retourner.


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Rencontre avec l'ennemi ♦ w/ Kazuyasu [TERMINÉ]
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