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Au-delà de la frontière [feat Linh]

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Valerio fucking Thorpe
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Valerio Thorpe
Valerio fucking Thorpe
Lun 12 Sep - 20:25
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Au-delà de la frontière
Feat Linh.



    Courir. Courir sans jamais s'arrêter. Courir sans jamais se retourner. Accélérer la cadence et ne pas trébucher. Ne commettre aucune erreur, ne pas être inattentif une seule seconde. Ne pas laisser la panique s’immiscer ne serais-ce qu'un seul instant, pour ne pas qu'elle s'infiltre tel un poison dans les muscles et paralyse. La course ne devait pas s'arrêter. Sinon la vie s'en irait. Le silence n'était plus, le son chaotique d'une respiration affolée et rauque à force d'avoir couru faisait trembler les quelques animaux aux alentours. Plus de cachettes. Plus de rêve, et seulement la réalité. La dure réalité qui était imposée par les décisions passées. L'adrénaline est la seule chose qui porte. Il n'y a plus de questions à se poser. Il faut courir, courir sans jamais s'arrêter.

Et puis d'un coup, la douleur intense, inévitable et violente.

    Valerio se réveilla en sursaut et laissa s'échapper un cri. Son front était dégoulinant de sueur. Il haletait. Son cœur battait à une vitesse inimaginable. La panique s'était emparé de lui et le faisait trembler de partout. Il ne parvenait pas à se calmer. Il essaya de faire appel à ses souvenirs, mais ces derniers semblaient s'être échappés et tout ce dont il pouvait se rappeler était le cauchemar qu'il venait de faire. Il n'y avait rien d'autre. Tout était sombre. Valerio tenta de regarder autour de lui, mais tout ce qu'il vit ne le fit que s'affoler encore plus. Des murs inconnus tout autour de lui, une pièce sombre. Dans un état pareil, il ne pouvait pas distinguer quelque forme que ce soit. Pas une seul. Tout était un amas de couleurs effrayantes, qui semblaient le fixer d'un air menaçant. Il n'y avait personne autour. Pas un seul son. Pas une seule âme. Ses oreilles bourdonnaient, son corps entier était à la fois engourdi, mais semblait aussi lui rappeler une certaine douleur. Une douleur. Plus il bougeait, et plus la douleur s’intensifiait. Une douleur aux poignets.
    Ce fut cette douleur accompagnée d'un son métallique qui le ramena à la réalité. Son cœur battait toujours la chamade, sa respiration témoignais toujours d'un certain affolement, mais il parvint enfin à regagner une partie de ses sens. Il fit coulisser ses yeux vers ses poignets qu'il décolla du sol pour les approcher un peu plus de son visage et apercevoir avec précision les contours de ce qui lui provoquait une telle douleur. Ses mains étaient liées entre elles. Des menottes les retenait et les privait de liberté. Le rouquin redirigea son regard en face de lui. Des barreaux. Une cellule. Une atmosphère étouffante à cause de la chaleur, et pourtant une humidité certaine qui rendait la respiration difficile. Une ambiance insoutenable. Une prison. Valerio était en prison. Mais qu'est-ce qu'il s'était passé.
    Premièrement, l'Aelien ferma les yeux, non pas pour s'évanouir et tenter de se conforter dans l'idée qu'il ne s'agissait que d'un cauchemar et qu'il y avait une échappatoire, mais pour se calmer et se retrouver en pleine possession de ses moyens. Oui. Si tout ce qui était autour de lui était vrai, la première chose à faire c'était de l'accepter. Il ne tirerait rien de sa panique, si ce n'est s'enfoncer encore plus dans la paranoïa et pleurer pour sa vie dans un coin de la pièce. Il lui fallait penser à des choses positives. Il se concentra sur sa mémoire lointaine, aux souvenirs d'enfance qui lui avaient procuré du bonheur, l’insouciance de la jeunesse. Valente. Ophelia. Fiore.
    Il resta ainsi pendant quelques minutes et parvint finalement à retrouver à peu près son calme. Son cœur battait toujours dans sa poitrine à cause de l'incompréhension de la situation, mais désormais, sa respiration était plus sereine. Quand il rouvrit les yeux, il put voir un rat courir devant lui. Ce qui semblait être une simple tâche noire se révéla être une marée d'insectes qu'il n'avait jamais vu. Les odeurs étaient désagréable et elles l'étaient d'autant plus que Valerio en sentait tellement de différentes qu'il ne parvenait à identifier aucune d'entre elle. Une chose était sure, ses geôliers ne lui voulaient pas du bien. Vraiment pas de bien du tout. Au vu de l'état de la prison dans laquelle on le retenait, on l'avait probablement isolé. Et ça, ça ne signifiait rien de bon.
    Cet endroit lui donnait une impression étrange. La chaleur ambiante était définitivement à l’opposé de ce que l'on trouve à Fiore. Il n'avait jamais ressentit une chaleur pareille. Pas une seule fois dans tout Aelius. Alors où était-il ? Mukesha ? Il n'avait pas le souvenir d'être arrivé dans ces terres. En même temps, il ne se souvenait pratiquement de rien. Il n'avait aucune idée de comment il était arrivé là. Son esprit était embrumé. Il se concentra de nouveau pour essayer de démêler les fils de la mémoire.
    Puis soudain il ressentit une douleur violente à la jambe droite, qu'il attrapa comme pour essayer de calmer la douleur. Il ressentit par la suite ce qui faisait l'effet d'une claque en pleine figure et le propulsa dans les méandres de son esprit.

***

    Il le voyait. Il voyait ce paysage défiler devant ses yeux à une vitesse ahurissante. Il se sentait courir à toute allure. Valerio avait été inattentif durant le jour et la fatigue l'avait rattrapé. Il s'était endormi sur le sol, pour ce qui ne semblait pas être plus de quelques minutes, et avait été réveillé par le bruit d'armures au loin. Un bruit qu'il avait déjà entendu par le passé. Le bruit des armures de l'Inquisition. Il n'avait pas cherché à réfléchir. Il s'était emparé de ses affaires à la vitesse de l'éclair et s'était mit à courir pour sa vie. Comme il n'avait pas de monture, il avait mis encore plus d'énergie que d'habitude dans sa course. Il ne sentait plus ses muscles tellement son attention n'était dirigée que sure sa fuite.
    Il ne se rendit pas compte que ses pas l'avaient porté à la frontière entre Aelius et Mukesha. Il avait été bien trop paniqué pour pouvoir réfléchir à où il allait. Il s'était contenter de se diriger là où on ne pourrait pas l'attraper. Là où l'Inquisition ne pourrait pas l'attraper. Mais il avait omis le détail de la sécurité totale. Il s'était arrêté pour reprendre son souffle. Il avait chaud et son cœur battait la chamade. Il arrivait à peine à respirer et tout ses sens étaient engourdis. Il tilta quand il entendit au loin.

« Ce...cette chevelure... ce n'est pas l'Inquisiteur d'Aelius ?! Valente ?! » s'écria un homme, dont la voix tremblotait.

« Bon sang... Appelez les renforts !! Il faut absolument arrêter cet homme ! » ordonna un autre.

    Valerio tenta de se retourner en apercevant la silhouette des gardes Mukeshins qui se dirigeaient vers lui. Bon sang. Il avait été inattentif et il s'était mis dans un pétrin encore plus grand. Il était en territoire ennemi pour un Aelien. Il était mal. Très mal. Il se remit à courir...en vain. Les efforts qu'il avait déployé précédemment avaient été trop important et il pouvait sentir son corps le lâcher sous la pression. Sa course était lente, bien plus lente que précédemment. Le rouquin traînait presque son corps comme un boulet. Puis une douleur soudaine avait pris possession de sa jambe droite. Il tomba au sol, et constata avec panique qu'une flèche lui traversait désormais le mollet. Il n'eût pas la force de crier. Il rampa pour sa vie, essayant de faire abstraction des sons menaçants qui se dirigeaient vers lui.

Puis, suivant une douleur nouvelle à la tête, tout devint noir.

***

    La mémoire était soudainement revenue à Valerio. Tout était clair maintenant. Clair comme de l'eau de roche. Il n'y avait plus d'erreur possible. Il avait été fait prisonnier par les Mukeshin. Pas étonnant. On ne traverse pas ainsi la frontière, surtout lorsque l'on vient d'Aelius. Sa respiration accéléra un peu, la rendant un peu plus bruyante. Il  fronça les sourcils, les yeux écarquillés comme jamais.

« Oh merde... »

    Valente. On l'avait pris pour Valente. Bon sang. Il avait complètement oublié qu'il avait exactement la même tête que son frère, aussi bête que cela puisse sembler. C'était pas bon. Encore moins bon que ce qu'il s'était premièrement imaginé en se réveillant ici. C'était une des pires situations dans lesquelles il pouvait se retrouver. Si ressembler à son frère pouvait lui apporter un avantage en agissant comme un camouflage dans certaines situations, celle-ci faisait plutôt partie de la catégorie « mon grand, t'as jamais autant été dans la merde. » Les enjeux portés par cette situation pouvaient être énorme. Il y avait une forte probabilité que l'on l'exécute. Non. Non cela ferait trop de bruit. Cela pourrait déclencher une guerre, si Mukesha clamait avoir eût la tête d'un Inquisiteur important. Quoi que non. Non on ne pourrait pas. Valente était toujours en vie et il pourrait démentir les propos Mukeshin. Mais par contre, si on apprenait que le fils héritier des Thorpe était mort, alors la guerre pouvait bel et bien arriver. Non. Ce serait trop dangereux. De plus, si on avait voulu l'exécuter, il ne serait pas là à respirer l'air, bien que parfaitement immonde. Tant de questions et de scénarios se bousculaient dans sa tête. Il avait vraiment merdé. Son avenir ne lui avait jamais paru aussi flou et vide. Du calme. Cela ne servait à rien de se poser des questions. Il était bloqué ici de toute manière.
    Pouvait-il s'échapper ? Mauvaise idée. Très mauvaise idée. Son pouvoir pouvait lui donner une échappatoire, mais et après ? Il ne savait pas précisément où il était. Il n'avait pas ses effets avec lui, et ce n'était pas avec ses maigres pouvoirs qu'il allait pouvoir faire quoi que ce soit. Il était malin, savait se montrer rusé et créatif, mais il fallait être réaliste : il ne s'en sortirait pas ici avec une simple improvisation. Il ne pouvait que se contenter d'attendre son heure.
    Il entendit une porte s'ouvrir, suivit de bruits de pas au loin. Son cœur accéléra et il n'osa pas s'approcher des barreaux de sa cellule pour essayer de jeter un coup d’œil à l'origine de ce bruit. Il se contenta de rassembler le plus de calme qu'il le pouvait. Ses sourcils étaient froncés, comme pour retenir la panique de s’immiscer un peu plus dans son cerveau. Il tremblait de toutes part, et une goutte de sueur descendit le long de son front. Il n'y avait aucune échappatoire. Il était acculé. Les rats qui lui servaient de voisin s'écartèrent : certains sortirent de la cellule, d'autres grimpèrent au mur pour aller se réfugier dans un trou non loin. La gorge de Valerio était serrée comme jamais et il ne put même pas ravaler sa salive à la vision de ce qui l'attendait.
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Reine
Mar 13 Sep - 14:45
AU-DELÀ DE LA FRONTIÈRE
valerio & linh

Qui aurait pu imaginer le jour où Mukesha réussirait un tour de maitre avec brio et réussirait à mettre la main sur l’un des inquisiteurs d’Aelius ? Linh ne l’avait certainement pas fait, certaine qu’une victoire contre l’Empire serait le fruit d’efforts longs et couteux, non d’un simple coup de chance. Ce coup de la bonne fortune lui semblait par ailleurs un peu trop bien tombé pour qu’elle ne le célèbre d’entrée de jeu. Cela dit, c’était tout de même une victoire qui pourrait grandement rapporter si les cartes étaient bien jouées. Il suffisait de déterminer la meilleure voie à prendre. Kajal s’était montrée partisane d’un questionnement en bonne et due forme. pour obtenir des réponses grandement nécessaires dans la guerre qui se présageait. La reine devait admettre que de tels renseignements pourraient changer le cours d’un affrontement contre l’Empire et ainsi faire pencher la balance du côté des mukeshins. Pour autant, ce n’était pas la voie que préconisait Linh. Il y avait des enjeux énormes qui pesaient de tous les côtés. Le torturer pour des réponses avant de l’exécuter serait la solution la plus expéditive et ce serait assurément une épine de moins dans son pied. Sauf que ce serait risquer la colère de l’Empire et ainsi accélérer la marche vers la guerre. C’était bien évidemment un risquer que sa majesté préférait éviter, sa dernière discussion avec le Khan avait suffit à la convaincre qu’une guerre déclarée trop tôt leur serait fatale. Plusieurs autres avenues lui étaient ouvertes, mais il lui fallait s’assurer de certaines choses avant de pouvoir opter pour l’une ou l’autre de ces options. La première d’entre elle imposait une visite de courtoise dans les cachots de l’Amaterasu. Ce n’était définitivement pas l’endroit que Linh appréciait le plus, sans doute en raison du fait que c’était un constant rappel de ce qui pouvait lui arriver si un jour elle perdait la faveur de son mari ou celle de son peuple. Enfin, là n’était pas la question et aux dernières nouvelles, elle n’avait pas à ce soucier de cela dans l’immédiat. Elle avait plutôt un Thorpe à fouetter et le temps était compté.

Quittant d’elle-même les appartements royaux, non sans avoir quitté sa robe pour quelque chose de plus approprié, Linh se dirigea vers les tréfonds du château pour ensuite parcourir les différentes allées des donjons pour se rendre jusqu’à ce qui devait être la pire cellule imaginable. Plusieurs raisons avaient motivé la décision de placer l’illustre visiteur dans un tel trou à rat, la première était une volonté de garder sa présence secrète pour la majorité des gens. Aelius n’avait pas à apprendre la présence de son inquisiteurs dans les tréfonds de Mukesha avant que le moment ne soit opportun. Par conséquent, le moins de personnes qui pouvaient se vanter d’être au courant, le mieux était-ce pour la nation. Ainsi, seuls les membres des mains d’or, les espions de Kajal (la maitre espionne elle-même par ailleurs), ainsi que certains membres du conseil - tous savamment choisi - avaient eu vent de cette capture.
C’était d’ailleurs ce qui expliquait la présence de Linh elle-même dans les donjons. En temps normal, elle n’était pas celle qui s’adressait aux prisonniers, pas plus qu’elle ne daignait mener des négociations personnellement. Cette fois, c’était différent, montrant l’importance de ce prisonnier. Une fois dans les donjons, elle fit signe aux gardes ainsi qu’aux mains d’or de la laisser. Il n’y avait qu’une porte d’entrée, qu’ils pouvaient très bien garder, et l’inquisiteur était derrière les barreaux. Il n’y avait donc aucune raison d’avoir une garde rapprochée qui saperait les apparences. Dans une négociation, il fallait se soucier de l’air qu’on se donnait et Linh avait besoin de se présenter comme celle qui détenait toutes les cartes. L’inquisiteur était à sa merci, c’était ce qu’il devait comprendre.

« Vous êtes un homme difficile à trouver inquisiteur Thorpe. » Non pas qu’il y avait eu une recherche extensive de la part des autorités mukeshins, mais tout de même. C’était d’ailleurs ce qui rendait la chose si douteuse. « Je ne sais pas si votre entrée sur notre territoire était un acte de bravoure ou bien… » L’acte d’un être complètement stupide, voilà ce qu’elle sous-entendait. Elle ne le dit pas ouvertement, après tout antagoniser son adversaire aussi tôt dans la discussion serait une erreur qu’elle ne comptait pas commettre. Les mains croisées derrières le dos, elle soupira brièvement avant de reprendre la parole : « Linh Yujin. » Se présenter paraissait peut-être étrange face à un prisonnier, mais quelqu’un de la trempe de Thorpe méritait un brin d’honnêteté. Puis, on lui avait toujours appris à annoncer son identité avant de commencer toute discussion sérieuse. Elle n’avait pourtant pas besoin d’en dire plus, supposant qu’un simple nom suffirait pour qu’elle puisse être replacée par l’inquisiteur. Le problème ? C’était que dans toute cette histoire, son instinct lui criait que quelque chose clochait. Les bribes d’intention qu’elle pouvait déceler chez son adversaire n’allait pas avec ce qu’elle avait pu imaginer. Un simple contact aurait suffit à éclairer sa bougie, mais ce n’était pas une possibilité. « La suite de cette discussion ne dépend que de vous. » Voulait-elle l’entendre supplier ? Peut-être, il était certain que son égo apprécierait de voir un membre de l’Empire ainsi réduit, mais ce n’était qu’accessoire. Elle voulait obtenir quelque chose, tout. Bref, elle voulait exploiter l’avantage qu’était cette capture.

✻✻✻
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Valerio fucking Thorpe
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Valerio Thorpe
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Mer 14 Sep - 17:26
    ''Oh merde. Oh putain de merde.'' avait pensé Valerio en entendant le nom que la femme qui venait d'apparaître avait prononcé. De toutes les personnes qu'il aurait pu rencontrer en premier dans ce territoire dangereux, il avait fallu qu'il tombe directement sur la reine. Cette personne que l'on disait puissante se tenait juste devant lui, seul la présence des barreaux de la cellule réduisant la distance entre eux deux. Il n'y avait aucune échappatoire. Il était acculé à un mur. Il ne pouvait se retrouver dans une situation pire que celle-ci en matière de prisonnier. Il était privé de tout mouvement, de la moindre petite fenêtre d'attaque.
    Il avait les sourcils toujours aussi froncés et les yeux toujours aussi grand ouvert. Sa bouche était fermée, mais on pouvait sentir sa respiration trembler à chaque expiration, la peur s'insinuant dans son corps tel un parasite. Une peur puissante et sans pitié qui lui dévorait l'estomac. Il n'avait pas eut le temps de réfléchir au préalable. Il n'avait aucune préparation de faite, aucun mécanisme de défense préparé. Il était seul et désemparé face à son destin qui avait prit l'apparence de la rein de Mukesha. Dans les mains de cette dernière se trouvait sa vie. Sa vie qui lui avait échappée le moment où il avait foulé le pied dans le territoire Mukeshin. La tension dans la salle l'écrasait mentalement, autant que le regard de sa geôlière qui ne le quittait pas des yeux. Il était dans la solitude la plus totale, la plus mordante d'entre toutes.
    Une des premières leçons que Valerio avait appris dans sa vie de noble était qu'il fallait rester composé. La panique était le premier signe de faiblesse dans toute discussion, qu'elle soit purement sociale ou bien politique. Paniqué, il était impossible pour quiconque de reprendre l'avantage. La discussion serait perdu d'avance et qu'importe les mots qui pouvaient sortir de la bouche, leur crédibilité ne seraient que moindre. La meilleure chose à faire dans ces moments là était de se calmer. Et là, le rouquin en avait bien besoin. S'il voulait pouvoir se sortir d'ici, il allait devoir se faire violence et improviser en face de cette situation soudaine. Il avait comme un couteau sous la gorge. Il était en position de faiblesse. Il ne pouvait pas se permettre de jouer l'attaque. Alors il devait se contenter de soigner sa défense. Linh lui avait bien fait comprendre, de par sa voix, sa posture et par l'environnement, que c'était elle qui menait la danse et pas lui. Il se rendit bien compte que les négociations n'allaient pas être de tout repos. Il allait s'agir là d'une bataille mentale sans pitié à laquelle Valerio allait devoir faire face la tête la première. Seul.
    La première chose que fit Valerio fut de corriger sa posture. Son dos était légèrement cambré comme s'il s'était recroquevillé dans un coin de la pièce, impuissant. Par conséquent, il se redressa bien droit et releva le menton en direction de Linh. Comme dans un combat à l'épée contre son maître d'arme à Aelius, il lui fallait être accroché au sol, de façon à ce que même les vents et les coups d'épée les plus puissants ne le fassent pas flancher. Pas un seul millimètre de mouvement. Les muscles de son visage étaient toujours aussi tendus. Même s'il lui était pour le moment impossible pour lui de se détendre complètement, il se força à relâcher ne serais-ce qu'un peu la pression provoquée par ses sourcils sur son faciès. Son regard s'en retrouva légèrement changé, et même si on pouvait toujours y percevoir de la peur tout au fond, il était désormais plus calme et plus tranchant. Il n'avait pas quitté celui de Linh une seconde. Après tout Valerio ne pouvait pas se permettre de lâcher prise un seul instant. Il finit par joindre ses mains entre elles comme ils le pouvait, étant restreint par ses menottes, mais les garda un peu tendu, pour souligner tant bien que mal qu'il était campé sur sa position. Lui aussi, il devait montrer qu'elle ne s'adressait pas à n'importe qui. S'il ne comptait pas forcément sur son titre d'héritier pour impressionner la reine, il voulait au moins qu'elle comprenne qu'elle s'adressait à quelqu'un qui n'en démordrait pas et qui n'était pas si faible qu'il le paraissait. Il n'allait pas se laisser être à sa merci. Du moins il allait essayer.
    Son cœur battait la chamade, cependant avoir changé de posture lui avait déjà donné un peu plus d'assurance face à la situation. Sa respiration était un peu moins tremblante. Le regard de Linh était perçant, comme s'il sondait son âme. Il devait y faire face, il devait ne pas flancher. Maintenant qu'il était un peu plus calme, il pouvait enfin réfléchir, tout en gardant ses yeux plantés dans ceux de la reine de Mukesha. La situation était délicate. De par son désavantage, il ne pouvait pas se contenter de garder le silence, et il avait peu de temps pour analyser la situation. Sa position flou envers Aelius ne lui apportait aucun avantage non plus, cela lui posait plus de problèmes qu'autre chose. Alors comment répondre ? Bien qu'il se soit enfui de chez lui, il ne souhaitait pas non plus délivrer des informations à l'ennemi de sa patrie. Il souhaitait conserver une neutralité certaine, mais une neutralité qu'il pouvait appliquer aux deux pays.
    Valerio se décida alors de jouer la carte de l'honnêteté. Il n'avait pas vraiment le choix en ce moment présent, étant donné qu'il n'avait aucune carte en main. La véritable question était, jusqu'où pouvait-il pousser l'honnêteté sans que cela ne porte préjudice ? Sa tête commençait déjà à bourdonner. Il sentait déjà le choix venir entre sa vie et celle des siens. Et cela ne le rassurait guère. Il se décida cependant enfin à ouvrir la bouche, d'une voix calme mais cependant assez décidée pour ne pas trahir la posture qu'il venait de prendre :

« Je suis navré de couper court à vos réjouissances, cependant, vous êtes tombée sur le mauvais cheval. »

    Le jeune homme ferma ses yeux quelques secondes et prit une grande inspiration pour se rassurer un peu plus. Son ton était formel pour pouvoir poser une distance supplémentaire entre lui et la reine. Une distance de sécurité pourrait-on dire. Il gardait sa posture parfaitement droite, son menton toujours relevé, pointé dans la même direction. Ne pas flancher, ne pas céder à la panique pour reprendre petit à petit le dessus.

« Je suis Valerio Thorpe. Fils héritier de la famille Thorpe. Je ne suis pas l'Inquisiteur que vous recherchez. »

    Il s'abstint de donner toute précision concernant son frère. Il n'y en avait pas besoin. La reine n'avait pas besoin d'en savoir plus. Valerio devait se contenter d'être vague, le temps de mesurer les intentions de la personne en face de lui. Il se devait d'être prudent, et de prendre la situation avec des pincettes, sous peine de totalement se coincer et laisser sa défense s'écrouler. Son nom était tel un pion sur l'échiquier de cette négociation, qu'il fallait sacrifier pour pouvoir avancer et de se donner une chance de prendre le roi plus tard dans la partie. Le jeune homme avança un autre pion sur le damier de la discussion :

« Mon entrée sur votre territoire n'était pas calculée. Mon but n'était pas de briser les loi de nos frontières. Mes pas m'ont porté dans cette direction malgré moi. »

    Il retrouva par la suite son silence. Il en avait assez fait pour le moment. Il s'était simplement contenté de répondre à ses questions, ni plus ni moins. Ne pas laisser d'ouverture à son adversaire était la clef d'une bonne défense. Il lui fallait espérer que ses bases étaient assez solides pour accuser le choc de la suite de la discussion, et transformer son désavantage en avancée vers la victoire.
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Reine
Ven 16 Sep - 15:40
AU-DELÀ DE LA FRONTIÈRE
valerio & linh

De cette capture avait découlé une fierté que Linh n’avait pas pu mettre en sourdine. Il était évident que la prise d’un inquisiteur - aussi louche soit-elle - devait être considérée comme une victoire pour Mukesha et la reine considérait les victoires de son royaume comme les siennes. Ce n’était pas par vanité qu’elle voyait ainsi les choses, mais bien en raison de l’importance qu’avait la nation à ses yeux. Elle oeuvrait pour le bienêtre des habitants de Mukesha, ainsi seul ce qui pouvait bénéficier à ces derniers la comblait de fierté. La capture de l’inquisiteur Thorpe faisait partie de ce genre d’événement. Certes, l’avoir dans les donjons n’était pas fort utile, mais la reine elle-même comptait remédier à ce détail par le biais de négocations. Elle n’estimait pas que ce serait une chose aisée, mais elle restait maitresse de la situation, un avantage qu’elle saurait assurément exploiter.
Sauf que la fierté restait un fléau contre lequel il fallait se défendre. Il était bien trop aisé de tomber de haut lorsqu’on se croyait à l’abri. Linh ne fit pas exception à cette règle. Elle n’était pas des plus convaincue de cette capture trop opportune pour être douteuse. Son instinct lui disait également que quelque chose clochait, les intentions qu’elle pouvait encore détecter ne cadrait pas avec ce qu’elle aurait pu imaginer de l’inquisiteur. La panique qu’elle avait pu sentir après sa présentation ne faisait aucun sens. Son rang de Reine était connu, mais elle n’aurait jamais cru voir (ou plutôt détecter) une telle réaction un jour. Elle avait donc sous son nez une multitude de signaux qui contredisaient ce qu’on lui avait dit. Quelque chose qui lui criait qu’elle devait changer d’approche et pourtant rien n’y fit. Peut-être trop sure d’elle, peut-être trop confiante envers les mains d’or qui lui avait ramené l’inquisiteur, elle avait opté pour ses cartes dans l’optique qu’il n’y avait aucun doute quant au fait qu’elle avait l’inquisiteur devant elle. Une grave erreur en soit, mais une erreur qui s’expliquait aisément. Douter ouvertement de ceux qui la servait n’était pas digne d’un monarque.

Ainsi, après avoir accomplit la première étape dans ses négociations, la reine se replia dans un silence. Elle devait l’observer, mesurer ses réactions pour avoir une meilleure idée de son adversaire. Oh, elle ne le considérait pas comme un ennemi à proprement parlé, mais toutes négociations impliquaient au minimum des adversaires, mais surtout la possibilité d’une victoire. Les deux parties s’affrontaient donc dans le but d’obtenir l’avantage, celui qui permettrait d’obtenir une victoire complète, ce qui revenait à dicter les termes de tout échange. Dans le cas présent, Linh avait l’avantage pour la simple et bonne raison qu’elle n’était pas celle derrière les barreaux. Cela ne voulait pas dire qu’elle l’aurait indéfiniment. Surveiller son adversaire était le seul moyen de le conserver. Elle put donc noter le changement de comportement chez ce dernier : la posture redressée, les mains jointes, un relâchement de ses muscles. L’assurance se faisait à présent sentir. S’il pouvait y avoir des doutes quant à son identité, il n’y en avait pas pour une chose : il serait un adversaire digne de ce nom. Linh aurait pu être satisfaite de ce simple détail, il n’y avait pas d’intérêt à combattre un opposant inadéquat. Malgré tout, elle savait que tout dépendait surtout de ses réponses. La prestance était une chose, mais elle ne saurait lui apporter une victoire d’elle-même. Il faudrait donc que Thorpe livre à la hauteur de son non-verbal.

Cependant, si elle avait su prédire la suite, elle n’aurait sans doute pas attendu avec impatience une réponse. C’était tomber de haut, c’était non seulement découvrir que ses services s’étaient mépris sur l’identité de leur captif, mais qu’elle avait fait une grave erreur en n’écoutant pas ses doutes. Oh, tout n’était pas perdu pour autant et Linh sut se garder de laisser paraitre quoi que ce soit. Elle aurait pu rire, elle en avait bien envie d’ailleurs, mais une telle réaction aurait été une seconde erreur. Il fallait qu’elle reste parfaitement maitresse d’elle-même, implacable de façon à ne pas être coincée par une réaction trop rapide. Et le temps lui donna raison puisque même si elle n’avait pas sous les yeux l’inquisiteur, il s’agissait tout de même d’un illustre personnage de la noblesse impériale. Elle ne savait guère de l’héritier des Thorpe, mais le nom en lui seul avait une importance. Elle était néanmoins curieuse quant au lieu qui le liait avec l’inquisiteur. Frère peut-être ? Cela expliquerait la grossière erreur des mains d’or ainsi que le nom qu’ils partageaient. Était-il suffisamment important pour que l’inquisiteur ne vienne lui même sur les terres du royaume ? D’entrée de jeu, la reine optait pour une réponse négative, il n’y avait eu aucun mouvement d’Aelius depuis la capture de Thorpe, mais elle devrait en avoir le coeur net. Plus tard, elle attendait toujours une dernière réponse qui ne tarda pas. Encore une fois, l’envie de rire se fit sentir. Il n’avait pas volontairement traverser les frontières, voilà qui faisait pencher la balance vers l’idiotie…

Soit. Il fallait à présent adapter la stratégie, changer de cours d’action pour l’adapter à ce Thorpe qui n’était pas l’inquisiteur. Linh retint un soupir dans l’esprit de restée visiblement implacable. « Il me semble que nous avons mal débuté dans ce cas. » Rien de plus normal considérant que les informations qu’elle avait eu en main s’étaient révélées fausses. Enfin, ce n’était qu’un contretemps, quelque chose qu’elle pouvait outrepasser une fois qu’elle aurait reconstruit des bases plus solides sur lesquelles avancer. Il fallait d’abord s’assurer de l’identité de son adversaire. Elle ne doutait pas de son honnêteté - il faudrait être un idiot pour mentir dans de telles circonstances - mais il serait étonnant qu’il ait tout dit. « Je suppose que vous avez un quelconque lien de parenté avec l’inquisiteur. Frères peut-être ? » C’était l’hypothèse qu’elle avait formulé de prime abord. Restait à voir si elle visait juste, pour ce faire, il fallait guetter la réponse du prisonnier ainsi que sa réaction.
Un autre point devait être attentivement considéré : son entrée dans les terres du Mukesha. Il était difficile pour Linh de croire qu’il avait pu le faire sans s’en rendre compte ou sans volonté. Le ‘malgré moi’ soulevait une multitude d’hypothèse qu’il faudrait examiner les unes après les autres. Peut-être avait-il été forcé hors d’Aelius ? Ça semblait douteux, on ne chasse pas un noble impunément… Quelque chose l’appelait-il à Mukesha ? C’était possible, mais encore une fois douteux. « Vous n’aviez donc aucune intention d’entrer dans ce royaume ? Ainsi j’imagine que votre priorité serait de retourner chez les votre… » Ce qui était dans les cartes, s’il pouvait lui être d’une quelconque utilité de le faire. Linh le testait, cherchant à savoir ce qu’il voulait réellement, ce qui l’avait mené ici. Savoir ce que voulait un adversaire était généralement le meilleur moyen de remporter n’importe quelle négociation.

Pour autant, puisqu’on ne pouvait rien obtenir sans rien n’offrir, la reine était prête à offrir une chance au prisonnier et pas moindre : celle de pouvoir converser en égal (ou presque). « Si je vous laisse sortir de cette cellule, je peux vous faire confiance pour ne pas tenter de vous évader ? » C’était un risque, mais il pourrait être terriblement payant. Puis autant être franche, il pourrait essayer de s’évader si ça lui chantait. Elle n’était pas sans défense et il serait fortement attendu de l’autre côté de la porte. Il faudrait être fou pour tenter une chose pareil, libre à lui de le faire cela dit.

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Dim 18 Sep - 16:56
    Comme il fut souligné précédemment, une des leçons primordiales dans un jeu de négociations était de ne pas quitter le regard de l'adversaire. Rester les yeux dans les yeux, c'était pouvoir lire les intentions de l'autre, avec le risque que l'on se fasse lire les siennes. C'était aussi une occasion de paralyser la situation, ne pas donner d'opportunité à l'un ou à l'autre. C'était la stabilité, l'impossibilité de tirer une nouvelle carte dans le jeu. C'était autant un avantage qu'un inconvénient. C'était la sécurité de pouvoir savoir où se situe les limites de l'ennemi, mais c'était aussi savoir où se situe les siennes. Regarder dans les yeux d'une personne, c'était une bataille perpétuelle dans laquelle il ne fallait jamais être le premier à lâcher prise. Il y avait là une pente dangereuse dans laquelle il fallait s'aventurer avec précaution, car la moindre hésitation se faisait ressentir à travers un simple regard. Les yeux étaient autant un bon point d'attaque qu'un point de défense. Aussi est-ce pour cela que Valerio se concentra sur regagner son calme aussi vite que possible. Il se concentra sur les yeux de la reine tout en écoutant ses multiples questions. Il s'efforça de garder une expression aussi identique qu'il le pouvait, jusqu'à ce qu'il puisse reprendre la parole.
    Il n'avait cependant pas cherché à dissimuler sa surprise lorsque Linh lui évoqua la possibilité d'ouvrir sa cellule. Bien évidemment, il ne l'exprimait pas de façon extravagante, mais il ne put s'empêcher de froncer très légèrement les sourcils à la proposition de la reine. Il s'agissait là d'un mouvement pour le moins inattendu. Qu'est-ce que cela pouvait cependant bien cacher ? Non pas que Valerio soit une quelconque menace au vu du fait qu'il soit enchaîné, mais cela ne donnait-il pas un désavantage à la reine d'agir ainsi ? Et il ne s'agissait pas d'un désavantage des moindres. Elle le posait presque sur un pied d'égalité. Il était inutile de préciser à quel point il avait été prit de court. Cependant, il ne fallait pas se poser trop de questions. Il n'en avait pas le luxe. Il fallait réagir. Il se concentra sur les précédentes dires de son opposante et commença par ceux qui concernaient son frère.
    Voilà une question auquel il s'attendait. Sa relation avec son frère était toujours une des premières questions qui venaient à l'esprit lorsqu'il engageait la conversation avec quelqu'un quel qu'il soit. Sa réponse à travers les années était restée la même. Elle était presque devenue automatique de par sa récurrence. Même à Aelius, il n'était pas rare que l'on lui demande s'il bénéficiait d'une quelconque connexion particulière avec le dit inquisiteur. En même temps, pas étonnant quand quelqu'un partage le même visage que le votre. C'est aussi une des raisons pour laquelle Valerio ne répondait jamais de façon très précise. Pour lui, ce détail était une évidence, de par l'apparence mais aussi par le nom. Il n'avait pas à le préciser. Et en ce moment même, il n'y avait pas d'intérêt à souligner ce détail. Que Valente soit son frère ou non revenait au même : il était toujours dans sa cellule. Le reste relevait de la sphère privé, et personne n'y avait quelque chose à redire. C'est pour cela que son regard ne fut pas troublé lorsque Linh lui posa la question. Il ne fut pas déstabilisé. S'il n'était sûrement pas préparé à cette entrevue, au moins, cette question, il pouvait y répondre sans mal. Il resta donc campé sur sa position et resta vague :

« Je vous laisse seule juge de mon lien avec l'Inquisiteur Thorpe. »

    Être capable de pouvoir répondre à une question aussi facilement lui avait permis de reprendre un peu plus d'assurance. Il était bien plus calme. Les contours floutés de sa situation se précisaient petit à petit. Il commençait à savoir comment mieux se positionner, et comment réagir. Il n'avait toujours pas de carte supplémentaire en main, mais au moins, il bénéficiait toujours de pouvoir répondre aux questions que l'on lui posait sans jamais vraiment devoir donner trop de détails. Cela ne durerait certainement pas longtemps, mais il pouvait en profiter pour faire doucement avancer ses pions sur l'échiquier, sans prendre trop de risques. Il continua cependant de jouer l’honnêteté. Cela avait l'air de bien marcher pour le moment. Et puis, cela le rendait bien plus confiant.

« Bien que je n'ai eu aucune intention de fouler aussi impunément votre territoire, je n'ai pour autant pas le besoin de retourner d'où je viens. »

    Et ce n'était pas faux. Il n'avait pas le besoin de retourner à Aelius. Il ne sous-entendait pas non plus qu'il désirait rester à Mukesha pour s'installer et vivre ici. Il avait fait vœux de neutralité depuis le jour où il avait commencé son voyage, et il comptait bien le faire ressentir à la reine. Il n'y avait aucune hostilité dans sa voix. Sa peur s'était calmée, face à la situation qu'il cernait un peu mieux. Il tenta de passer ce sentiment dans son regard, tout en se montrant aussi ferme qu'il le pouvait. Il ne pouvait pas empêcher son cœur de battre cela dit. Il était toujours sous une certaine pression, qu'il s'imposait presque de lui-même, en plus de celle que Linh pouvait créer. Après tout, il fallait rester un minimum sous pression pour garder tous ses sens en alerte et ne pas baisser sa garde ne serais-ce qu'un instant.

« Vous devez bien vous imaginer que je serais mal placé de tenter quoi que ce soit. Le territoire entier m'est sûrement hostile. »

    Il marqua une légère pause, pour pouvoir insister sur l'hostilité que lui présentait le territoire entier. L'inconnu était fascinant, mais pas forcément clément après tout. Le silence qu'il imposa de lui-même visait à donner l'occasion à Linh de mesurer ses intentions. Après tout, le silence était parfois bien plus porteur que les mots eux-même.

« De plus, comme je l'ai dis précédemment, je n'ai pas souhaité violer les limites de votre territoire. Je ne recherche pas le conflit. Tenter de m'évader serait une antithèse complète de ce que je recherche. »

    Il bien évidemment insisté sur sa neutralité une fois de plus, essayant de chercher la sécurité. Il laissa cependant intentionnellement s'échapper le sous-entendu que ses pas ne le dirigeait pas sans but, et que bien que sa situation ne soit pas celle qu'il aurait voulue, il savait où il se dirigeait. Une occasion pour lui d'affirmer qu'il n'était pas sans défenses.

« Cependant la question se retourne. Si vous me laissez sortir de cette cellule, pouvez-vous m'assurer qu'il ne m'arrivera rien ? »

    Une question probablement rhétorique bien sur, puisqu'il était évident que la reine serait bien mal avisée de toucher à un prisonnier qui avait visiblement une si grande valeur pour elle. Cependant il lui fallait affirmer ses positions du mieux qu'il le pouvait. La seule manière de démontrer une certaine résistance était bien évidemment de se montrer méfiant. Agir comme ceci, était comme avancer un pion dans la partie, dans le but de le sacrifier. Après tout, était-il seulement possible de poursuivre des jeux de négociation sans sacrifier quoi que ce soit dans le processus ? Pas dans ce cas là. Pas avec un si grand désavantage de base. Et de toute manière, comme le disait très souvent son père, « Qui questionne dirige ». Une phrase que l'on pouvait interpréter de bien des manières différentes. Questionner était la meilleure manière d'avancer dans un certain sens. Car les questions amenaient les conversations dans les endroits que l'on voulait et éclaircissaient les points les plus sombres de ces dernières.
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Mer 21 Sep - 15:21
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Obtenir des réponses étaient une priorité pour Linh dans cet échange. Rien ne serait aussi simple cela sautait aux yeux. Il y avait une multitude de contretemps qui se mettait au travers de cet objectif. On pouvait d’abord citer le fait qu’elle n’avait pas à faire à Valente Thorpe. Elle qui avait préparé certes questions, des lignes d’approches pour essayer de tirer le maximum de l’inquisiteur se voyait légèrement prise au dépourvu. Un reproche avait rapidement été formulé dans l’esprit de la Reine : non pas contre ses services qui avaient capturé la mauvaise personne, mais bien contre sa propre personne. Trop d’assurance était une erreur qu’elle avait commise alors qu’elle aurait aisément pu éviter. Il fallait donc rectifier ce détail et reprendre un avantage complet. Savoir qu’il s’agissait d’un Thorpe était un pas dans la bonne direction, mais le fait qu’il ait lui-même avancé cette information rendait la chose moins utile. Dans une négociation, on ne donnait pas d’informations qu’on jugeait primordiale. S’il avait décidé d’être honnête quant à son identité, c’était parce qu’il pouvait se permettre de ne pas le cacher. Ça semblait être différent pour le lien exact que le liait à l’inquisiteur puisque Valerio offrit une réponse évasive à la question posée. De plus, il n’y avait aucune piste dans son comportement ne permit à Linh de poser une hypothèse conclusive. « Je suppose que vous n’êtes pas très proches. » S’il ne se vantait pas en outre mesure d’un lien quelconque et qu’il ne souhaitait pas s’étendre sur la question, c’était parce que quelque chose clochait dans leur relation. Inquisiteur Thorpe n’était pas comment on appellerait un proche, à voir si cette hypothèse véridique ou si elle pouvait être tournée à son avantage. C’était une possibilité, un as à garder dans sa poche pour la suite de la discussion.

Entre temps, Linh avait d’autres points à aborder histoire de pouvoir identifier les faiblesses de son adversaire et ce qui le motivait. C’était deux points importants qui lui permettraient de garder la main haute pendant toutes ces négociations. C’était sans compter le fait qu’elle devait parvenir à tourner cette capture à son avantage, un réel avantage et non celui qu’elle crut avoir pendant les débuts de cette visite. Ce n’était peut-être pas l’inquisiteur, mais il ne devait pas être complètement inutile. Elle fut alors surprise par son refus de retourner à Aelius, mais aussi par la façon dont il présentait la chose. Il n’avait pas dit qu’il ne voulait pas y retourner, plutôt qu’il n’en avait pas besoin. Une telle formulation impliquait davantage et c’était assez dérangeant pour Linh. Elle ne pouvait pas contrer des coups qu’elle ne pouvait pas prévoir et elle avait réellement l’impression de manquer un point important de l’histoire. « Que désirez vous dans ce cas ? Visiter les iles ? Un navire aurait pu vous y amener sans même traverser nos frontières. » Tout comme celle de son interlocuteur, sa voix ne trahissait aucune hostilité. Elle n’avait aucun intérêt à s’en prendre à lui, mort il ne lui serait d’aucune utilité. Elle tenait cependant à lui faire comprendre que ses réponses n’étaient pas satisfaisantes, quelque chose qui ne pourrait que lui être dommageable. « Mais soit, si vous n’aviez pas l’intention de violer nos frontières, comment expliquez vous votre présence sur le sol mukeshin ? » Elle avait quelque peu durci le ton, insistant sur l’explication qu’elle réclamait. Elle espérait, pour le bien de Valerio lui-même, qu’il n’avancerait pas une autre réponse évasive. Elle ne comptait pas passer le reste de la discussion à reposer les mêmes questions. C’était, avouons-le, sa dernière chance sur le sujet.

Au moins, la reine pouvait se conforter dans l’idée qu’elle l’avait surpris en lui proposant de le laisser sortir de sa cellule. Ce n’était pas un point extraordinaire et sans doute que ça ne changerait rien au fond de la discussion, mais c’était un point tout de même. Le prisonnier arriva tout de même à opposer une réponse satisfaisante. Il était vrai que tenter quelque chose serait ô combien contreproductif vu sa situation. Néanmoins Linh se permit de faire remarquer alors qu’il marquait une pause : « Ça n’a jamais empêché qui que ce soit de le faire. » Lui-même avait franchi les frontières alors que le bon sens lui aurait crié de ne pas le faire. On ne pouvait donc pas supposer que le fait qu’il n’avait aucun intérêt à tenter quoi que ce soit l’empêcherait réellement de s’y risquer. Pour autant, elle n’avait pas l’impression qu’il essaierait de s’enfuir, lui-même répétait la chose. Il faudrait être plus que naïf pour tenter quoi que ce soit alors autant lui laisser le bénéfice du doute. C’était un pari en soit, mais c’était un risque minimum alors autant tenter le tout.
Avant même qu’elle n’ait l’occasion de le faire, Valerio la surprit en lui retournant la question qu’elle avait posé de prime abord. Lui assurer qu’il ne lui arriverait rien ? C’est qu’il savait se défendre ce petit ! Sans chercher à camoufler sa réaction, Linh se permit tout simplement de rire. C’était une réaction peu mesurée, mais c’était du fond du coeur. Elle était agréablement surprise, rien de plus, rien de moins. « Si je voulais qu’il vous arrive quelque chose, ce serait déjà fait. » Et elle ne serait pas en train de négocier à cet instant précis. Cela dit, elle devait tout de même lui offrir une réponse sérieuse, ne serait-ce parce qu’il avait brillamment réagi. « Je vous donne néanmoins ma parole qu’il ne vous arrivera rien… du moment que vous ne tentez rien du moins. » Il ne fallait pas se lier d’une façon qui pourrait lui retirer son avantage. Elle ne connaissait peut-être pas suffisamment le jeune homme pour savoir s’il serait tenté par l’idée de jouer sur les mots, mais elle ne prendrait pas la chance. Enfin, puisqu’ils s’étaient mis d’accord, autant livrer la marchandise. Linh se dirigea donc vers l’entrée de la pièce pour demander au membre des mains d’or de venir ouvrir la porte de la cellule. Ce commandement reçut une certaine opposition ce que la reine ignora totalement.

Une fois le jeune Thorpe hors de sa cellule, mais toujours menotté la reine se posta devant lui les bras croisés. C’était maintenant le commencement de quelque chose de plus sérieux. C’était la phase principale de ces négocations, le véritable jeu. « Pourquoi ne pas me dire ce que vous désirez, cela nous sauvera du temps. » Après tout, Linh n’avait aucun intérêt à dévoiler ses propres cartes, étant dans la meilleure position. Elle restait prête à faire preuve d’ouverture ce qu’elle comptait d’ailleurs démontrer. « Il n’est impensable que vous pourriez quitter cette cellule pour une base plus permanente si nous arrivions à s’entendre. » La cellule était la première pièce de négociation qu’elle était prête à mettre en jeu. Ce n’était pas grand chose, ce n’était même pas une promesse de liberté, mais c’était un pas, une ouverture. À voir comment le prisonnier prendrait la chose, parce que c’était vraiment ça qui intéressait Linh.

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Lun 26 Sep - 19:19

    Valerio essaya de ne rien en laisser paraître sur son visage, s'efforçant de garder un calme des plus parfaits, mais il devait s'avouer à lui-même que les questions que lui posait Linh devenaient de plus en plus difficiles à répondre de manière défensive. Il se rendit bien compte de l'adversaire redoutable qu'elle était, et se sentait progressivement reculer, malgré toute la force qu'il déployait. Il n'avait pas flanché, c'est vrai, mais plus de mots furent prononcés, plus la situation devenait floue et délicate. En effet, il n'avait aucune vue sur les intentions de la reine, bien qu'il pouvait se permettre de faire quelques suppositions intérieurement. Sans avoir une idée claire de ce contre quoi il devait se battre, il avait l'impression d'agiter son épée dans le noir le plus total, sans voir son ennemi et ne faire que sentir sa présence autour sans jamais savoir son emplacement exact.
    Il devait se rendre à l'évidence, les sacrifices allaient devoir être bien plus nombreux qu'il ne s'imaginait pour pouvoir remporter la victoire. Maintenant, la question était : où se situaient ses objectifs ? Quelle était la chose sur laquelle il devait se concentrer ? Il n'y avait pas tant d'options que ça, et dans tous les cas, il devrait se focaliser sur l'une d'entre elles, en partant du principe que l'autre serait très peu probable à réaliser. Pas impossible certes, mais il valait mieux considérer une pièce comme perdue dès le départ -quitte à se donner un handicap dès l'entrée de jeu- et s'adapter à la situation avec ce qu'on avait, plutôt que de continuer avec, et se retrouver sans au moment crucial.
    Pendant que la reine était partie, Valerio eût une petite fenêtre d'opportunité pour réfléchir à cela. Il considéra donc les deux options qui s'offraient à lui et essaya d'éclaircir la situation quand à la position de Linh. Si une idée claire n'était pas forcément accessible, il pouvait au moins se concentrer sur comment elle le voyait, d'un point de vu objectif et politique. Il était Aelien, la nation rivale de Mukesha. Il faisait partie d'une des plus grandes familles nobles. Qu'importe son lien flou avec Valente, il était tout de même l'héritier d'une famille importante. Une famille proche de l'impératrice, de par son grade. Avec toutes ces informations, il était plus que probable que le jeune homme soit perçu comme un objet. Peut-être pas entièrement, après tout il ne savait pas tout, mais c'était définitivement une partie qu'il pouvait affirmer sans risques. Quelle forme prendrait cet objet alors ? Une arme avec laquelle Mukesha pouvait frapper Aelius ? Hm. Pas exactement. Cela aurait fait sens, si la reine avait détenu plus d'informations sur lui, or pour le moment elle n'en avait aucune. Informations. Une mine d'informations alors ? Oui. C'était sûrement le plus probable. Bien évidemment, il n'avait aucune confirmation, mais le simple fait d'avoir eût droit à tout ce ''traitement de faveur'' donnait de nombreux indices qui menaient à cette conclusion.
    Maintenant que la situation était un tant soit peu plus claire, Valerio put enfin discerner les contours des deux options qui s'offraient à lui, ou plutôt deux choix pour être plus précis : Le choix de la survie, où il devrait utiliser toutes ses ressources pour se sortir de prison, ou le choix de la protection, et garder un silence le plus absolu, rester dans les réponses les plus vagues possible ou même ne rien répondre du tout. Les deux options n'étaient bien évidemment pas sans retombées chacune. Dans le premier cas, il avait de grande chances de devoir en partie tourner le dos à sa patrie et à sa famille, et de leur apporter du malheur, mais il garderait la vie sauve. Dans le deuxième cas, rien ne leur arriverait, en revanche, sa vie à lui pourrait se terminer, qu'il soit tué, ou séquestré jusqu'à ce qu'il daigne enfin cracher des informations sur Aelius. Il devait revoir ses priorités. Et vite.
    Il n'eût cependant pas le luxe de prendre sa décision tout de suite. Sa pause -même si l'on ne pouvait pas vraiment appeler ça une pause- était après tout de courte durée. La porte de sa cellule lui fut ouverte par ce qui semblait être un homme, un servant peut-être, au service de la reine. Valerio attendit quelques secondes, le regard posé sur Linh avant de se relever, sans l'aide de ses mains qui étaient bien évidemment menottées. Il ne put s'empêcher de grimacer légèrement quand il appuya sur sa jambe droite, jambe qui avait été transpercée par une flèche avant qu'il ne se retrouve dans ces cachots. Il trembla très légèrement en se redressant, le temps d'avoir un appui complet. Puis il reposa ses yeux émeraude dans les yeux dorés de la reine. Il avança prudemment vers cette dernière et se plaça en face d'elle, la distance imposée barreaux n'étant plus. Sa présence était plus imposante que jamais, et le fait qu'elle le dépasse de quelques centimètres n'aidait sûrement pas. Il continuait de la fixer, tout en écoutant ce qu'elle lui proposait, ou plutôt, ce qu'elle lui imposait indirectement. Il laissa un léger blanc s'installer.
    Il ne pouvait plus réfléchir. Le temps était écoulé. Les avantages et les désavantages étaient déjà décidé, la préparation était terminée. Il fallait prendre une décision. Il laissa donc parler son instinct. Aussi triste à dire que ce soit, il n'était pas parti de Fiore pour protéger Aelius, et bien qu'il veuille limiter les dégâts envers sa famille, il devait se rendre à l'évidence ; cela n'allait pas être possible. De plus, il ne serait utile à personne s'il mourrait ou s'il restait ici enchaîné jusqu'au restant de ses jours, et n'aurait jamais atteint le but de son voyage. Il ne devait rien à personne pour le moment. Il aviserait en temps et en heure. Il improviserait. Après tout, il n'avait pas eu le choix jusqu'à présent. Il devait néanmoins rester attentif. La bataille ne faisait que commencer.

« Je vous remercie de votre confiance. »

    Confiance était un bien grand mot, presque inapproprié, sachant qu'il était surveillé. Mais il fallait mettre un minimum de confiance envers la personne pour pouvoir faire quelque chose d'aussi risqué. Il prit une grande inspiration. Il était temps de devoir avancer les derniers pions avec l'idée de les sacrifier. Maintenant, se révéleraient-ils utiles, et lui donneraient-ils l'avantage plus tard ? Peut-être. Il ne pouvait pas se permettre de trop s'attarder dessus cela dit.

« Je suis parti de chez moi pour commencer un voyage dans le but de trouver des réponses aux diverses questions que je me pose. Ne les trouvant pas dans ma patrie, j'ai décidé de me rendre là où mes pas me portaient, sans vraiment me demander où j'allais. »

    Le premier pion était avancé sur le damier. Valerio posa son doigt sur le suivant, et l'avança avec délicatesse dans sa voix.

« J'ai cependant été poursuivi par l'Inquisition d'Aelius, dès le jour où je suis partie. Je suppose que vous comprenez pourquoi. Ce qui était censé être un simple voyage s'est donc transformé en course poursuite, et je me suis retrouvé à traverser vos frontières sans vraiment pouvoir le décider. La suite, vous la connaissez déjà. »

    Il aurait pu ne pas préciser quels étaient ses poursuivants, c'est vrai. Mais s'il ne le faisait pas, il courrait un risque bien plus important, avec peu de chance de rédemption : il risquait que l'on le renvoie d'où il vienne pour qu'il n'attire pas d'ennuis inutiles au royaume de Mukesha. Et si cela arrivait, alors il n'y aurait pas d’échappatoire, du moins très peu. Avec l'Inquisition, il avait -ironiquement- une chance de s'en sortir. Et quelle était donc cette chance ? Il s'empressa de la préciser :

« Maintenant, à en juger par votre réaction en voyant mon visage, vous n'étiez clairement pas au courant qu'il était associé à celui d'un fugitif. Par conséquent, mon nom n'est certainement pas encore fiché dans la liste des mages clandestins. L'inquisition Aelienne ne vous encombrera donc pas. Ni l'Inquisition Mukeshine, si l'on suit ce raisonnement. »

    En effet, cette chance était de pouvoir ne pas apporter de conflit en ces terres qui lui étaient inconnues. Alors oui, c'était à double tranchant : en s'exposant ainsi, il prenait le risque que l'on le dénonce immédiatement à l'Inquisition. Mais était-ce vraiment dans l'intérêt de la reine ? Dans une situation où la guerre toquait de plus en plus à la porte, un simple geste comme la dénonciation d'un mage ne risquait pas de faire pencher la balance, même s'il était l'héritier des Thorpe. Il pouvait être bien plus utile autre part. Et par conséquent, on ne le renverrait pas chez lui. Il pourrait survivre. Et la survie était ici primordiale pour le moment. Cette approche de la situation était très audacieuse. Elle demeurait néanmoins nécessaire si le jeune homme voulait avancer avec le plus de protection qu'il pouvait avoir. Il avait désormais une chance de plus d'être relâché, et de pouvoir continuer son voyage. Sans Inquisition après sa tête en particulier, il posait bien moins de risques. D'une voix calme et sincère, avec un regard déterminé mais qui laissait transparaître le poids des épreuves auxquelles il avait fait face jusqu'à présent, il dit :

« Tout ce que je désire, c'est de continuer mon voyage et trouver mes réponses. Je ne suis pas ici pour être une aide à un camps ou à un autre. Mon but est personnel. Il n'engage personne. »

    Il marqua une légère pause. Il avait dévoilé la plupart de ses cartes. C'était risqué. Mais c'était aussi ce qui se révéla être son meilleur angle d'attaque, puisqu'il avait désormais la possibilité de poser une et unique question qui pourrait bel et bien le remettre sur un pied d'égalité, et lui permettre de bouger son cavalier pour pouvoir riposter.

« Sachant tout cela, qu'attendez-vous donc de moi ? »
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Dim 2 Oct - 14:43
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Bien qu’elle se trouvait assurément dans la position la plus avantageuse des deux, Linh cherchait le meilleur angle d’attaque pour obtenir ce qu’il voulait. Sa priorité était évidente, elle ne pouvait pas engager à pleine allure. Il valait mieux garder ses cartes près d’elle, s’assurer que rien ne filtre. Il y avait un avantage certain à cacher ses véritables intentions, le premier étant que son adversaire ne pourrait pas s’y préparer. Ce n’était pas sans raison qu’elle avait offert des premières pièces sans importance à savoir le sortir de sa cellule et lui offrir la possibilité de le faire sur une base plus permanente. Bien sur, s’il avait pu obtenir le premier avantage sans rien n’offrir en échange - si ce n’était qu’une prestation enviable dans ces négocations - la suite ne serait pas si aisément acquise. Il avait peut-être réussi à la surprendre, mais pour l’instant, il ne lui avait été d’aucune utilité par conséquent sa situation ne s’était pas réellement améliorée.
C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle l’intima de dévoiler ses intentions. Elle ne comptait pas faire de même et il était vrai que s’il en dévoilait l’entièreté, il serait dans une pire situation. Si bien qu’elle s’attendait évidemment à un mensonge de la part du prisonnier. Bien sur, c’était le genre de chose qu’elle pourrait sentir, coinçant ainsi le jeune Thorpe dans ce qu’il lui cacherait. Linh estimait ainsi qu’elle avait trouvé l’angle idéal d’approche. Elle risquait peu - de toute façon le plus grand risque avait évidemment de le laisser sortir de sa cellule. Retenant une nouvelle fois une hilarité lorsque le jeune homme la remercia de sa confiance, la reine se contenta d’un simple signe de tête. Ils savaient tous les deux que confiance était un mot qui ne s’appliquait pas à la situation. Elle l’avait peut-être laissé sortir de l’arrière des barreaux, mais il était encore menotté et la présence de garde à l’extérieur de la salle confirmait que la confiance ne régnait pas. C’était plutôt un risque calculé, une preuve d’une bonne foi quelconque, qu’une démonstration de confiance. Après tout, il fallait admettre que Linh avait depuis longtemps abandonné l’idée de faire rapidement confiance à autrui. Quand on peut discerner les intentions des autres, on réalise bien rapidement que le mensonge est la première chose qui sort des lèvres de l’écrasante majorité des gens.

Cela étant dit, la suite de la conversation ne put que surprendre sa majesté encore plus. Autant l’admettre, elle ne s’était pas du tout attendue à une telle démonstration d’honnêteté. Le début n’avait rien de spectaculaire, qu’il ait quitté sa patrie dans une quête de réponses n’était pas intéressant, du moins ce ne l’était pas du tout en comparaison de ce qui suivait. La mention de l’Inquisition d’Aelius attisa l’intérêt de Linh. Elle ne chercha spécialement à le cacher, s’autorisant même à laisser filtrer une pointe de surprise dans son visage. Qu’il ait été pourchassé par l’Inquisition ne pouvait vouloir dire qu’une chose : Valerio Thorpe était un mage. Cela compliquait drôlement les choses : la reine se voyant alors tiraillée entre ses convictions personnelles et son rôle à la tête du royaume de Mukesha. Pour autant, elle reprit un air sérieux, chassant les restes de surprise pour écouter la suite de son discours. Le fait qu’il n’était pas encore fiché parmi les mages clandestins était, en soit, une véritable chance. Cela lui épargnerait bien des maux, peu importe ce que la décision finale serait. Certaines implications sérieuses étaient ainsi retirées, comme quoi il avait bien fait de mentionner la chose.
La conclusion de cette riposte par le jeune mage était prévisible, mais pas moins plaisante. S’il y avait bien une chose que Linh avait appris à apprécier, c’était l’honnêteté et jusqu’à présent, il en avait fait preuve à un niveau remarquable. Il avait donc réussi à la surprendre agréablement, une chose que bien peu avant lui avait accompli. Qu’il affirme ne pas vouloir prendre de camps était un peu plus gênant puisque cela voulait dire qu’il n’accepterait pas aisément de donner des informations sur sa patrie - ce qui, rappelons-le, était l’objectif premier de la reine. La question posée compliquait également la donne puisqu’en affichant ses intentions, elle risquait de perdre son avantage, pour autant ne pas répondre n’était pas réellement une option. « Nous y reviendrons. » Autant ne pas le laisser dicter la suite de la conversation. Repousser le moment où elle dicterait ce qu’elle attendait de lui pouvait donner l’occasion de structurer une réponse plus avantageuse. Chercher à conserver l’avantage était primordial, suivre ce que son adversaire voulait

Ce n’était pourtant pas ce qu’elle avait en tête, préférant plutôt se concentrer sur un point précis dans ce qu’il avait dit : sa réalité de mage. Pour le royaume de Mukesha, ça ne voulait pratiquement rien dire. Le seul fait qu’il n’était pas encore dans la liste des mages clandestins suffisait à régler la question puisque cela retirait le premier problème que ce détail aurait pu causer. Une autre question méritait cependant d’être posée et Linh ne comptait pas se priver de le faire. « Quel est votre don ? » Pas de fioritures, c’était bien le signe d’une curiosité personnelle. Ce n’était pas dénué d’intérêt pour la nation entière : après tout, un don dangereux ne pourrait pas être laissé dans les rues de Mukesha sans surveillance. Il était donc préférable pour tous que le jeune homme accepte de répondre à cette simple question. Au-delà des questions d’État, c’était une occasion pour lui de monter à nouveau dans l’estime de Linh. Cela n’était pas aussi avantageux que marquer des points auprès de la Reine, mais ce n’était pas non plus négligeable.
La petite interlude de curiosité personnelle n’était pas faite pour rester. Le sérieux des négociations reprit rapidement le dessus et des questions plus importantes suivirent. La première ne tardant pas à être posée : « Vous souhaitez donc poursuivre votre quête de réponse… Cela implique-t-il de rester à l’intérieur de nos frontières pour une durée étendue ? » Un monde séparait une réponse négative d’une réponse positive. S’il ne cherchait qu’à traverser le Royaume pour poursuivre vers d’autres contrées, il serait plus facile d’atteindre un consensus acceptable que s’il désirait s’installer pendant un certain temps au sein des frontières. Il restait un Aélien, mage de surcroit, ce qui ne le rendrait que plus impopulaire auprès de la population et des nobles de Mukesha. Ainsi, le laisser sortir de sa prison serait plus ardu malgré les bonnes volontés de Linh. Après tout, à présent qu’elle le savait mage, il était évident que ses convictions personnelles pesaient dans la balance quand bien même elle essayait de les repousser.

Restait tout de même à répondre à la question qu’on lui avait adressée. Linh supposait que ce qu’elle attendait sautait aux yeux, mais elle décida tout de même de le dire ouvertement, enfin, aussi ouvertement qu’elle pouvait se permettre de le faire. « J’attends de vous que vous m’offriez quelque chose. » Des informations, en l’occurence, mais elle n’avait nullement besoin de le dire tel quel. Après tout, elle n’était pas contre l’hypothèse où il se montrerait utile d’une autre façon. Libre à lui de la surprendre à nouveau, il en semblait bien capable. « J’imagine que vous n’êtes pas sans avoir qu’il m’est impossible de vous laisser quitter les donjons sans une contrepartie quelconque. Votre but est sans doute louable, mais vous restez un aélien et je ne peux me permettre de vous offrir un quelconque traitement de faveur. » Notons qu’elle serait sans doute prête à le faire dans certaines éventualités. Il avait marqué de bons points qu’elle ne saurait ignorer et il avait touché un point sensible en évoquant qu’il était un mage. Pour autant, Linh restait une reine et elle ne pouvait se permettre des écarts de conduite. « Par votre seule présence, vous engagez bien plus que vous ne pourriez l’imaginer. » Elle ne pouvait espérer qu’il ne serait pas naïf au point de croire que des intentions louables suffiraient. Rester neutre n’était pas réellement une option et il le découvrirait bien rapidement.

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Au-delà de la frontière [feat Linh]
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