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Dans l'antre du loup [PV Medea]






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Jeu 18 Aoû - 0:53

❝ Dans l’antre du loup ❞
ft. Medea

Tout dans cet endroit rendait Ophelia mal à l’aise.
Les murs violacés qui défilaient sous ses yeux menaçaient d’engloutir les visiteurs, couverts d’œuvres d’art et d’autres nombreuses décorations qui ne parvenaient qu’à peine à dissimuler l’air austère de l’endroit. On aurait dit qu’un courant d’air glacial se faufilait dans le palais, comme si le soleil ne parvenait pas à atteindre les occupants de la plus prestigieuse des constructions de l’empire. Du moins, c’était l’impression que la jeune noble avait eu la première fois qu’on l’avait guidée, elle et sa famille, jusqu’à la salle du trône.

Dès son tout jeune âge, on lui avait appris à craindre la puissante famille Saltarelli et celle qui représentait le résultat de leur longues années de complots, l’Impératrice Medea. Toute jeune, elle partageait cette peur qui lui faisait fixer le sol dès qu’elle entrait dans la capitale, cet endroit que tout Thorpe ne pouvait que contempler avec amertume, héritier des souvenirs d’une gloire passée. Cependant, après la première visite d’Ophelia il y avait maintenant dix ans, l’Impératrice semblait s’être prise d’affection envers sa cadette. Elle l’avait invité à plusieurs reprises au cours des années qui avaient suivies, ne démontrant rien de la personnalité froide et impitoyable qu’on lui attribuait en Arancia. La jeune femme ignorait pourquoi la reine elle-même lui portait tant d’attention et la choyait ainsi; peut-être avait-elle besoin d’une amie, ou la voyait-elle comme une petite sœur. Rapidement, ses réticences et ses craintes avaient disparues, effacées par les sourires lumineux de Medea et les soirées passées à discuter, à se faire coiffer, à tout simplement être dorlotée. Ophelia n’oubliait jamais le statut de la souveraine, ce qui empêchait leur relation d’être aussi amicale qu’elle aurait pu l’être, mais malgré les inquiétudes de ses parents, elle en était venue à apprécier celle de dix ans son aînée. Maintenant, lorsqu’elle se rendait au palais, elle fredonnait, ses pas légers.

Il y avait quelques jours, Ophelia avait reçu une lettre à sa résidence de l’Impératrice elle-même, qui l’invitait à nouveau à lui rendre visite. La dernière invitation datant de plusieurs mois déjà, elle avait été heureuse de cette diversion, son esprit ayant été accablé par le souvenir du départ de Valerio. Elle ne pouvait certes mentionner les dons, peu importe de quelle manière, avec Medea, chose que ses parents lui avaient fait promettre plus de fois que de raison, mais elle s’y était habituée, elle qui savait pourtant difficilement mentir. Le bien-être de sa famille était une priorité qu’elle n’outrepasserait pas. C’était donc sans crainte qu’elle était partie vers la capitale, accompagnée de sa propre escorte, et avait rejoint l’immense structure qui se démarquait de tout le reste. Guidée par les domestiques bien qu’elle connaisse désormais bien le chemin, elle fut guidée jusqu’à l’une des grandes salles, visiblement là où la souveraine se trouvait en début d’après-midi. Dès qu’elle fut introduite dans la salle, elle s’inclina avec grâce devant l’Impératrice, un délicat sourire sur ses lèvres, les yeux brillants d’une joie non dissimulée.

« Votre altesse. »

Le ton était respectueux, le respect qu’elle démontrait à sa reine exemplaire. Elle ne se redressa que lorsqu’on lui en donna la permission, attendant que Medea s’adresse à elle avant d’ajouter quelque chose. Devant les domestiques, elle pouvait difficilement déroger à ce code de conduite, de toute façon.

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Medea D. R. Saltarelli
Impératrice Boobzilla
Sam 20 Aoû - 20:06
Dans l'antre du loup
Medea ft. Ophelia



Voilà plusieurs jours que je m'ennuyais, seule, au palais d'améthyste. Le climat froid rendait mon humeur maussade et Alfio s'était absenté pour affaires administratives - ou quelque chose dans le genre, cela ne m'intéressait guère. D'habitude, lorsque je m'ennuie, je décide de passer mes journées dans la bibliothèque du château pour y lire ou relire certaines oeuvres attirantes comme des archives de guerre ou des contes d'horreur. Or, il se trouve que cette semaine, ma petite soeur Vorona s'amuse à monopoliser l'endroit sans même que je puisse y ajouter un mot. Princesse et dotée de sang de Saltarelli, abuser de mon pouvoir pour de simples livres sur ma très chère soeur serait immature et déplacé. C'est bien dommage, car me voilà sans grand loisir apparent en ces journées. Valente est également occupé et mes gardes sont ennuyants et inintéressants.

En réfléchissant une nuit devant ma glace, une nouvelle idée est apparue dans ma tête. Un éclair m'a foudroyé si violemment que j'en ai fait tomber ma brosse.

Invitons ma chère et tendre Ophelia Thorpe.

Ophelia est une noble de la même famille que l'un de mes Inquisiteurs, mais leur différence est frappante. Bien qu'il soit un tantinet faible et maladroit, il garde la tête haute - au moins un minimum. Sa cousine, quant à elle, paraît comme une utopie. Innocente, douce et ignorante de tout ce qui l'entoure dans un Empire rempli de meurtres, corruption et violence, elle demeure enfermée dans une bulle douillette et difficile à éclater. Sa pureté me fascine intensément, tellement que j'ai décidé de sympathiser avec cette demoiselle et de jouer la carte de la fidèle amie. Je ne me montre pas impulsive ni cruelle, juste dans l'image de son monde. L'image que de nombreuses personnes aiment s'imaginer de moi.

Lors de nos rencontres, nous nous baladons dans le jardin, discutons de culture ou de sujets féminins comme la couture ou les bijoux ; des sujets qui ne me vont guère en temps normal, ou des occupations que j'avais à treize ans. C'est pour cela que je traite Ophelia comme une enfant à dorloter et à amener doucement dans une vision spécifique de son Impératrice. Une alliance avec les Thorpe est grandement envisageable et cette jolie princesse peut jouer un atout indispensable.

Assise sur mon trône, les portes s'ouvrent enfin face à moi pour y dévoiler la tendre Ophelia Thorpe, ornée d'une longue robe aux couleurs de son âme. Me saluant d'une révérence, je me lève aussitôt afin de descendre les marches et la rejoindre sur le tapis rouge pour lui offrir un sourire accueillant.

- « Dame Ophelia. Quel plaisir de vous voir. »

Je m'abaisse légèrement afin de mieux percevoir son visage et ainsi scruter son innocence si naturelle et encrée dans ses yeux azurs. Une véritable perle.

- « Comment allez-vous, depuis votre dernière visite ? Vous êtes radieuse. »

Je fais signe aux gardes ayant escorté la jeune fille de partir pour qu'elle se sente plus à l'aise et décide de prendre un ton plus amical envers ma personne. Le statut d'Impératrice peut l'intimider, je préfère donc lui éviter d'être embarrassée dans mon palais - tout l'inverse de son cousin, en réalité. Les parallèles se forment drôlement au fur et à mesure des venues d'Ophelia.


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Mer 24 Aoû - 7:51

L’accueil chaleureux de l’Impératrice réchauffa le cœur d’Ophelia, qui ne put qu’offrir son plus beau sourire en se relevant, regardant finalement la puissante femme qu’elle avait la chance de pouvoir appeler son amie. Un modèle, voici ce que Medea était aux yeux de la jeune noble : une femme dont la présence imposante forçait le respect, ajoutait à son charme déjà incontestable. Une personne en pleine possession de ses moyens, pleine de ressources, qui avait la détermination et l’assurance pour obtenir ce qu’elle désirait. La jeune blonde ne voyait pas en son aînée quelqu’un d’égoïste, cependant; elle avait vu comment ses sujets lui importaient, au final. Être reine d’une nation demandait des sacrifices, certes, et forçait le caractère, et Ophelia ne pouvait que l’admirer davantage, elle qui était capable de tant de choses. Elle savait que Medea était tout ce qu’elle ne pouvait que rêver être, mais pouvoir recevoir des conseils d’elle, avoir une relation privilégiée comme celle-ci, elle se sentait choyée, bien plus qu’elle ne le méritait.

« Merci, votre Altesse, vous me faites trop d’honneur. Je suis reconnaissante de votre invitation. Elle a égayé mes journées à la routine itérative. »

Elle s’avança quelque peu, laissant entre les deux femmes une distance d’à peine plus d’un mètre plus intime que ce que la bonne séance demandait. Ses mains se croisèrent sur sa jupe en tulle dont le blanc était tissé d’argent, et elle sourit à nouveau à la grande dame, réellement heureuse de passer ainsi du temps dans la capitale. Le fait qu’elle puisse enfin sortir de son domaine, loin de la solitude qui lui pesait encore davantage depuis le départ de son cousin, n’était pas sans contribuer à son bonheur.

« Vous-mêmes, vous semblez rayonner. J’espère que ces derniers temps vous ont été favorables? »

Pour Ophelia, l’art de régner était aussi déconcertant que fascinant; si elle savait sans l’ombre d’un doute que la position d’Impératrice ne l’intéressait pas et ne l’intéresserait jamais, elle ne pouvait s’empêcher d’éprouver beaucoup de curiosité pour les histoires que Medea lui racontait parfois sur ses expériences à la cour, des expériences très différentes des siennes bien souvent. La jeune noble ne pouvait s’empêcher de réagir honnêtement à ce que racontait la reine à propos de ses sujets, que ce soit la désapprobation, la pitié ou l’hilarité – elle avait d’ailleurs présenté des excuses de nombreuses fois au cours des années pour ses agissements malséants. Heureusement que personne ne lui en avait tenu rigueur. Des fois, elle songeait avec embarras si elle était réellement apte à faire partie de la cour de l’empire d’Aelius.

Observant poliment l’Impératrice, elle ne put qu’apprécier son sens du style, si différent du sien et pourtant impeccable. Sa robe était d’un noir sombre, rappelant les nuits sans lune, mais aux extrémités, le violet régnait en maître. Les deux couleurs se mélangeaient dans des dégradés aux limites impossibles à déterminer, et les motifs que le mauve formait sur le corset allongeait la silhouette de sa propriétaire et mettait en valeur son impressionnante poitrine. L’habit lui allait si bien, on aurait dit qu’il n’avait été fait pour elle. C’était sûrement le cas, en fait.

Soudainement, Ophelia se souvint de ce qu’elle avait caché dans sa cape de voyage, précieusement à l’abri des quelques risques encourus lors du déplacement. Elle sorti d’une poches intérieures une petite boîte enrubannée à l’emballage parsemé de petits cristaux, de réelles pierres précieuses des mines d’Arancia. Pour n’importe quel connaisseur des confiseries et autres délicatesses d’Aelius, cette boîte était facilement reconnaissable, sa réputation n’étant plus à faire et le prix exorbitant en étant la preuve. Les nobles étaient friands de ces chocolats, spécialité de Fiore, mais des températures capricieuses avaient considérablement nuit à leur exportation.

« Peut-être en avez-vous reçu depuis notre dernière visite, mais la dernière fois, la capitale n’en avait plus reçu depuis un moment. J’ai pris la liberté de vous en apportez une boîte. J’espère que ce n’est pas trop déplacé. »

D’un sourire un peu timide, elle tendit délicatement la boîte à l’Impératrice. Elle se souvenait de la désolation de son amie, lors de sa dernière visite, lorsque les chocolats s’étaient faits rares, et la jeune noble s’était mise en tête de lui en rapporter lorsqu’elle reviendrait dans la capitale. Elle espérait que cela plairait à Medea. Elle lui donnait tant, après tout, elle ne pouvait s’imaginer comment elle pourrait lui rendre la pareille un jour.

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Impératrice Boobzilla
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Medea D. R. Saltarelli
Impératrice Boobzilla
Mer 24 Aoû - 17:10
Dans l'antre du loup
Medea ft. Ophelia



Tendre Ophelia semble ravie de revenir ici, à la capitale, dans mon ravissant palais aux couleurs de la royauté ; le violet hante les lieux, mais elle n'a pas l'air aussi perturbée que lors de notre toute première rencontre où la jeune fille rougissait dès qu'elle prononçait le moindre mot.

Joyeuse, je débute une marche tout en continuant la discussion. Nous nous baladons doucement dans la salle du trône jusqu'à atteindre les couloirs qui nous mènerons d'ici quelques instants dans les jardins privés du château, endroit qui ravira forcément la noble Thorpe.

- « Si cela égaye vos journées, je ne peux être qu'encore plus heureuse de vous retrouver ici à mes côtés. »

Sa beauté me rendrait presque jalouse. Sa peau de lait, la douceur de son regard et ses magnifiques cheveux blonds retombant doucement sur ses épaules en de légères boucles rappelleraient presque un ange, une divinité quasi parfaite que même Raijin pourrait admirer. Ses vêtements blancs et clairs font un extrême contraste avec les miens dans les tons noirs et violets, ce qui prouve une nouvelle fois nos immenses différences. Le yin et le yang se rejoignent en cette journée, comme si le noir absorbait le blanc sans difficulté pour pouvoir l'amener dans mon sens et qu'elle me voit telle une amie véritable. Je me sentirais presque triste de jouer ce rôle à ses côtés, mais malgré tout cela purifie mon âme et me rend de bonne humeur.

- « Oh, ces derniers jours ont été légèrement mouvementés. Nous recherchons un mage clandestin, donc ce n'est pas de tout repos. Les nuits ne sont pas très reposantes, mais je fais mon possible pour Aelius. Il s'agit du plus important. De plus, il fallait que le palais soit le plus présentable possible pour votre venue ! J'espère d'ailleurs que l'endroit vous convient tout autant que lors de votre dernière visite. »

Ses légères joues rosées me confirment que la belle perle reste facilement intimidable, mais je trouve cela adorable. C'est d'ailleurs après mes paroles que je vois une petite boite minutieusement décorée entre ses mains de porcelaine, sûrement doté d'un cadeau sincère et véritable. Je prends soin de récupérer la boite en posant mes doigts contre les siens, un contact sûrement interdit et nouveau pour la jeune noble. Je la remercie sans attendre une fois les chocolats découverts à l'intérieur. Une petite faiblesse se montre sans attendre de ma part : j'adore le chocolat.

- « Merci infiniment, Dame Ophelia. Ce n'est absolument pas déplacé, vous savez comment plaire à l'Impératrice ! »

Je ris doucement pour détendre l'atmosphère et lui faire comprendre qu'il s'agit d'une offrande que j'apprécie.

- « Ils ont l'air délicieux. En effet, cela faisait un petit bout de temps que nous n'en avions plus à Casalta. Mais trêve de bavardages ; allons goûter ces mets dans les jardins ! »

Sans plus attendre, je lui tends mon bras afin de l'escorter avec galanterie jusqu'à l'endroit convenu. Les buissons sont taillés au millimètre près, les roses ornent les chemins pavés jusqu'à l'un des bancs placé face à un large saule pleureur.

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Ven 2 Sep - 1:36

Ophelia parvint à rester impassible à la mention de la chasse aux mages clandestins, d’une manière ou d’une autre. Si elle avait grandi en se répétant sans cesse qu’elle ne faisait pas parti de ce groupe d’individu, n’ayant donc pas eu à feindre entièrement un certain désintérêt pour les actions de l’Inquisition, la dernière visite de son cousin avait ramené à la surface des faits indéniables. Être en présence de l’Impératrice alors qu’elle était elle-même un mage semblait être le plus grand affront qu’elle eut osé faire dans sa vie, et elle se sentait hypocrite, sale d’agir comme si elle avait le droit d’être en compagnie de la grande dame, de mériter ses attentions. Peut-être un jour serait-il temps de demander pardon, voire même l’absolution si elle en avait le courage, mais pour cette visite, une autre encore, elle ferait comme si tout allait bien. Comme si le monde n’était pas doucement en train de disparaître sous ses pieds, petit à petit. À regarder Medea, si assurée, majestueuse, attentionnée, elle pouvait presque y croire.
 
La bonne humeur de la jeune noble revint quand la souveraine accepta avec grande joie son cadeau. Que cela lui plaise était tout ce qu’elle pouvait espérer, surtout qu’il s’agissait d’un geste qu’elle avait posé sans s’être assurée qu’il conviendrait, même si l’amour du chocolat de l’Impératrice n’était pas un secret. Lorsque les deux femmes s’échangèrent la boîte, les mains se frôlèrent, et Ophelia ne put s’empêcher de rougir, ses joues de porcelaine si facilement teintées par ses humeurs. Elle ne s’était jamais tout à fait habituée à la proximité de Medea qui ne se gênait pas pour s’exprimer à travers des contacts physiques qu’elle n’avait connu qu’avec ses cousins et sa famille uniquement. Elle n’était pas mal à l’aise, toutefois, et ne fit que sourire, visiblement ravie que le cadeau plaise autant qu’elle l’espérait.
 
Lorsque la reine lui tendit le bras avec l’intention de la guider jusqu’au jardin, elle y enfila le sien sans s’y faire prier, heureuse de retourner dans sa partie favorite du palais. Si l’ambiance intérieure pouvait sembler plus lourde, un véritable oasis se trouvait en son centre, et entre les grands arbres, les fleurs qui semblaient colorer la scène tout au long de l’année et les petits cours d’eau limpide, la jeune noble se sentait véritablement à son aise. Les deux dames ne s’aventurèrent pas bien loin dans la végétation cependant, atteignant l’immense saule pleureur qui gardait dans l’ombre agréablement fraîche un charmant petit banc de bois habilement sculpté. Chacune s’y installa, et le visage caressé par une légère brise dont elle n’aurait pu deviner la provenance, Ophelia inspira profondément, sereine.
 
« Le palais est toujours aussi majestueux, et les jardins sont une pure merveille. Vous me choyez, de m’y inviter ainsi encore une fois. »
 
Elle leva le regard, observant les branches pendantes s’agiter sous la brise, comme une chorégraphie improvisée accompagnée du chant du vent dans les feuilles. Elle tendit une main, distraitement, frôlant du bout des doigts la ramure qui se balançait juste au-dessus de leur tête.
 
« De si beaux arbres…Il n’y en a pas, dans le nord… »
 
Arancia connaissait des étés plutôt doux, mais les hivers étaient si rudes qu’excepté les sapins et les pins qui formaient des forêts denses et plutôt isolées, les variétés de plantes étaient assez limitées. Les vivaces et les conifères étaient la seule verdure que la jeune noble avait connu, même avec les attentions des habiles jardiniers de sa demeure. Sortant de sa rêverie, elle se retourna vers son hôte, et lui offrit un superbe sourire, reprenant un ton de voix plus clair et enjoué, exprimant visiblement ses honnêtes pensées.
 
« C’est un véritable plaisir de passer du temps avec vous. Davantage que la demeure, votre compagnie est ce qui me manque le plus. »
 
Ces paroles auraient pu être prononcées avec le meilleur ton mielleux de n’importe quel noble de la cour, désireux de bien paraître aux yeux de l’Impératrice, mais ils exprimaient les réels sentiments d’Ophelia, sans aucun sous-entendu ou désir impur. Visiter la capitale était une chose qu’elle pouvait faire d’elle-même, ou du moins en compagnie de sa famille, et ce n’importe quand lorsqu’ils avaient le temps de faire le voyage. Cependant, passer du temps avec la souveraine elle-même était une occasion rare en raison de ses horaires chargés, ces derniers temps ayant été encore plus occupés pour la grande dame qu’à l’habitude. La jeune noble espérait que son invitation signifiait que Medea avait davantage de temps pour respirer et profiter des derniers souffles de l’été.
 
« J’espère que ces derniers temps ne vous ont pas été trop pénibles. Les festivités de l’automne arrivent à grand pas, cela doit demander beaucoup de préparations. »
 
Sans toutefois vouloir poser directement la question, Ophelia était toujours intriguée par la vie au palais, et s’était toujours intéressée aux anecdotes de l’Impératrice qui ne manquait jamais d’histoires à raconter sur ses rencontres avec ses dignitaires, les demandes qu’elle recevait des membres du peuple ou les soirées mondaines qui s’organisaient régulièrement à la capitale. Cependant, la boîte de chocolats, toujours entre les mains de Medea, lui rappela que ce n’était pas le temps des questions, mais bien de la dégustation, et elle se tut donc, se décidant à plutôt profiter de l’instant présent, de la bonne compagnie, de la fraîcheur de l’ombre des jardins.
 
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Medea D. R. Saltarelli
Impératrice Boobzilla
Mer 7 Sep - 18:01
Dans l'antre du loup
Medea ft. Ophelia



La candeur d'Ophelia prend le dessus sur tout le reste. Son regard empli d'ignorance, ses joues rosées et ses boucles se balançant gentiment contre ses épaules reflètent une image de sincérité et de pureté inévitablement rare en Aelius, ou même dans mon palais. Sa joie se reflète aisément dans ses gestes, tout comme ses exclamations une fois installée à mes côtés dans les jardins, entourés de verdure et de plantes venant des quatre coins d'Hypérion afin de se joindre à l'unisson ici, dans les appartements d'une Impératrice souvent crainte mais admirée par la noble qui se trouve face à moi.

- « Voyons, c'est un immense plaisir que de partager cette brise à deux. Mes jardins sont pour moi un endroit de repos, de détente après des heures de travail difficiles, mais partager ces instants est pour moi la meilleure des récompenses. »

La demoiselle ajoute par la suite que ce paysage-ci se différencie de celui le nord, où les contrées froides ne sont couvertes que d'une neige aussi immaculée que l'âme de la résidente des montagnes. Fiore est un endroit que j'apprécie lors de ses hivers durs mais agréables autour d'un bon feu, et je ne doute pas que mon invitée décide de me faire venir dans ses quartiers à mon tour lorsque la saison sera avantageuse. Pourquoi pas s'y rendre accompagnée de mon cher Inquisiteur, pour un peu plus d'amusement ?  

- « Le climat doit vous faire un effet assez surprenant lorsque vous venez ici. En effet, le nord et la capitale ont énormément de différences, mais elles sont toutes aussi charmantes les unes que les autres. J'espère en tout cas que la disposition du jardin vous est convenable, Dame Ophelia. Votre présence m'a également manquée ! »

Mon hospitalité répétitive pourrait lui paraître maladroite, mais grâce à cette attention que je lui porte, Ophelia a toujours l'air de se sentir plus à l'aise à mes côtés. Il est évident que je ne suis pas un personnage simpliste avec qui nous pouvons être entièrement détendu à cause de mon rang et mon pouvoir, or je ne cesse de lui prouver le contraire afin de rester proche de cette aura si douce qui m'enchante et me fascine... L'innocence est quelque chose que je ne connais plus depuis longtemps et que je peux toucher aisément par le biais de cette belle jeune femme attendrissante et approchable. Des gardes surveillent les entrées et sorties des jardins, mais hormis ce détail, nous sommes plutôt loin d'eux, situées au coeur de la végétation. Une intimité se créée, et Ophelia décide de poursuivre la conversation avant de déguster les chocolats offerts pour l'occasion. J'en prends un avec grand plaisir, le laissant fondre délicatement dans ma bouche après l'avoir mâché minutieusement pour profiter de ce goût luxueux qui me manquait bien trop...

- « Eh bien, une Impératrice n'a jamais énormément de temps devant soi, ce qui est fort regrettable par moments. L'automne arrive, comme vous le mentionnez, tout comme la Cenza. Cet événement doit être préparé avec minutie, le surplus de travail n'est donc pas négligeable. Heureusement, il m'arrive de pouvoir respirer comme en ce jour, entourée de ces buissons, de ces arbres et de ces fleurs qui apaiseraient toute âme aguerrie. »

Je pique un second chocolat de sa boîte tout en fermant les yeux pour écouter le bruit des feuilles se frotter entre elles. La jeune noble assise sur ma gauche, sa voix presque aussi calme que le vent s'associe parfaitement avec le climat et l'atmosphère silencieuse du moment.

- « Et vous, alors ? Racontez-moi comment cela se passe chez vous. Nous parlons beaucoup trop de moi ; à mon tour d'écouter vos péripéties. »

Mes lèvres s'étirent en un sourire en coin à la réponse de celui offert par mon hôte précédemment. J'ai souvent entendu ces discours brûlant de passion, de sincérité et de tendresse qui, dans une seconde écoute, ne sonnaient uniquement comme de l'hypocrisie plutôt pitoyable et drôle à entendre, mais le sien est d'autant plus choquant car il est réel. Aucun doute ne se créé dans mes pensées, elle est une perle rare incontestable. Une Thorpe, une noble, et une merveilleuse créature candide.


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Ven 9 Sep - 2:15
Ophelia fut ravie de voir l’Impératrice embarquer dans ses sujets de conversation un peu insignifiants et pourtant rassurants pour la jeune noble qui voyait en ces propos insouciants la preuve que Medea allait bien, qu’elle ne pliait pas sous la lourdeur de la tâche. Pas que la blondinette croit que la grande dame soit quelqu’un de faible, bien au contraire, sa force et sa résilience ne cessait de surprendre et d’inspirer l’admiration chez la jeune Thorpe qui ne pouvait se targuer d’aucune des deux. Cependant, elle avait toujours gardé une certaine crainte, qu’elle n’osait formuler par peur de vexer la souveraine, que cette dernière soit dépassée par les tâches qui incombaient à une dame de son rang, des tâches qui semblaient inhumaines par moment. Bien à son malheur, Ophelia ne pouvait l’aider à réduire le poids de celle-ci, et ne pouvait qu’offrir une oreille attentive et une excuse pour s’éloigner un peu de la salle du trône. Alors, puisqu’elle ne pouvait faire que cela, elle se donnait de tout cœur à leurs activités communes, pour elle-même mais surtout pour son amie. Peut-être était-ce un peu arrogant de croire qu’elle pouvait ainsi être utile.

Les chocolats disparurent peu à peu de la boîte sous les attentions répétées de Medea qui, fermant les yeux, semblait profiter réellement des petites joies de la vie. Ophelia s’émerveillait de ces moments où la souveraine se laissait aller, oubliant pendant un instant le masque d’Impératrice, de dirigeante d’une nation. Dans ces rares occasions, la jeune femme se sentait réellement choyée de pouvoir apercevoir la femme derrière celle qui occupait le trône, qui sans perdre de sa prestance et de sa noblesse devenait humaine, approchable, quelque peu fragile. Une beauté qui coupait le souffle à la jeune Thorpe, d’une manière qu’elle ne s’expliquait pas, comme si elle assistait à un spectacle mystique. Lorsque Medea ouvrit les yeux à nouveau, reprenant l’entièreté de sa prestance, ce fut pour s’adresser à la blondinette qui, tout sourire, remercia Raijin pour ce petit moment de paix.

Les derniers temps ont été plutôt routiniers, j’en ai bien peur. Il y a bien eu la soirée de dame Lovelace…



Accompagné de quelques gestes de mains expressifs, une tendance inconscience qu’elle avait pourtant bien essayé de faire disparaître, elle s’amusa à relater les événements de la petite soirée où la pauvre dame, promise à un duc reconnu pour ses tendances libertines, avait dû supporter l’affront de le voir faire de l’œil à toutes les dames de l’endroit avant de craquer et de lui envoyer son verre de vin en plein visage. Une scène bien comique pour les spectateurs, mais Ophelia ne pouvait s’empêcher de ressentir de la pitié pour la dame qui n’avait pas eu la chance d’être promise à une personne qui ferait au moins l’effort de bien la traiter.

Et puis, la date du mariage n’étant toujours pas décidée et étant sans nouvelle de mon fiancé, je n’ai bien guère d’autre à faire que d’attendre chez moi.



La phrase était sortie d’elle-même, conclusion de son récit et réalité telle qu’elle l’a concevait, mais elle dû faire un effort à nouveau pour garder son estomac à l’endroit, la nervosité menaçant de la rendre agitée. D’un petit regard à travers ses cils à l’endroit de l’Impératrice, il devenait évident qu’elle voulait lui poser une question, mais qu’elle n’osait pas tout à fait, jouant inconsciemment avec sa bague de mariage, ses yeux ne sachant mentir. La demeure Basaïa se trouvait dans la capitale après tout, et Nerio étant l’un des anciens militaires et nobles les plus décorés de sa génération, il était certain que la souveraine l’avait rencontré, ou le connaissait même plus ou moins bien. Medea était bien sûre aussi au courant des fiançailles, même s’il s’agissait de la première visite depuis celles-ci et, ainsi donc, de la première fois qu’elles en parlaient toutes les deux. La grande dame n’était pas mariée, et Ophelia l’enviait un peu d’avoir ce choix, mais elle n’allait tout de même pas s’abaisser à de la jalousie. Elle finit par se décider à lui poser sa question, d’une voix hésitante.

Et bien...j’ignore si une telle question n’est pas trop indiscrète, mais…connaissez-vous Sir Nerio? Je veux dire, davantage que de réputation. Je ne l’ai moi-même qu’à peine croisé avant d’apprendre que nous étions promis l’un à l’autre, et je n’en sais donc que très peu sur mon fiancé…



Après un moment de silence quelque peu embarrassant où Ophelia n’osa trop relever la tête, elle fit finalement face à Medea, son sourire, quoiqu’un peu gêné, revenant illuminer son visage.

Pardonnez-moi. Je ne devrais m’en remettre aux autres et aller le rencontrer moi-même. C’est embarrassant, mais j’avoue être un peu craintive à l’idée d’aller lui rendre visite dans la capitale. C’est un comportement puéril, je sais.



Malgré le rire un peu dérisoire, elle restait souriante, remontant une mèche de cheveux derrière son oreille, visiblement embarrassée mais nullement mal à l’aise. Elle savait qu’elle pouvait se confier à Medea, et bien qu’Ophelia reconnaissait que ses inquiétudes étaient en effet bien peu dignes d’une dame de la noblesse, elle n’avait pas à se sentir honteuse ou humiliée d’agir ainsi devant celle qui agissait parfois comme une grande sœur pour elle.

DEV NERD GIRL

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Medea D. R. Saltarelli
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Jeu 15 Sep - 18:26
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Medea ft. Ophelia



Alors que le calme régnait sur notre conversation et notre dégustation de chocolats, Ophelia décide de s'ouvrir peu à peu à moi ; chose que j'attendais impatiemment, à vrai dire. Cela prouvait que je possédais sa confiance tendre, pure et envieuse. J'avais à nouveau un atout envers les Thorpe, il convenait donc à moi de ne rien gâcher. La présence de la jeune noble me paraissait étonnement agréable, car si rare : il n'existe quasiment plus d'êtres comme elle ici, à Casalta - ou même dans tout Aelius. Les esprits corrompus, les mages insupportables, les haineux de Raijin ou de mon règne..  par moments, je dois avouer que cela me fatiguait quelque peu de devoir choisir comment me débarrasser des pesticides de mon royaume. J'aimerais ne rien voir comme tel, mais il m'en est impossible, et encore plus en tant qu'Impératrice. Mon pouvoir m'importe, l'amour de mon peuple également. Je veux qu'ils m'aiment, c'est une évidence, et ressentir la complicité de ce si beau bout de jeune femme me ferait presque rougir. Elle est inaccessible et toute proche à la fois ; ce n'est qu'un fantasme, un rêve de l'imaginer se noircir à cause de moi...

À l'écoute de ses craintes depuis la soirée de Dame Lovelace et de ce fameux futur époux, je ne peux m'empêcher de gratter mon menton pour mimer une mine réfléchie. Je connaissais évidemment cette histoire de mariage avec Nerio Basaïa, un homme qui me sert depuis quelques temps désormais. Nous ne sommes pas en excellents termes, mais nous avons des similarités qui finissent par nous lier étroitement même si je préférerais me débarrasser de cette tignasse chauve par moments. Le contraste entre lui et sa future femme est presque aussi béant qu'avec moi, et je dois avouer qu'une certaine crainte peut se faire ressentir pour Ophelia. Elle est certainement toujours vierge, innocente et ignorante de la réalité des choses. Je ne saurais comment la rassurer, si ce n'est la garder sous mon aile même si le mariage approche - c'est la moindre des choses que je puisse faire. Je grimacerais fortement s'il osait l'assombrir de son plein gré.

- « Vous n'avez aucune nouvelle de lui ? Ce n'est pas très poli de faire attendre sa dame. Heureusement que je vous ai invitée pour vous occuper ici, votre ennui à Fiore doit être immense... »

Un léger rire poursuit mes propos avant qu'Ophelia continue ses doutes et son questionnement sur Nerio. Je me sens flattée de pouvoir servir d'aide à ses yeux et il est évident que me mêler des affaires des autres est un pêché mignon. Je pourrais faire ça tous les jours, si le temps me le permettait.

- « Ne vous excusez pas, Dame Ophelia. Je comprends ce que vous ressentez et vous n'avez pas à vous rabaisser vous-même devant moi. »

Je pose volontairement une main sur son épaule pour, officiellement, lui montrer un geste de soutien. Officieusement, je n'apprécie uniquement que ses réactions lorsque la distance de politesse se brise face à son air incrédule.

- « Pour vous répondre, il a été ancien militaire, donc à mon service. J'ai pu le côtoyer, et je vous avoue qu'il n'est pas la personne la plus agréable à connaître ici. Je ne suis peut-être pas dotée d'une âme blanche, mais la sienne ne me plaît guère. Malgré cela, j'espère qu'il saura faire de vous une belle femme épanouie, et qu'il ne vous importunera pas. J'ai toujours du pouvoir dessus, alors ne soyez pas trop inquiète ; je suis là pour vous rassurer, et je serais ravie de vous aider pour votre mariage. »

Je savais que lui dire cette vérité pouvait l'apeurer, mais c'était inévitable pour moi d'insister sur ma présence à ses côtés. Si Nerio me paraissait si gênant, c'est évidemment à cause de certaines de nos idées qui se joignaient parfaitement. Je ne pouvais le nier : je suis toute aussi pourrie que cet homme.

- « Si vous voulez aller le voir, je peux demander à mes hommes de vous escorter là-bas pour plus de sûreté. Ne vous en faites pas, je suis sûre que cela se déroulera sans encombres. Les mariages sans amour peuvent faire preuve d'un dégoût et d'une réticence sans précédent, mais vous pourriez être surprise. Je suis mal placée pour discuter de mariage, car en tant qu'Impératrice, je ne fais pas réellement honneur à ma patrie en étant moi-même sans époux. »

Je joue avec une mèche de mes cheveux, faussement embarrassée de mon choix de vie. En toute honnêteté, je hais les mariages, l'amour et les promesses faites en ces occasions. Profiter des passions d'une nuit, du plaisir lorsque mon lit est partagé me suffit. Je ne veux plus jamais refaire face à ces sentiments aussi néfastes et insupportables ; il s'agit la pire des tortures. Certains êtres me fascinent, mais je ne les aime pas. Je veux qu'on m'aime, mais je ne donnerai jamais rien en retour. C'est possessif, égoïste, mais il en est ainsi.

J'aime simplement goûter à tout. Nerio doit sûrement apprécier cela, lui aussi. Choisir Ophélia est un cadeau qu'il gâchera sûrement ; cela me met en colère, mais les Thorpe sont désormais proches des Saltarelli. Ce mariage est une erreur, bien qu'inévitable, et je saurai comment la protéger.


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Sam 17 Sep - 7:35
Au propos de l’Impératrice sur l’ennui qu’elle devait ressentir enfermée dans sa demeure, Ophelia ne put que sourire en retour, hochant doucement de la tête. Autant qu’on aimait la ville où l’on avait passé sa vie entière, on pouvait changer l’arrangement d’une pièce qu’un certain nombre de fois avant de se lasser de ces mêmes murs aux pierres immuables.

Que l’Impératrice elle-même prenne le temps de la rassurer toucha beaucoup Ophelia, qui lui sourit avec gratitude. La souveraine elle-même n’exigeait d’elle que le minimum de la bienséance, l’encourageant à délaisser tant de partie d’un code qui n’existait en grande partie que pour lui plaire, à elle ainsi qu’au souvenir de ses ancêtres. Certains prêts à se jeter au plancher si elle ne faisait que le demander, pour s’attirer ses bonnes faveurs, alors que la jeune noble transgressait tellement de règles pour seulement s’y faire encouragée. La Thorpe était traitée avec tellement de gentillesse, la main de la souveraine se posant sur son épaule comme une présence rassurante qui la gardait ancrée sur terre.

Dire qu’elle ne s’était pas tendue aux premières paroles de Medea serait un mensonge. La jeune blonde n’osait bien sûr demander au destin de lui donner le fiancé idéal, celui qui serait doux, compréhensif, et saurait en même temps faire honneur à la famille Thorpe. C’était là un vœu contradictoire, puisqu’elle savait pertinemment l’attrait que son nom de famille avait pour la noblesse de l’Empire, comme n’importe quelle pièce de viande de choix, elle attirait les vautours et autre profiteurs désireux d’obtenir le meilleur morceau. Cependant, que Medea lui dise directement qu’il s’agissait d’un homme qui lui plaisait guère, mentionnant son passé militaire comme s’il y avait un lien entre les deux, elle ne pouvait faire taire la terreur qui s’installait en elle. Que son amie se présente aussi positive et lui permette sans détour de profiter de leur amitié pour s’assurer un mariage à tout le moins supportable fit disparaître quelques inquiétudes, mais à quel genre de relation était-elle promis si elle devait utiliser des connections pour pouvoir se protéger de celui qui serait son mari? Et puis, utiliser sa proximité avec la reine pour des fins personnelles la rebutait, ne voulant salir leur amitié par des manipulations indignes de ce qu’elle représentait pour elle.  

Merci beaucoup, votre Altesse, de partager cela avec moi. J’ose espérer que je n’aurai pas besoin de vous importuner avec mon mariage, mais je suis rassurée de savoir que je ne serai pas seule.



Le regard baissé vers ses mains qui jouaient avec un pan de sa jupe, elle semblait certes anxieuse mais reconnaissante envers sa bonne amie, un petit sourire flottant sur ses lèvres qu’elle avait cessé de mordiller. Elle priait Raijin, Chi, n’importe quelle déité qui pourrait l’écouter, que ce mariage ne soit pas l’épreuve qu’elle semblait vouloir être. Mais elle n’aurait pas à l’affronter totalement démunie. La plus grande chance, la plus belle chose que possédait Ophelia était les gens qui l’entouraient, et pour une jeune femme n’ayant que très peu sortie de sa demeure au cours de sa vie, elle avait été choyée d’amis précieux.

La jeune blonde songea un instant à la proposition de Medea. Autant qu’elle veuille éviter d’y penser, elle savait en effet que sa visite à la capitale était une occasion en or pour visiter son fiancé, qui y possédait depuis peu une demeure dans les plus beaux quartiers. Seulement, outre le fait qu’il n’était pas nécessaire de mobiliser inutilement une garde rapprochée pour se promener dans le secteur le plus sécurisé de la ville, elle savait que la présence des gardes vêtus d’améthyste à proximité donnerait à la rencontre déjà intimidante une ambiance impersonnelle, plus pratique qu’intime. Elle voulait prendre le temps de discuter avec Nerio et croire qu’elle n’avait pas besoin qu’on la protège en sa demeure ou même en sa présence. Et puis, elle préférait ne pas être vu dans l’état d’angoisse et d’agitation qu’elle serait très sûrement en se rendant jusqu’au manoir. Elle avait encore le temps d’y penser, cependant, et n’en était pas moins reconnaissante.

Ce n’était pas l’idéal de parler de mariage avec l’Impératrice qui, sans Empereur à ses côtés, faisait spéculer bien des nobles sans qu’on puisse toutefois pointer un successeur potentiel. Ce n’était pas une discussion qu’elles avaient déjà eu, en fait; Ophelia, bien peu intéressée jusqu’alors par les relations romantiques, ressentant pour ainsi dire aucun désir de devenir intime avec quelqu’un d’autre et cela peu importe son sexe, n’avait jamais cherché à aborder le sujet, et excepté quelques taquineries par-ci par-là sur l’apparence d’un tel ou d’un autre, Medea n’avait pas non plus insisté. La Thorpe se doutait bien qu’une femme aussi belle et puissante que la souveraine n’était pas sans compagnie pour la nuit lorsqu’elle le désirait, mais sans être repoussée par le concept, elle ne s’y intéressait que guère. L’improbable de la situation était probablement ce qui attirait le plus son attention. Après tout, vu tous les gens qu’elle côtoyait à chaque jour, n’y en avait-il pas au moins un dont elle appréciait davantage que le physique? Pas que ce ne soit de ses affaires, surtout qu’elle comprenait à peine le concept.  

Je crois au contraire que profiter de la chance de pouvoir choisir ou non de prendre époux est une bonne chose. Si l’Impératrice elle-même n’est pas heureuse dans un mariage, alors comment espérer qu’il en soit ainsi pour ses sujets?



Ses paroles s’arrêtèrent là, le concept d’amour et de relations intimes lui étant trop abstraites pour qu’elle soit en position de faire un commentaire sur la réciprocité des sentiments, la difficulté de tomber en amour et la nature d’un amour véritable, bref, tous ces concepts qui semblaient si importants dans les livres d’amour que toute dame noble cachait dans sa table de chevet tout en se décourageant de cette littérature de bas étage en public.

Cela étant dit, merci pour la proposition. J’ignore s’il est à la capitale, mais je passerai à son manoir lors de mon séjour. Je verrai alors. Peut-être est-ce mieux de m’y rendre seule ou peu accompagnée pour avoir une conversation à caractère moins officielle. Peut-être ce mariage me réserve-t-il le même bonheur que celui qu’ont connu mes parents.



Elle aimerait y croire. Vraiment. Et peut-être y parviendrait-elle si ce n’était de toutes ses appréhensions et mauvais pressentiments, comme si son intuition elle-même savait ce qui l’attendait.
Dans tous les cas, cela clôturait le sujet des mariages, et même des relations en général, et Ophelia n’en était pas déçue. Son regard s’attarda sur les branches balayées par le vent, les pétales de fleur dont l’une s’était déposée sur la chevelure améthyste de Medea, la douceur du rose complémentant bien son teint. La Thorpe sourit doucement à la scène, d’une beauté indéniable.

J’ai bien peur que cela soit toute mes péripéties. Je risque d’avoir bien davantage de choses intéressantes à vous raconter la prochaine fois. Je vous amènerai une nouvelle boîte, si vous le voulez.



Avec un de ses rares sourires amusés, elle pointa doucement la boîte de chocolats qui s’était vidée si vite. Il lui ferait plaisir de lui en faire cadeau d’une nouvelle, ne serait-ce que pour voir à nouveau la joie véritable illuminer le visage de sa bonne amie.

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Medea D. R. Saltarelli
Impératrice Boobzilla
Mer 28 Sep - 21:51
Dans l'antre du loup
Medea ft. Ophelia



Je sens l'aura d'Ophelia se détendre et s'ouvrir bien plus à moi, effaçant quelque peu l'image de l'Impératrice sanguinaire et autoritaire que je peux être au sein de la communauté Aélienne. Son sourire angélique et ses remerciements pourraient m'aller droit au coeur, mais je ne prends simplement cela comme une première victoire. Il est vrai que la jeune Thorpe n'est pas entourée des personnes les plus agréables et sincères au monde ; cependant, j'ai toujours reconnu la mauvaise influence que je peux avoir sur autrui.

- « C'est avec plaisir, Dame Ophelia. Je serai enchantée d'être à vos côtés lors de l'événement. »

Un nouveau sourire offert à mon hôte, je hausse des épaules avant de répondre convenablement à ses idées exposées : celles d'une union entre deux individus. Un léger rictus s'empare de mon visage ; certes, il est évident qu'une Impératrice refusant de se marier n'est pas le meilleur des choix à véhiculer. Cependant, ma vision de l'amour et d'une relation, choisie ou non, avec un homme ou une femme est totalement archaïque. Pourquoi s'unir à une personne pour l'éternité alors que nous pouvons profiter de tous nos désirs à l'infini sans aucune contrainte ? Aimer n'est qu'un sentiment empli de souffrance. Je n'ai aucun moyen de le voir autrement, l'ayant vécu moi-même et ne supportant pas l'idée d'aimer ni d'être dépendante de quelqu'un. En temps normal, il s'agit de l'autre personne qui ressent une dépendance envers ma personne et non l'inverse ; si le cas contraire existerait, je serais dans l'obligation de supprimer cet amour inutile. C'est ce que j'essaie de faire depuis des années avec un certain être nuisant, sans doute. L'hypocrisie est souvent ce qui m'anime le plus mais je ne peux faire autrement. Dans mon cas, mon caractère a été forgé par la dureté des événements, la souffrance et les secrets. Il m'est impossible de revenir en arrière.

- « Si je peux me permettre d'élargir votre opinion, je dirais que qualifier cela de bonne chose est un peu vague. Certes, je peux me retrouver malheureuse si j'en viens à être forcée à me marier, mais rien ne m'empêchera de continuer d'agir comme je le fais désormais. Je veux dire par là qu'un mariage, forcé ou non, me semble être une prison : ni plus ni moins. Or, je comprends et tolère ces pratiques et il se peut que je sois forcée d'agir en conséquence pour une descendance, mais pour le moment je demeure spectatrice des mariages des autres. »

Ophelia ne daigne pas continuer la conversation qui devenait peut-être un peu trop profonde - même à mon goût. Je ne cachais jamais mon opinion envers l'amour et tout ce qui s'en suit, politiquement ou sentimentalement, mais je n'étais pas réellement habituée à l'exposer de façon structurée. Cela se résumait souvent à « Je n'ai pas le temps pour ces bêtises ». À la place, la tendre noble revient sur ma proposition pour l'escorter jusqu'à la demeure de Nerio - proposition gentiment refusée mais appréciée. La perle de Fiore s'arrête soudainement dans son récit, précisant qu'il n'y a plus rien d'intéressant à me dévoiler. Pour ma part, l'observer se rapprocher et se confier bien plus aisément me procure une fierté personnelle.

- « Ce sont tout de même des faits très intéressants. J'apprécie votre compagnie et nos discussions, ce genre de moments se fait rare au palais. Malheureusement, je crains de devoir vous quitter bientôt pour la journée afin de reprendre mon rôle d'Impératrice. Fatiguant, n'est-ce pas ? »

Je ricane tendrement avant de replonger mon regard dans les yeux azurs de mon invité.

- « J'espère tout de même vous retrouver pour le dîner. Vous avez toutes sortes d'activités proposées par les servants du château afin que vous ne vous ennuyez pas. De plus, vous pouvez retrouver mon frère dans les couloirs principaux s'il n'a rien de prévu - ce serait une joie si vous le rencontrez. Il a tant entendu parler de vous à cause de moi... »

Un brin de malice gagne mes pupilles. Je me relève en premier afin de tendre ma main vers Ophelia et l'aider à se redresser à son tour, puis, d'un simple mouvement, embrasse sa main en guise de remerciement pour sa venue au sein du château et également pour la saluer.

- « À tout à l'heure, Dame Ophelia. »

Je commence à m'éloigner après avoir échangé quelques derniers mots mais, dans mon mouvement, je me stoppe doucement, le bruit de mes talons cessant de résonner dans ce jardin presque onirique.

- « Oh, et si jamais votre cousin rentre de mission, n'hésitez pas à lui dire bonjour... et de venir me voir, également. »

Sur cette phrase correctement choisie, je m'éclipse. En toute honnêteté, je n'ai jamais laissé mon rôle d'Impératrice de côté. Je nage juste dans plusieurs eaux...


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Invité
Mar 11 Oct - 20:44
Le regard incertain, Ophelia écoutait dans un silence absolu les paroles de Medea, certainement sa plus longue prise de parole jusqu’alors. La plus émotive, également; derrière les mots soigneusement choisis perçait une pointe de passion, une désapprobation qui l’intimida un instant alors qu’elle la crut diriger vers elle. Le regard améthyste semblait cependant voir autre chose que la jeune Thorpe qui lui faisait face, une scène dont elle était la seule témoin, et celle-ci ne se détendit qu’à peine, n’osant chercher à savoir ce qui pouvait provoquer le mécontentement de l’Impératrice. Que celle-ci la laisse paraître était d’autant plus surprenant; elle était toujours d’une si grande douceur avec Ophelia que celle-ci en oubliait parfois comment elle était une dame redoutable. Heureusement, la conversation se termina ainsi, aucune des deux femmes ne désirant la prolonger, bien que la jeune blonde ne pût se débarrasser de cet inconfort qui s’installa obstinément dans le fond de ses pensées.

Les propos de la Thorpe semblèrent mettre une fin à la conversation, puisque l’Impératrice s’excusa par la suite, obligations la rappelant à son trône. Sans qu’elle puisse s’en empêcher, la déception teinta les traits de son visage, bien qu’il n’y ait là ni regret ni reproche, seulement une légère tristesse à l’idée que la rencontre se termine si tôt. Ophelia avait bien conscience de la difficulté et de l’importance du rôle de la souveraine – ces mots étaient des euphémismes, même! – et n’en admirait que plus Medea pour sa diligence, mais en contrepartie, elle devait partagée son agréable compagnie avec le reste du royaume. Ce n’était que temporaire, elles auraient bien l’occasion de se voir à nouveau pendant son séjour, une chance qu’elle était reconnaissante d’avoir et dont elle comptait bien profiter, dans la mesure où elle ne devenait pas un désagrément pour son amie.

Bien que la rencontre fut si courte, je suis consciente de la chance de vous avoir eu à moi seule pour un tel moment. Je suis tout de même heureuse à l’idée de pouvoir vous retrouvez dès le dîner. Ne vous inquiétez pas pour moi, je saurai m’occuper, la capitale regorge d’activités intéressantes et de gens à visiter. Ce serait en effet un plaisir de rencontrer le Prince, j’espère que j’en aurai l’occasion!



Elle sourit à la perspective de croiser Alfio, ou même Syanna, ou même une nouvelle personne, qui sait. Ce voyage jusqu’à la capitale n’avait pas à n’être qu’une raison de rencontrer son fiancé, une perspective qui ne manquait pas de l’angoisser. Elle comptait bien profiter du séjour, de la beauté de Casalta, des trésors dont elle regorgeait, des occasions qu’elle lui donnait. Ophelia s’empara délicatement de la main que Medea lui tendait galamment, cette dernière en embrassant même l'endos avec malice. Les joues rouges et le sourire à la fois amusé et timide, elle la salua d’un geste de la tête avant de se pencher dans une révérence, la saluant à son tour avec respect alors qu’elle s’éloignait. La joie qui habitait son cœur l’aurait probablement guidée tout au long de la journée si les dernières paroles de l’Impératrice n’avaient pas glacé, prenant l’allure d’un mauvais présage, un écho à l’inconfort qui s’était insinué dans ses pensées.

La souveraine n’aurait pu mieux choisir ses mots, comme si elle savait inconsciemment toute la portée de ce qui se passait chez les Thorpe. Elle en savait une partie, bien sûr, mais la détérioration des relations entre elle et Valente était loin d’être une notion publique, surtout qu’en autant d’années d’absence, elle n’était en rien concrète. Elle doutait bien que son cousin en ait fait part à l’Impératrice, mais encore…que savait-elle de l’Inquisiteur aujourd’hui? Très peu. Tout ce qu’elle savait, c’était qu’au-delà de son espoir de voir ses deux cousins se réconcilier et Valerio se sortir indemne de ses projets, la dernière chose qu’elle voulait était que Medea soit au courant de tout ce qui se déroulait chez la nouvelle génération de Thorpe. Un douloureux sentiment de panique qui ne lui laissait autre choix que d’en venir à l’évidence : pour toute l’affection et l’admiration qu’elle éprouvait à l’égard de la grande dame, elle pouvait représenter un danger conséquent pour ceux auxquels Ophelia tenait, des gens qui n’avaient pas d’importance particulière aux yeux de la souveraine. Une position qui les opposait, donnait raison à toutes ces inquiétudes exprimées par son entourage quant à sa relation avec l’Impératrice. Elle se refusait à croire que cette dernière puisse lui vouloir du mal, mais ça ne la débarrassait pas de ce sentiment contradictoire et oppressant. Une question de plus à répondre, une certitude de moins. Son monde semblait s’obstiner à vouloir se détacher pièce par pièce.

En proie à ses doutes et ses craintes, elle quitta le jardin à son tour, le paradis de fleurs et de végétation ne lui semblant soudainement plus si accueillant. Pour l’instant, elle laisserait ses pas la mener, peu importe l’endroit, tant qu’elle pourrait se libérer de ces pensées envahissantes, ignorer un peu plus longtemps encore l’arrivée du moment où les choses basculeraient définitivement.

Fin

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