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Entre ciel et terre

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Goujat Guérisseur
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Dakeyras Vendar
Goujat Guérisseur
Lun 3 Oct - 22:22
VENDAR Dakeyras
Âge : 24 Ans
Métier : Apothicaire - Guérisseur
Nation : Aelius
Poids : 79 Kilos
Taille : 1m87
Orientation sexuelle : Hétéro

Don / abilités : Il ne possède pas de magie. Toutefois, il se sert de son savoir pour concocter aussi bien des poisons que des écrans de fumés et autre poudre tout aussi inquiétante qu’intrigante. Aussi, c’est un escrimeur de tout premier plan grâce notamment à sa rapidité d’exécution.

Marque :
Signe(s) distinctif(s) : L’homme aime parader dans des vêtements plus riches que ne le suggère sa profession. Sur son passage, il laisse derrière lui un doux parfum de jasmin et quelques notes parfois lorsque l’envie lui vient de jouer de sa flute traversière qui trône fièrement à son ceinturon. Amateur de tabac de qualité, il n’est pas rare de le voir fumer sa fine pipe qu’il pince entre ses lèvres qui révèlent au moins autant de mensonges que de vérités.
Rumeurs : On raconte qu’il aime les plaisirs de la vie plus que quiconque et qu’il possède quelques boutiques ici et là. On le sait passionné par son métier qu’il exerce dans la capitale. Bourgeois sans être noble, son passé reste obscur et nul ne sait réellement qui il est au juste. De plus en plus, il n'est pas rare que certains font référence à lui en le surnommant le "marchand de rêves".
Tout porte à croire que c'est parce qu'il redonne la santé à ses patients. Les rumeurs les plus nauséabondes font plus référence à son abus, sa pratique et sa médecine basé essentiellement sur les drogues.. Mais qui sait réellement?

Séduisant
Cultivé
Mystérieux
Cynique
Opiniâtre
Charismatique
Observateur
Patient
Dépendant
Artiste
Faux
Excentrique
Caractère :
C’est un goujat. Un homme sans inhibition, il est exécrable et pourtant… Si attirant. Ses yeux m’ont ensorcelé, je vais le dénoncer à l’inquisition, car je suis persuadé qu’il a le don de toucher le cœur des innocents. Moi qui suis issue d’une famille aux mœurs irréprochables. Moi qui suis venue prier le dieu Raijin, j’ai découvert son ennemi le plus proche près de l’autel. Je l’ai d’abord cru animé de la même flamme que moi, habité par la même foi et le même dévouement. J’ai baissé ma garde lorsqu’il m’a souri. J’étais désarmé par son regard et par ses mots. Des mots qui m’ont conduit à le suivre à la terrasse d’un riche café. L’endroit était agréable tout comme sa compagnie. Plus encore lorsqu’il m’a parlé de poésie et d’art. Certaines personnes l’ont salué. Il m’a dit être un guérisseur et qu’il n’était pas rare que ses patients le remercient en pleine rue.

Nous avons déjeuné ensuite. Il était toujours souriant et serviable. J’étais aux anges. En mon cœur j’ai remercié le divin de m’avoir rapproché d’un de ses croyants. A la fois mystérieux, à la fois bavard, il finissait les phrases que j’avais commencé si bien que je pensai l’avoir connu de longues dates. Il me devinait et derrière mes paroles et mes manières courtoises et modérés, il avait su déceler le désir grandissant qui était le mien. Je le confesse je le voulais. Alors que nous nous promenions dans les rues, ma main a glissé dans la sienne et dès lors j’étais sous son emprise. Il m’a embrassé ou peut être qu’en y réfléchissant, c’est moi qui est succombé.

Ensemble nous sommes allés écouter quelques artistes et lui-même s’est joint à eux pour jouer de la flûte. S’il ne m’avait rien dit sur sa profession première, j’aurai juré qu’il vivait de son instrument : Il était parfait. Avec lui cette journée s’est écoulé sans que je puisse réellement avoir une notion du temps qui s’échappait. La nuit est ensuite arrivée. Il faisait froid et près de lui j’avais chaud… Nous avons fait l’amour et cette nuit a tenue toutes ses promesses. Et le rêve s’est terminé là. Il est devenu ensuite distant et parfois grossier. Il cherchait sa pipe comme si sa vie en dépendait et n’avait ensuite dieu que pour elle. Il me regardait avec mépris et ses paroles douces et sucrés se sont changé en coup de poignard et d’épée. Il médisait de la société actuelle et de la religion. Il trouvait que cela était une farce. Que vouer un culte à quelque chose que personne n’avait même jamais vu était sordide et que cette pratique appartenait au passé. Vivre libre et penser par soit même, c’est ce qu’il me répétait.

J’ai si honte de m’être donné à lui. Tellement que je préfère oublier cette histoire et lui avec. Mais, j’ai beau essayer, je n’arrive pas à le détester réellement. Peut-être qu’au fond de moi je ne veux m’avouer qu’il avait parfois raison. J’ai assouvi mon envie dans le vice et je ne peux le blâmer sans me remettre moi-même en question. Vivre libre au final… Qu’est-ce que cela signifiait vraiment ?
Histoire :
Minuit. A la périphérie de la capitale, dans son antre richement tapissé. Là où le cuir tanné côtoie la soie. Où les arabesques sculptées dans le bois noble reflètent les flammes des lampes à huile qui peinent à éclairer l’endroit. Là il demeure.  Affalé sur un canapé, les volutes de fumée et les promesses de sa pipe embrasent son esprit en feu alors que lui reste presque immobile face au balcon. Une fine pluie venait de recouvrir les carreaux de ses portes battantes qui laissaient passer un vent froid et obscur. Bien que sous l’effet de la drogue, son regard de jeune loup mordait les nuages sombres qui s’amoncelaient au loin. Des décharges de lumière sillonnaient à présent le ciel. Des éclats de lumières qu’il observait avec défiance et insolence. Dieu ? Il n’y croyait pas. Les mains crispées, son verre de vin finit par se renverser sur le sol. Le rouge carmin s’écoulait pour finalement s’imprégner sur le tapis.  Cette scène le fit sourire amèrement et sans même y faire attention, il venait de glisser dans les limbes de son passé. Sur une des pages du début, abimé et terni par le temps qui s’en va. Une page appartenant à ce livre qu’est sa vie. Un livre aujourd’hui fermé, mais qu’il ouvre une dernière fois pour en faire la lecture à une silhouette imaginaire, née de sa dépendance.

Je ne devais pas avoir plus de dix ans. Ma mère et moi avions coutume de nous rendre à la lisière des bois. Nous résidions alors dans l’arrière-pays. L’empire avait annexé récemment quelques terres et continuait sans cesse de s’étendre. Chaque jour, l’armée écrasait les dernières poches de résistance et avec elles tombaient des cultures et des modes de vie différente de la doctrine de l’empire. Elle se répandait comme une maladie, comme la peste. Cependant, au milieu de ce chaos ambiant, j’étais heureux et j’étais en paix, car mère était avec moi. Issue d’une famille modeste, elle avait tôt fait de quitter le cocon familial pour ne plus être une charge pour ses parents. Sa nature bienveillante et protectrice l’ont conduit à devenir guérisseuse.

Chaque jour, elle sillonnait les terres et faisait plusieurs kilomètres pour aider les foyers isolés. Elle soignait les gens qui réclamait son aide. On ne l’a payait que rarement et lorsque c’était le cas, ce n’était pas avec de la monnaie sonnante et trébuchante. Non, des poules, du maïs et du blé, quelques sacs de farine… Voilà ce qu’était sa solde pour ses bienfaits quotidiens. Moi, je suis né quelques années plus tard. Jamais elle ne m’avait parlé de mon père alors jamais je n’ai demandé. Pas même lorsque les pères allaient avec leurs fils à la pèche. Pas même lorsqu’ils venaient les chercher à l’école. Je n’étais pas triste, car elle était toujours là pour moi. Quand j’avais soif ou que j’avais faim. Quand il faisait froid ou que ça n’allait pas, son seul sourire suffisait à balayer les maux qui me hantaient et il me plaisait à penser que j’étais l’enfant le plus heureux qui soit.

Ainsi, passé l’âge de raison et que je n’avais pas école, je l’accompagnais régulièrement. Soit pour cueillir quelques fleurs médicinales, soit pour nous rendre auprès de nos voisins afin de veiller à leur santé. Avec le temps et malgré ses efforts, elle n’a pas pu me faire oublier ses regards déplaisant qu’on lui lançait. Fille de rien, sorcière, et d’autres mots plus abjects encore n’ont cessé de pleuvoir sur elle ou sur moi. Jamais elle ne répondait, elle se contentait de me boucher les oreilles tout en m’éloignant rapidement. Ces gens, plutôt que de combattre l’envahisseur, ils se plaisaient à dégrader une femme qui leur venait en aide sans que jamais je ne sache pourquoi.

Mais tout ceci n’était rien en comparaison de cette nuit. Une nuit aussi sombre que mon âme aujourd’hui. Une nuit où Raijin avait envoyé ses cavaliers pour se défaire une fois pour toute de ses ennemis. L’empire en avait assez de ses paysans qui lui résistait. Les morts s’entassaient ici et là dans la boue où sur le pavé aux coins des rues. Le sang se mêlait à la pluie qui tombait. La foudre illuminait le ciel et le visage terrifié des uns et des autres. C’était la débandade. Le tonnerre s’était lui aussi invité. Il grondait avait de rugir et d’éclater. Les plaintes et les cris se mélangeaient à la fougue du dieu vengeur qui riait. Le fer s’entrecroisait de toutes parts et innocents comme résistants tombaient sans distinction dans ce qui était devenu un charnier. Je me souviens encore de ma main frêle et froide tenue fermement dans celle de ma mère, chaude et ô combien salvatrice. Elle me répétait que tout irait bien, que nous devions fuir et que tout ceci ne nous suivrait pas là nous irions.

J’ai bu chaque parole et est même esquissé un sourire de soulagement. Là voire aussi calme dans cette tempête, aussi brave au milieu des lâches me redonnait espoir et courage alors que tout autour de moi sentait la peur et la rage. Vint ensuite l’inévitable. Matérialisé par cette lame au clair sur laquelle se reflétait la pale lueur du clair de lune. Assassine, elle venait de faucher la vie de celle qui était tout pour moi. Je vis mon havre de paix, ma raison, mon sanctuaire se briser devant moi sous les traits de ce corps inanimé qui il y a quelques secondes encore brulait d’un courage saisissant et noble. Dès lors, plus rien n’avait de raison ni de saveur. Plus rien n’avait d’intérêt.

De retour au présent pour quelques instants. Alors que l’homme se lève, il titube et manque de tomber avant de se rattraper sur les portes battantes. La pluie a cessé et la ruelle en dessous s’agite à nouveau. Les vendeurs à la sauvette refont surface et propose lotion et parfum à ses demoiselles qui sillonnent l’avenue. De partout s’allument les lampes à huile et la rue retrouve alors son élan et son dynamisme. Et si les brebis sont de sortis, l’on retrouve inévitablement les loups aussi. Quelques voleurs s’adonnent à la fouille pendant que leurs acolytes font diversion en proposant monts et merveilles aux passants devant leurs étalages. C’est un cycle sans fin, on récolte ce que l’on sème et à jamais on est ce que l’on est. Et c’est à travers cette jeune âme en dessous qui dérobe un collier qu’il replonge à nouveau dans son passé. La silhouette l’a rejoint sur le balcon, elle prend subitement les traits de sa mère qui le regarde d’un air neutre, s’impatientant simplement de la suite de son histoire.

L’empire venait de prendre un peu plus le contrôle de l’arrière-pays. Le clergé était arrivé pour prier en faveur des nobles âmes, des quelques vaillants qui avaient péris pendant cette folle nuit. Avait-on jamais parlé de ceux tombés alors qu’ils n’avaient rien fait ? Comment regarder vers le ciel et vénérer un dieu qui laisse faire ses croyant lui vouer un culte aveugle et ô combien sanglant ? A ces questions je n’avais nulle réponse. Ma mère louait souvent Chi pour ses bienfaits, mais elle n’était pas apparue lorsque nous en avions le plus besoin. Toutes ses questions sur la vie et la mort, sur les dieux et sur ce qu’ils apportent, je me les posais face à cette pierre qui reposait sur le sol meuble où ma mère demeurerait à jamais. Les bouts de mes doigts étaient en sang, mes mains fines et fragiles me brulaient. Les contusions d’avoir tenue une pelle trop longtemps étaient à l’origine de mon mal, mais ce n’était rien face à ce qui me rongeait de l’intérieur. D’une vie passée à veiller sur moi et sur des étrangers, il n’en restait rien. Ni sermon et ni épitaphe, il n’y avait que moi accompagné de mes nouvelles compagnes qu’étaient la tristesse et la vengeance.

Perdu, l’objet de mon désarroi était à présent dans ma main. Cette épée qui avait pris la vie de ma mère, je m’en servirai pour voler la vie d’un soldat. Caché au coin d’une bâtisse, j’attendais mon heure. Étrangement je n’avais pas peur. Je savais ce que j’avais à faire et n’avait aucunes craintes des conséquences à venir. J’étais déjà mort. Alors que la lame vacillait dans ma main sous l’excitation et l’envie d’assouvir ma vengeance, je vis le monde s’évanouir sous mes yeux. Quelques heures plus tard, j’ai réalisé que c’était moi qui m’étais évanoui. Ma nuque me faisait horriblement mal et ma lame avait disparue. J’étais allongé sur une peau de bête à même le sol dans ce qui ressemblait à un petit cabanon. Seul les flammes de la cheminé illuminaient l’endroit pour donner un semblant de chaleur à cette épave. La nuit était là et avec elle quelques vents sinistres malmenaient les fragiles murs en bois.

Par un carreau d’une fenêtre, j’observai au dehors. J’étais dans une clairière reculée et ce lieu m’était familier. Oui, je me souvenais. Quelques fois, mère et moi nous rendions ici pour acheter des plantes qu’on ne trouvait pas dans la région. Et l’occupant de cet endroit… Cette femme aux yeux gris, elle me faisait froid dans le dos. Assise sur un fauteuil à quelques mètres de là, je me souviens encore de son regard perçant et dénoué d’émotion quelconque. Un pantalon strict et une chemise l’habillait. Par-dessus, elle avait simplement un châle qui cachait ses bras. Bien que le silence régnât en maitre sous le crépitement du bois qui brulait cette nuit-là, j’entendais une voix.

Une voix d’outre-tombe, celle de ma mère. J’étais à la fois paniqué et emplit d’une joie retrouvée. Soudainement, je n’étais plus dans ce cabanon. Non, j’étais de retour au village où nous vivions, mais certaines enseignes étaient différentes. Même les visages, pour ceux que je reconnaissais, étaient plus jeunes, mais semblait inquiet. Moi, je cherchai encore ma mère, mais sans la trouver, je courais en tous sens pour finalement entendre quelques cris. Il s’agissait des siens. Elle était au sol et presque nue. A l’image des autres, elle était aussi bien plus jeune. Blessé, elle se débattait contre l’horrible soldat qui était sur elle… Fou de rage, je courais vers cette immonde personne, mais je n’ai pu que traverser la scène. A nouveau, j’étais dans un autre endroit. Ou plutôt, j’étais de retour ici, dans ce cabanon. Ma mère était enceinte et me mettait au monde et auprès d’elle, la dame aux yeux gris était là.

J’étais témoin de mes propres cris et de ma naissance. Soudain, tout s’arrêta.  Haletante, je retrouvai cette femme assise, mais essoufflé et le teint malade. Je compris en cet instant ce qui s’était déroulé. Elle était une magicienne et m’avait alors plongé dans mon propre passé. J’étais admiratif. A la fois de ce don inouïe qu’elle possédait, mais surtout de la bravoure de ma mère. De ce qu’elle avait enduré sans que jamais elle ne me fasse douter de l’amour qu’elle avait pour moi. Je compris nombres de choses et notamment les regards mauvais qu’on nous lançait jadis. Les lâches blâmaient cette forte femme de m’avoir gardé, mais jamais ils ne se sont remis en question lorsqu’il s’agissait de sonder leurs propres âmes. Ils ont laissé cela arrivé et à présent nombre d’entre eux demeurent dans un charnier, sans vie et maudit par mes larmes.

Un temps déjà venait de s’écouler. J’avais grandis et était entré dans l’adolescence. Ma soif de vengeance était devenue toute relative. Je m’étais installé chez Ema. Avec le temps j’ai appris à la connaitre. Amer, mais ô combien attentive et cultivée, nous avions passé un accord tacite. Je l’aidai dans toutes ces tâches et en contrepartie elle s’engageait à faire de moi une personne qui pourrait avoir les moyens de ses ambitions quels qu’ils soient. Elle m’enseignait la lecture et l’écriture, les règles arithmétiques et les sciences. Tout particulièrement celle de soigner les maux. D’être attentif avant de poser un diagnostic. Elle n’était pas médecin, mais guérisseuse. La frontière entre ses disciplines était mince, mais elle tenait à ce titre qui comme son nom l’indiquait, consistait à guérir les autres.

Elle regardait toujours les gens de travers. Elle n’aimait personne. J’ai d’abord pensé qu’elle était ainsi. Que si une personne comme ma mère existait, son alter égo devait elle aussi être de ce monde. Et pourtant je n’ai jamais senti de haine ni de méchanceté. Non, c’était autre chose. La haine, j’en avais fait l’expérience et jamais réellement elle ne m’avait quitté. Avec le temps, j’ai compris que son comportement pouvait provenir de son don. De cette connaissance du passé de chacun et des événements. Ainsi tous autour d’elle, nous étions comme des livres ouverts qu’elle pouvait feuilleter à loisir, mais tout avait un prix. Confronté à la vérité, elle s’était renfermée sur elle-même et moi, moi j’espérais être son havre de paix. Celui avec qui elle pouvait parler. Elle savait tout de moi et derrière ce facies j’espérais secrètement qu’elle m’appréciait aussi.

Longtemps j’ai sillonné les routes comme un jeune guérisseur itinérant. Ema, ne m’accompagnait plus. Si j’appréhendait son absence au début, j’ai vite vu que j’étais à la hauteur. En croyant les maux et non les mots, en cherchant la vérité dans les symptômes et non dans ce que les patients pouvaient dire, je cernai la maladie et établissait un remède. J’avais lu tous les livres qu’elle m’avait confiée. J’avais appris à parler avec intelligence et à me mêler aux autres alors que la plupart du temps je vivais reclus. J’étais devenu un adolescent accomplit et l’amour seulement m’échappait encore. Mon aversion pour l’empire était aussi intacte, mais comme je l’avais dit, relatif. Le fort piétine le faible. Ainsi va le monde. Si Aelius ne s’était pas emparé de notre province, un autre aurait fini par le faire.

Je passais de moins en moins de temps avec Ema et de plus en plus de temps sur les sentiers et les marchés. Je sentais que le monde m’appelait. Toutefois, j’étais toujours attaché à Ema. Elle était de plus en plus faible et parfois son pouvoir lui échappait totalement. Je me souviens m’être retrouvé dans cette ruelle accompagnée d’une petite fille qui pleurait. Je me souviens qu’elle courait pour échapper à des poursuivants. J’étais dans son passé. Dans ses peurs aussi. Elle était traquée et n’avait d’autres choix que de se cacher pour survivre et de voler pour subsister.

Seule, elle l’avait été toute sa vie jusqu’à rejoindre un groupuscule de bandits. Des voleurs et des escrocs. Des gens qui étaient ce qu’ils paraissaient. Des livres qu’elle n’avait pas besoin de feuilleter pour découvrir ce qu’ils renfermaient. L’insouciance jusqu’au jour du jugement divin. Lorsque sa cache fut découverte et que les siens furent tué ou embarqué pour plus tard, être jugé et condamné. Je me souviens aussi de cet homme qu’elle avait aimé. Un homme pour qui chaque jour elle faisait des efforts inconsidérés pour taire son don jusqu’à ce noyer elle-même dans des drogues pour fuir son habileté.

Et puis au cours d’une nuit, alors qu’elle avait oublié son remède qui avait tout d’une maladie, sa magie l’a guidée dans le passé de son aimé. Elle le vit l’a tromper. Elle le vit vendre des informations sur d’autres qui comme elle, possédait un don. La nature cruelle et abjecte de ce dernier avait façonné son être à jamais. C’est ainsi qu’elle partit s’isoler. Loin de tous, loin de ce monde que je souhaitai découvrir. J’ai passé une dernière année en sa compagnie. La drogue et son don l’avait affaibli et son amertume avait tari ces dernières envies de vivre. Il me plait à croire que ma rencontre avec elle avait été comme un défi pour elle. Comme une dernière volonté d’offrir à un enfant une existence et une chance dans ce monde qu’elle haïssait tant.

Par une nuit et après l’avoir enterrée près de la tombe de Mère, j’étais parti. Sans un dernier regard derrière moi, sans un au revoir. Mon cœur était habité par l’amour maternelle que je vouai à ma mère et par le profond respect que j’avais pour Ema. Certes, je n’avais pas son don. Toutefois, j’avais hérité de sa méfiance pour les autres. De son expérience, de cette force qui est de paraître et non d’être. Tous ces faux semblants qu’elle a toujours su déceler, je m’en suis paré pour devenir un être qui jamais ne serait déçu, car jamais je ne ferai confiance. Mon amour reposerait dans deux tombes pour toujours. Mes yeux n’avaient encore rien vu ou presque du monde, mais mon âme avait été frappé par la connaissance du passé d’une autre. A présent, mes choix détermineraient mon sort. Guérisseur itinérant, je soignai le jour et trompait ma solitude la nuit avec ses demoiselles qui me parlaient d’amour ou juste d’envie. Les plaisirs de la vie, je les ai faits miens. N’avoir rien quand on a été privé de tout et aujourd’hui, avoir tout sans jamais se priver de rien. Et pourtant je n’ai jamais réussi à tromper ma solitude et ma nostalgie. Jamais si ce n’est autour d’un délice d’opium qui causera ma perte un jour assurément.

Le don du commerce m’habitait et ma culture et mes connaissances m’élevaient au-dessus des autres. Bourgeois sans être noble, mère, je te confis cela aujourd’hui. Il y a tant d’autres choses que je garde pour moi et que je te révélerai peut-être une autre fois. Je sais que je suis loin d’être ce que tu avais prévu pour moi. Mes larmes coulent et mon cœur saigne quand je repense à cette nuit ou l’orage m’a tout pris. Les faibles périssent et les forts prospèrent. C’est la seule vérité qui existe et c’est là mon ambition dévorante et qu’importe les moyens employés. Puissiez-vous Ema et toi mère, demeurer en paix et m’attendre jusqu’au jour où ensemble, nous serons réunis.

Pseudonyme : Saga
Âge : 25 ans
Commentaires : Merci pour votre accueil
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Pouvoir : Feu
Personnage illustrateur : Luke Fon Fabre - Tales of the Abyss
Messages : 197

Age : 21
Valerio fucking Thorpe
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Valerio Thorpe
Valerio fucking Thorpe
Lun 3 Oct - 23:01
WOOOOOOOOH ! ELLE VIENT CETTE PETITE FICHE ELLE VIENT WOOOOO *LANCE DES CONFETTIES*

Courage pour ta fiche ♥♥♥ Hésites pas si tu as des questions !
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Invité
Invité
Mar 4 Oct - 2:31
Bienvenue !! \o/ ♥
L'avatar est superbe, et les rumeurs promettent déjà! Courage pour la fiche!
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Personnage illustrateur : Kasen Kanesada de Touken Ranbu
Messages : 59

Age : 26
Prince et Tacticien d'Aelius
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Alfio Loris Saltarelli
Prince et Tacticien d'Aelius
Mar 4 Oct - 3:03
Bienvenue ♥






''The feelings concealed in the innermost depths of my heart...throb with a gentle smile''

Je vous chante en #9370D8
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Personnage illustrateur : Asch - Tales of the Abyss
Messages : 208

Age : 23
Inquisiteur avec un Inquisi-coeur
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Valente Thorpe
Inquisiteur avec un Inquisi-coeur
Mar 4 Oct - 14:16
Bienvenue Dakeyras ! Le métier est original et les rumeurs prometteuses, j'ai hâte d'en savoir plus






Skyblog officiel de Valente fait par Kazu la légende
Arrêtez de me juger
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Messages : 14

Goujat Guérisseur
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Dakeyras Vendar
Goujat Guérisseur
Dim 9 Oct - 16:18
Fiche terminée. Merci pour votre lecture prochaine. :)
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Pouvoir : Métamorphe en une créature aquatique humanoïde
Personnage illustrateur : Emeraldas - Albator
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Age : 34
Terreur des mers
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Megan Reeves
Terreur des mers
Dim 9 Oct - 18:55
Hi there


Une fiche bien sympa avec une histoire très fournie que voilà. Cela dit, j'ai une question qui subsiste : de ce que j'ai clairement compris, Dakeyras est originaire de Mukesha, et il a été pas mal itinérant. Dans ce cas, pourquoi demander d'intégrer le groupe d'Aelius, dans les infos en haut de ta fiche ? Est-ce parce qu'il est originaire de la province qui est actuellement Nova Aelius, et qu'il compte faire son commerce dans l'empire ( voire s'installer définitivement quelque part à Aelius et ouvrir sa boutique ), ou une raison spécifique ?


Hormis cette incompréhension de ma part, je n'ai pas grand chose à redire sur ta fiche personnellement. Voilà voilà, j'attends tes éclaircissements :3




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Messages : 14

Goujat Guérisseur
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Dakeyras Vendar
Goujat Guérisseur
Dim 9 Oct - 19:45
Coucou Megan.

Effectivement il est a present sujet de l'empire qui a annexe la terre dont il est originaire. De plus de part son ambition et son passé il n'a qu'in lien reel en terme de patrie et c'est avec l'empire.
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Pouvoir : Métamorphe en une créature aquatique humanoïde
Personnage illustrateur : Emeraldas - Albator
Messages : 24

Age : 34
Terreur des mers
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Megan Reeves
Terreur des mers
Dim 9 Oct - 20:07


BIENVENUE SUR HYPÉRION !


Dans ce cas, impeccable. L'histoire et l'âge de ton perso sont cohérents avec les dates du lore, donc je ne vois pas d'objection à ta validation :3 Par conséquent ...

Te voilà validé à Aelius ! Après avoir recensé ton avatar dans le bottin, tu peux désormais t'aventurer sur le chemin du RP et aller faire ta fiche de relations si tu aimes créer des liens prédéfinis avant de passer aux choses sérieuses. Sinon, tu peux tout de suite faire une demande de RP ! Pour plus d'informations si tu te questionnes encore sur l'univers, n'hésite pas à fouiller dans la FAQ du forum et à te rendre sur le guide du nouveau pour retrouver tous les articles indispensables à (re)lire ! Tu peux également MP l'une des deux admins ou le compte fondateur.

Nous te souhaitons un excellent moment sur Hypérion, et bonne chance




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Personnage illustrateur : Camilla - Fire Emblem Fates
Messages : 259

Impératrice Boobzilla
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Medea D. R. Saltarelli
Impératrice Boobzilla
Dim 9 Oct - 23:18
Bienvenue et bravo pour ta validation Dakeyras ! Je t'ai mis ta couleur et ton rang, tu es tout beau tout propre

Au plaisir de te re-croiser in-rp ou partout ailleurs sur le fo' I love you
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Invité
Invité
Lun 10 Oct - 11:26
Bienvenue en retard et gg pour ta valide ~
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